Héritiers du makoa loa

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 Loin du feu et du sang

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Salajin

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Rôle : Guerrier

MessageSujet: Loin du feu et du sang   Jeu 9 Aoû 2018 - 14:14

Sala’jin regarde le ponton d’embarquement sans rien dire, les expressions de son visage sont cachées par son masque. Les autres sont déjà montés à bord, il ne reste donc plus que lui à embarquer.

Il est temps…

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Avec l’annonce de la victoire de la Horde sur les terres kaldorei et l’incendie de Teldrassil qui en découla, les trolls se regroupèrent en urgence afin de savoir quoi faire. Déjà rendus nerveux suite aux événements avec les Coeurs-Sauvages, la tension à la hutte de Wa'ai monta un peu plus encore.

Que faire ? Comment ? Et où ?


Une chose était sûre, les peaux-roses n’allaient pas laisser passer ça sans réagir. Et leurs représailles seraient à la hauteur du premier sang versé par la Horde. La vindicte serait à la hauteur de leur colère. Mais où allait-elle frapper ? L'Alliance avait l'avantage de connaître Orgrimmar pour avoir participé à son siège, elle en connaissait donc l'agencement, les défenses et les points faibles. C'était un atout considérable. Si l'Alliance débarquait sur les côtes de Durotar, les Tarides ne tarderaient pas à devenir un champ de bataille et les Héritiers se retrouveraient au milieu des hostilités contre leur gré.

Une fois au milieu des tirs croisés et des combats, il serait difficile d'évacuer la vieille prêtresse et sa précieuse savance. Il valait mieux prendre des dispositions avant que la guerre n'atteigne la hutte. Mais pour aller où ?

Plusieurs propositions furent envisagées, mais toutes avaient pour but de s’éloigner du conflit au plus vite. Strangleronce (songeant que l'Alliance n'aurait pas pour priorité de combattre la Horde dans cette jungle), Un'goro (auprès de la tribu d'Hina'lys, mais jugé trop proche de Silithus convoité par les deux factions) et la Pandarie furent évoqués. Cette dernière destination avait le mérité d'être sur un continent qui n'appartenait ni à l'Alliance ni à la Horde. Les deux factions en avaient déjà pillé toutes les ressources antérieurement, et les Pandarens veillaient à présent à préserver leur tranquillité.

Néanmoins, en prenant en compte le nombre de personnes, les affaires de la hutte de Wa'ai et montures à transporter, le prix du trajet requérait une somme largement plus importante que leurs maigres moyens, eux qui étaient plus habitués au troc qu'à l'utilisation de la monnaie. Les gobelins de Cabestan demandaient tout simplement trop cher. Un portail à Orgrimmar pouvait être utilisé, mais en se départissant de tous les objets encombrants contenus dans la hutte.

Jilanthy proposa de demander l’aide de Zagethia Hache-Vive, l’orque qui les avait aidés plusieurs fois en Tanaris et chez qui Jilanthy avait séjourné pour sa convalescence récente, car propriétaire d’un bateau... à l’équipage hétéroclite comme elle s’empressa d’ajouter. Il était en effet composé d’elfes, d’humains, trolls, gnomes et même d’un mort-vivant comme chef cuistot (ce qui arracha pas mal de grognements septiques). Avec cette solution, le prix de la traversée serait bien moindre mais encore fallait il que l’orque accepte de transporter tout leur petit groupe en Pandarie.

Celle-ci fut rapidement contactée par Jilanthy et accepta de les emmener