Héritiers du makoa loa

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 Loin du feu et du sang

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Salajin

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Rôle : Guerrier

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Jeu 25 Oct 2018 - 12:10

A présent qu'ils avaient un nouvel objectif, les trolls quittèrent les côtes de Zouchin afin de rallier le camp des grumelots, au plus grand soulagement des villageois.

Sans surprise, leur arrivée avec l’étrange monture de Hina'lys fut bien plus remarquée que la première fois qu'ils s'étaient arrêté à ce campement, et quand bien même Hina’lys laissa le navrecorne dans l’enclos des montures afin de montrer qu'il n'était pas aggressif, les grumelots et particulièrement les pandarens perdirent le peu de confiance qu'ils avaient pu accorder aux étrangers trolls.

Installés autour du feu afin de se réchauffer, à l'écart des tentes et commerces, ils constatèrent et entendirent les messes basses et les regards inquiets ou furieux sur leur passage. Ils n'étaient plus vraiment les bienvenus dans cette halte de caravanes marchandes.

Kikuoka Pas-Léger, le commerçant pandaren de Binan, les retrouva. Il revenait de sa tournée mercantile à Monofu et devait rentrer à Binan le lendemain. Ils échangèrent quelques paroles concernant ce que les trolls avaient fait de leur côté pendant qu'il menait ses affaires. Quand il aperçut la statue navrecorne bouger derrière les maigres barrières à yack, il s'agita et demanda des explications au groupe troll. Sala’jin le rassura en disant qu’il comptait justement trouver un endroit écarté de tous afin de mener un rituel pour désactiver cette chose qui les suivait contre leur gré depuis qu'ils l'avaient découverte. Les autres trolls acquiescèrent en son sens en précisant que si le désenchantement de la créature cristalline se passait mal, ils ne voulaient pas exposer la population locale à un danger.

Ils évoquèrent le périple prévu dans les montagnes avec cette justification : un endroit isolé où la magie vaudou pourrait venir à bout de la sculpture vivante sans menacer autrui, et en profitèrent pour demander des informations. La montagne était-elle encore visitée par des voyageurs ? Y avait-ils des choses à savoir ? Quel genre de créatures vivaient dans les sommets ? Des coins dangereux ou habités par des nuisibles ?

Si le marchand, ne traversant pas ces montagnes, ne put donner beaucoup d’indication, il accepta en revanche volontiers d’accompagner la vieille trollesse jusqu’au village quand Sala'jin lui demanda s’il accepterait d'escorter Wa’ai jusqu’à Binan durant son voyage de retour. En effet, la neige et le vent glacials n’étaient plus de son âge et Wa'ai préférait s'occuper à aider les villageois de Binan et se reposer dans cadre agréable en attendant que les trolls fassent ce qu'ils avaient à faire dans les sommets gelés. Sala'jin ne voulait pas la laisser dans un camp aussi sommaire que celui des grumelots.

Ils furent interrompus par l’arrivée de la jeune Pandashan qu'ils avaient rencontré précédemment et qui visiblement avait été alertée par la présence du navrecorne par les habitants de Zouchin qui l'avait signalé. Elle leur demanda donc des comptes. Sala’jin répéta le même mensonge qu'à Kikuoka : ils l’avaient trouvé par hasard et connaissant le danger que ça pouvait représenter, ils voulaient rejoindre les montagnes afin de désactiver cette assemblage sans risque pour des personnes alentour si ça tournait mal et que la magie devienne incontrôlable. Kikuoka appuya les dire de Sala’jin, convaincu par ce qu’avait dit le Gurubashi précédemment et cela permit d’apaiser quelque peu les craintes de la pandashan. Néanmoins celle-ci ordonna que cette affaire soit rapidement réglée et qu'il n'y aurait pas de seconde chance.


Elle s'en retourna expliquer la situation aux commerçants et villageois locaux, et Kikuoka promit d'en toucher quelques mots en faveur des trolls, au comptoir de l'auberge le soir même durant le repas qu'il partageait avec d'autres marchands ambulants, voyageurs et caravaniers.

Les trolls n'entendirent plus de messes basses sur leur passage après cela, mais les regards fuyants continuaient de les observer de loin et les grumelots et pandarens s'esquivaient ou s'occupaient à ranger leurs étals et caisses avec grande concentration quand les trolls approchaient trop près. Malgré plusieurs silences et échecs à glaner des informations, Igazi se fit interpeler par un vieux grumelot du coin, bien nommé Pépé Rouspéteur, visiblement plus loquaces que ses confrères. C'était peut-être plus pour la décourager, lui faire peur ou se moquer des trolls mais il lui raconta des histoires à faire peur, à propos des ruines mogu hantées, des cris terribles provenant parfois de la montagne les soirs de neige qui, disait-on, étaient les échos des nombreux morts perdus dans le blizzard et morts gelés, et la rumeur du bébé yéti bleu égaré loin des siens - vivants plus à l'ouest sur les versants plus hospitaliers - qui errerait en quête de voyageurs inconscients sur qui déchainer sa rancoeur et sa rage.
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Wa'ai
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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Jeu 25 Oct 2018 - 19:21

Igazi, Vanhem et Sala'jin quittèrent le bazar grumelot pour rallier Monofu en empruntant la piste de la Toile de jute. C'était apparemment la halte à partir de laquelle ils pouvaient trouver un sentier menant au coeur glacé des sommets de Kun-Lai.

Monofu rassemblait encore de nombreux voyageurs et commerçants. Les trolls décidèrent de se renseigner concernant les monts éternellement enneigés et surtout, concernant cette rumeur de "petit yéti isolé" et se séparèrent pour parler aux diverses personnes présentes.

Igazi entra dans la minuscule auberge et acheta quelque chose à boire pour mettre la tavernière de bonne humeur, de quoi la faire parler sur les rumeurs locales. Les réponses de la Pandarène étaient septiques : à son avis, les histoires de yéti bleu de ce côté de la montagne n'étaient que des superstitions grumelotes. Personne n'avait jamais pu attester de la présence de ce prétendu yéti bleu égaré. Elle, elle s'inquiétait de la réalité, des faits avérés. Elle laissa entendre à demi-mots que depuis la grande catastrophe qui avait ébranlé Silithus en début d'année, certains disaient que d'anciens caveaux mogu s'agitaient. Des esprits auraient été dérangés et auraient refait surface. Ou alors des tombeaux scellés avaient été ouverts au coeur des montagnes par un séisme planétaire profond ? Personne ici n'irait vérifier, c'était bien trop dangereux.

Vanhem quant à lui écouta des conversations entre quelques voyageurs de passage évoquaient l'absence remarquée de la garde Pandashan sur les routes de Kun-Lai. Apparemment le gros de leurs troupes étaient requis ailleurs. Des gardes mercenaires pandarens avaient été recrutés pour protéger les convois, dans l'attente de plus d'information sur les menaces. L'Oublieux apprit également que depuis l'invasion ardente, certains confins des monts étaient interdits d'accès, dangereusement contaminés par la magie démoniaque. Enfin, il entendit à nouveau parler de yétis de ce côté de la montagne, même si les Pandarens semblaient douter de la véracité de l'information, l'un des causeurs affirma que les Grumelots refusaient d'arpenter le Mont-sans-Repos. Peut-être une piste vers un Drakkari féroce ?

Sala'jin s'avança vers un Grumelot, mais celui-ci ne parlant pas orc, un second Grumelot, bilingue vint au secours du premier pour parlementer avec le troll. Le Gurubashi découvrit que la rumeur datait et circulait depuis longtemps, mais qu'elle s'était calmée au fil du temps. Personne n'avait revu le bébé yéti bleu, mais certains Grumelots restaient persuadés qu'il avait grandi, là, seul au fil des années, et que c'était la montagne qui l'avait protégé et élevé. Alors, comme il représentait la volonté et la rage de la montagne, il ne fallait pas le dénicher, ni l'énerver. Le Grumelot conseilla à Sala'jin de faire des offrandes à l'enfant yéti que la montagne avait adopté, au bout du sentier avant la vallée d'anciens tombeaux mogu, et de porter des grisgris magiques. Lui-même en portait depuis des années, et il n'avait jamais croisé de yéti ni ne s'était fait ensevelir par la montagne, c'était la preuve que ça fonctionnait !


Refusant poliment, Sala'jin alla retrouver les deux autres pour mettre en commun leurs informations et faire le point. Ils convinrent de chercher l'endroit où étaient habituellement déposées les offrandes "porte-chance" et partirent sans tarder sur le sentier de terre boueuse qui grimpait en serpentant. De sentier de terre, bientôt il passa à chemin de caillasses qui devint de plus en plus difficile à discerner sous la couche de neige d'abord fondue et marron, puis plus épaisse et immaculée. La température chuta en parallèle de leur ascension, devenant si froide que les orteils commençaient à s'engourdir et que chaque souffle exhalait de la buée.


Au bout de cette marche intense, les trolls arrivèrent devant une ancienne arche démolie dont ne restait que deux piliers de pierre sombre contrastant avec la blancheur de la neige. Un peu en retrait, à quelques mètres du sentier, des creux vagues dans la neige témoignaient d'anciens pas de grande largeur qui avaient peu à peu étaient recouverts par la neige. Quelques morceaux d'encens consumés et des paniers humides : il s'agissait sans doute des "offrandes" au fils yéti bleu de la montagne. Se pensant sur la bonne voix, le trio troll pénétra dans le vaste col niché au creux de la montagne qui les attendait après les piliers de pierre.

Le sol dallé, les statues mogu et les murs endommagés ne laissèrent plus aucun doute : ils venaient de pénétrer dans l'ancien Vallée des empereurs mogu. A l'instant où ils franchissaient l'ancien porche, un souffle de vent froid siffla à leurs oreilles comme un cri strident glaçant. L'atmosphère était pesante, chargée d'une présence troublante qui laissait un frisson sur l'échine, comme si des yeux invisibles les observaient.

Sur leurs gardes, ils progressèrent en réprimant le froid pénétrant et la crainte de malédiction ou de spectres. Ils devaient en finir au plus vite. Trouver des traces d'une vie - trolle si possible - dans cet endroit. Soudain, ils l'entendirent. Boum. Boum. Boum. D'abord faiblement, presque imperceptiblement à travers les bourrasques et le propre tambourinement de leur coeur. Puis, cherchant la provenance, montant une volée d'escaliers de pierre, de plus en plus distinctement, comme un écho qui leur parvenait. Boum. Boum. Boum.

Les trolls remontèrent jusqu'à l'entrée finement ouvragée d'un bâtiment qui semblait avoir été construit dans les roches de la montagne. La lumière extérieure ne parvenait à éclairer que les premiers mètres à l'intérieur : des escaliers qui plongeaient droit dans des ténèbres sans fond. Mais le son, parfaitement régulier -trop pour être dû au hasard-, sourd, comme quelque chose cognant sur autre chose, leur parvenait plus clairement. Boum... boum... boum...

Les trolls se dévisagèrent avec une idée : le drakkari que personne n'avait vu depuis longtemps, était-il piégé en bas par des écroulements dû aux séismes souterrains provoqués par Silithus ? Sala'jin s'avança, méfiant, et frappa du pommeau d'une lance contre le mur poli et gravé de décorations. Le son qui les avait mené jusqu'ici s'interrompit soudain. Quelques secondes à peine. Sala'jin réitéra. Cette fois, le martèlement reprit et gagna progressivement en intensité, comme s'il approchait. Alors qu'il était rassemblés sur le pallier des escaliers, cherchant à discerner l'obscurité, ils reculèrent lentement en découvrant qu'ils s'étaient gravement trompés.


Gravissant lentement les escaliers, d'un pas lent et parfaitement régulier, comme s'il était incapable de se précipiter tant sa masse et sa hauteur auraient rendu dangereuse toute course (ou que ses créateurs avaient tenu à le voir marcher d'un pas cadencé, plutôt que le voir courir en tous sens), la silhouette imposante d'une statue de granit vert géante émergea des ténèbres, ses yeux jaunes illuminés par magie observant fixement les intrus.
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Salajin

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Rôle : Guerrier

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Ven 26 Oct 2018 - 11:25

C'est au cours de l'ère des Cent rois que les Mogu découvrirent la nécromancie. De redoutables nécro-seigneurs régnaient alors sur les divers clans depuis leurs cryptes creusées très loin sous la surface. Aujourd'hui encore, nombre de ces chambres souterraines demeurent exhumées... ou éveillées par la blessure de notre monde.

************

Il doit être juste derrière, il jette néanmoins un bref regard pour s’assurer qu’il est bien suivi, ce qui lui permet d'apercevoir du coin de l'oeil Van et Igazi, restés en arrière. Faire l'appât, il connait. Les créations des mogu, il connait. Les autres ont champ libre.
Malgré la neige, le son des pas lourds qui le pourchassent résonne le long des parois qu’il l’entourent.

Suis moi, c’est bien !

Le Gurubashi se permet un bref sourire, concentré sur sa direction, la partie la plus délicate s’annonce autant pour lui que pour son poursuivant. Après avoir descendu une série de marches en pierre à demi disparues sous la neige, il s'éloigne des escaliers et constructions mogu, et doit à présent gravir une pente abrupte couverte d'une épaisse couche de poudreuse. Il va devoir se fier à ses pieds, engourdis par le froid, pour avancer suffisamment rapidement pour ne pas être rattrapé, sans tomber dans une crevasse dissimulée.

Ne pas trop le distancer, mais ne pas se faire rattraper…

Il entend le crissement de la neige et la pierre dans les escaliers derrière lui, sous le poids de son poursuivant, qui le poursuit inlassablement, fixement, insensible au reste et tant mieux. Les dalles sculptées résistent, elles ont été conçues pour des mogu et leurs créations serviles mais comment ce colosse de granit se débrouillera-t-il dans un environnement moins plat, plus accidenté et aléatoire ?

Son pied manque de glisser sur une pente raide, il parvient à garder son équilibre, derrière lui son poursuivant manque lui aussi de glisser sur une plaque de givre sous la neige. Sa masse le fait s'enfoncer profondément dans la poudreuse, il est un peu ralenti ce qui arrange le troll lui aussi en difficulté. Pendant un instant il espère le voir se renverser, l’imposante statue animé s’immobilise, puis son pied s’enfonce dans la neige, brisant la plaque de glace.

Presque …

Sala’jin regarde son objectif, le sommet de la pente qu’il gravit, et derrière, un petit précipice.
Une nouvelle fois il s’assure que le gardien animé est suffisamment proche, les prochains mouvements seront déterminants. Pour l’instant il lui a suffi d’attirer son attention pour faire de lui la cible prioritaire, mais il ne sait pas combien de temps ça peut durer et si le fait qu’il disparaisse du champ de vision ne lui fera pas changer de cible. Mieux vaut s’assurer qu’il soit le seul poursuivit.

Il atteint enfin le bord du précipice, haletant par cette course en pleine montagne sous la neige et le froid, sentant ses poumons hurler contre l'air glacé pénétrant qui les torture, il se tourne vers la statue. Insensible à la température, la fatigue, le vent, elle avance résolument vers lui, pour chasser cet intrus, l'écrabouiller, le disloquer entre ses poings de granit. Les doigts de la statue commencent à se tendre vers lui, voyant que le troll ne bouge plus. Sous ses pas lourds, la roche commence à s’effriter du petit rebord où Sala'jin l'a conduit.

Maintenant !

Sala’jin se laisse tomber en arrière, tombant de plusieurs mètres pour atteindre une petite plateforme pentue couverte de neige. Le choc est atténué par son armure et la neige, c'était osé mais il parvient à se raccrocher. Les loas veillent.
Au même instant une grosse boule de poils, perchée plus haut sur une autre rebord provoque une mini-avalanche. La neige s'accumule sur la plateforme où s'avance le colosse de granit vert. Et enfin, cède.

Il voit la construction chuter, mais contrairement à lui, son poids l’entraîne plus loin, dévalant tout en bas. Le bruit de roches qui se brisent résonne au fond du ravin et se répercute avec fracas contre les parois du col montagneux. Quand le nuage de poudreuse retombe, la silhouette de la statue désarticulée, brisée et fissurée est visible.

- Il va ?

Au dessus de lui Igazi et Vanhem sous forme de félin le regardent, inquiets. Il sourit, les voyant s'activer pour l'aider à sortir de là

- Il s’accroche !

************

Pendant que Sala'jin détournait l'attention du gardien pierreux, l’Oublieux a eu le temps de rentrer dans le tombeau d'où il a émergé. Dans l'obscurité il a reniflé, cherché, mais à part l'odeur d'eau croupie et de renfermé poussiéreux, il n'y a pas présence de vie. Le troll qu'ils cherchent ne se trouve pas là-bas. En revanche, en ressortant du tombeau, les yeux affutés du fauve ont cru apercevoir une ombre, plus haut dans le col.
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Wa'ai
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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Jeu 1 Nov 2018 - 19:13

Hina'lys et le navrecorne cristallin qui la suivait, contournèrent Monofu pour passer par des pistes moins fréquentées afin d'éviter d'attirer l'attention des villageois et d'éveiller les soupçons ce qui aurait pu empêcher les Héritiers de rassembler des informations. La jeune trollesse retrouva facilement Sala'jin, Igazi et Vanhem en se fiant à leurs traces de pas dans la neige, puis en entendant le fracas du colosse dans le col montagneux. Remontant jusqu'à l'endroit où Vanhem avait cru apercevoir une silhouette plus en hauteur, le groupe découvrit une cavité rocheuse, moins bien décorée que la précédente arche d'où avait surgi le gardien de granit mais tout de même aménagée et visiblement travaillée par des mogu.


Igazi resta en arrière avec le navrecorne pour alerter en cas d'autre arrivée inopinée de création mogu, pendant que le groupe s'avançait avec précaution dans la grotte. La présence d'un feu de camp éteint noirci, de quelques ossements et fourrures entreposés dans un coin leur indiquèrent que le lieu était habité. Vanhem flaira l'odeur d'un troll même si plusieurs appels à haute voix restèrent sans réponse sans la demi-pénombre. Tandis que le groupe continuait d'avancer prudemment, le Drakkari sauta de derrière des rochers et gravas, lames brandies et les toisa de toute sa hauteur pour les intimider et les faire reculer, leur hurlant de quitter les lieux prestement.

Le trio troll dût montrer patte blanche et reculer pour mieux s'expliquer : non ils n'étaient pas des Sombrelances collaborant avec des Pandarens pour le traquer, et non, ils n'étaient pas non plus des suppôts des Zandalari venus lui demander des comptes ou le forcer à revenir dans le rang. Ce fût surtout la présence de Sala'jin qui permit de faire hésiter le troll des neiges, lorsqu'il parla de ce qui s'était produit sur l'île du Tonnerre et comment lui-même avait survécu, fui et erré après ce sombre évènement.


Les trois trolls durent ensuite expliquer comment ils l'avaient trouvé et pour quelle raison ils le cherchaient. Si le nom de Herja, un lointain ancêtre de sa tribu, n'évoqua rien au Drakkari en face d'eux, ils furent toutefois bien plus déçus quand il les fixa sans rien entendre à ce qu'était le makoa loa. Sala'jin insista : ils étaient venus jusqu'ici et avaient bravé le froid pour trouver un parle-loa drakkari qui pourrait les aider dans leur quête du loa Père des trolls, guidés par l'esprit d'un grand prêtre, pour trouver une très vieille stèle. Mais le Drakkari ne comprenait rien à ce charabia. Il n'avait jamais entendu parler de tout ceci.

Abaissant ses armes devant ces énergumènes aux propos indistincts, il leur expliqua ne pas être parle-loa et n'être qu'un ancien combattant, échoué ici avec pour seul but d'expier les crimes de sa tribu envers les loas jusqu'à son dernier souffle. Vêtu d'à peine quelques fourrures blaches de chèvres et renards des neiges, les traits burinés et l'épaisse toison tombant en dreadlocks, le Drakkari observa la réaction des trois trolls qui poussèrent des soupirs grelottants. Se rappelant soudain qu'ils ne supportaient pas le froid comme lui, il les invita à venir s'asseoir près du foyer éteint qu'il ralluma au silex.


Sala'jin lui expliqua tout depuis le début, la visite des Zandalari en Strangleronce, la promesse de gloire, puis Hakkar, en passant par sa fuite de la Pandarie après la débandade de l'île du Tonnerre, jusqu'à leur quête de savance menée par une vieille prêtresse d'une tribu meurtrie. Pendant que Hina'lys se recroquevillait contre la fourrure de Vanhem pour ne pas finir gelée, le colosse drakkari, nommé Umbolo, accepta en retour de parler de sa propre expérience et situation. Comment le Fléau les avaient réduit au désespoir sans quiconque pour les aider à résister, pas même les Zandalari, comment la majorité des Drakkari ne prit aucun plaisir à sacrifier les Loas qu'ils avaient servi tout au long de leur vie, et comment le grand prêtre Slad'ran jura de faire payer au Fléau très cher les atrocités qu'il les avait contraint à commettre... en vain. Même si le Fléau était à présent au repos, la nation et les esprits drakkari avait été brisés, aussi, quand les Zandalari revinrent deux ans plus tard, cette fois en leur proposant un nouvel avenir à leurs côtés, Umbolo et d'autres confrères acceptèrent l'offre et suivirent Zul pour le grand renouveau troll qui leur permettrait d'expier leurs péchés en servant l'intérêt commun.

Malgré les propos déplaisants qu'il entendait murmurer à leur sujet parmi les rangs des autres tribus jugeant avec dégoût les actes des Drakkari, Umbolo avait gardé la tête froide : lui et les siens étaient coupables, il ne servait à rien de se chercher des excuses. Seul comptait pour lui le pardon des loas, celui de ses semblables ne pourrait jamais lui suffire. Sala'jin savait bien quelle genre de comportements le Drakkari avait subi. Les Gurubashi eux non plus n'avaient pas bonne image auprès des autres tribus : ils resteraient dans les mémoires les invocateurs naïfs et fous de l’Écorcheur d'âmes.

Malgré la désapprobation générale muette, les Zandalari avaient chargé la poignée de Drakkari survivants, qui avaient rejoints leur assaut sur la Pandarie, d'une mission très spéciale : retrouver le tombeau de leur puissant allié mogu, aux confins des montagnes glacées de Kun-Lai. Leur résistance au froid avait ainsi été un atout de taille et Umbolo avait cru avoir gagné un peu de reconnaissance. Malheureusement, les choses changèrent lorsque les troupes se rassemblèrent sur l'île du Tonnerre. Les "alliés" mogu méprisaient tous les trolls, excepté peut-être quelques Zandalari de hauts rangs, laissant les "tribus inférieures" se charger des tâches répétitives et difficiles d'excavation des ruines de l'ancien palais de Lei-shen, dans la boue des marécages sous la pluie constante, aux côtés des serviteurs de pierre runes-liés.

C'est là-bas, que certains Zandalari avaient questionné les Drakkari sur leur passé. Umbolo avait pris ça pour un signe d'ouverture et de compassion, mais les dignitaires zandalari s'étaient beaucoup intéressés à la façon exacte dont les prêtres et prophètes de Zul'drak avaient piégé les Loas et volé leurs pouvoirs, mais aussi ce qu'ils avaient appris de la nécromancie. Et puis, plus tard, il y avait eu ce jour où Umbolo avait vu le pire. Quand dans un recoin de l'île, il avait aperçu un rituel auquel il n'était pas convié, durant lequel un maître zandalari avait invoqué le Gardien éternel des frontières de Zul'drak, le saint-patron de ceux qui vouaient leur existence à protéger la nation drakkari, Tharon'ja. Umbolo l'avait cru perdu pour toujours après que son grand prêtre en ait absorbé l'essence des années auparavant au donjon de Drak'tharon, mais il s'était fourvoyé : le Loa n'était jamais mort. Pas réellement, ni définitivement. A la joie de cette révélation succéda bien vite la terreur quand il découvrit que l'officier zandalari s'essayait à en drainer la puissance et dons à ses propres fins.

Les évènements s’accélérèrent, les Pandashan et leurs alliés accédant à l'île du Tonnerre, Umbolo profita de la débacle qui suivit pour fuir la folie et les mensonges de ce qu'il avait cru être la rédemption à venir. Il s'était retrouvé sur le continent de Pandarie, seul et sans aucun moyen de rentrer chez lui, et avait alors regagné l'endroit dans lequel il se sentait le mieux, et où personne ne viendrait fureter pour le retrouver... jusqu'à eux. Le trio troll comprit l'ampleur du malheur et de la solitude que Umbolo s'infligeait volontairement pour se racheter au regard de ses dieux et ne plus se laisser berner. Mais devant leur compassion visible, il refusa de les laisser le plaindre. Il s'était installé dans une chambre funéraire, qu'il avait appris durant sa mission aux côtés des Zandalari et des Mogu être dédiée à un ancien roi mogu, surnommé le Sans-pitié, qui avait donné son surnom à l'endroit : chambre du Sans-pitié. Le Drakkari considérait que vivre ici était comme un rappel constant à sa condition et sa vérité : sa tribu et lui n'avaient fait preuve d'aucune pitié en massacrant leurs Loas, et il n'avait besoin de la pitié de personne.

Sala'jin expliqua, sans rentrer dans les détails, que durant leur passage à Zul'drak, les Héritiers avaient aperçu un petit groupe de survivants Drakkari retranchés dans les hauteurs de la ville-temple. Pour Umbolo, cela apporta le même réconfort que celui qu'il avait ressenti en découvrant que Tharon'ja continuait d'exister. Il se devait de rechercher par la prière et l'exil le pardon des dieux, et il refusa catégoriquement de repartir avec les trolls, mais il put leur certifier que durant la chute de Zul'drak, les envoyés zandalari avaient méthodiquement récupéré tout ce qu'ils pouvaient, et étaient repartis avec leurs navires chargés d'idoles, stèles, artefacts et même animaux drakkari. Il était certain que toutes ces choses étaient à présent à Zandalar. Si les Héritiers cherchaient un fragment d'ancienne tablette ayant un jour appartenu à l'empire drakkari, ce n'était pas à Gundrak mais à Zuldazar qu'il fallait se rendre.
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Wa'ai
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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Dim 11 Nov 2018 - 18:20

S'étant rassemblés à Binan, les trolls retrouvèrent Wa'ai pour partager les informations obtenues. Il devenait de plus en plus nécessaire de demander audience aux Zandalari pour pouvoir consulter leurs reliques et stèles accumulées au cours des âges passés.


Ni Celle-qui-voit, ni aucun d'entre eux n'avaient envie de se rendre là-bas pour diverses raisons. Il y avait eu le cas de Zen'khan, mais aussi des craintes comme le fait que les Zandalari soient prêts à payer n'importe quel prix et à blasphémer pour assouvir leur orgueil, allant jusqu'à aider et encourager le retour de Jin'do l'Atal'ai à la tête de Zul'gurub pour reprendre le contrôle d'Azeroth. A présent, les Héritiers avaient également le témoignage de Umbolo, le Drakkari ermite, qui attestait d'un penchant certain pour de sombres desseins.

Pendant longtemps, Wa'ai avait hésité à se rendre sur l'île de Zandalar, tiraillée entre la richesse de la savance dont regorgeait probablement les murs de Zuldazar et la crainte que les rumeurs qu'elle avait entendu à leur sujet depuis son arrivée dans le Monde ne se révèlent vraies. Ayant vécu parmi les Sombrelances, elle avait entendu les histoires de résurrection des créatures de pierre nommée mogu, le mépris des Zandalari pour les tribus jugés inférieures, mais elle savait surtout que les Zandalari n'avaient appelé au rassemblement que lorsqu'ILS avaient constaté le début de leur déclin, alors que pendant des générations, ils avaient observé de loin d'autres tribus et nations trolles souffrir et se disloquer, comme les Drakkari, mais aussi des petites tribus qu'ils jugeaient probablement insignifiantes, comme la sienne.

Malgré tout, il devenait de plus en plus pressant de retrouver les autres fragments de la Pierre de Vérité. Aussi, décision fut prise de se diriger effectivement vers Zandalar. Mais Wa'ai ne souhaitait pas y amener la savance qu'elle possédait : les stèles déjà en sa possession et autres reliques chères à son coeur... ou dangereuses. Aussi, sur une suggestion de Igazi et Gomgo, la vieille prêtresse décida de recourir à l'aide de Zhu Wen pour savoir où entreposer les objets qu'elle avait amené en Pandarie et qu'elle ne désirait pas rapprocher à portée des Zandalari.

Dès les jours suivants, une entrevue fut organisée entre les Héritiers et la Dahui pour que les objets importants et précieux du groupe soient acheminés au Siège de la Connaissance, sorte de temple du Savoir local, où les "Chroniqueurs" conservaient de nombreux parchemins, statues, peintures, livres et objets culturels de leur civilisation et des autres peuples de Pandarie. Ainsi les trolls déposèrent deux lourdes stèles protégées sous des draps et cuirs tannés, un coffret scellé et un long et scintillant cristal bleuté de Ungoro serti sur une lance, dans un coin de la vaste salle à haut plafond finement décoré, sous les regards vigilants des Chroniqueurs et de leurs protecteurs pandarens.


Profitant de leur présence, Mengachi des Lys-blancs proposa de partager et conter une histoire importante de la Pandarie à leurs invités trolls. Wa'ai, escortée par Hina'lys et Gomgo, accepta en retour de narrer une légende de sa tribu devant la confrérie pandarène grâce à la traduction de Zhu Wen Lotus-crépitant. Puis ces derniers les invitèrent à se désaltérer et se régaler autour d'un repas organisé à leur village.

Ses instants de sérénité et de d'allégresse allaient bientôt laisser place aux au-revoir et à un voyage à l'issue incertaine.
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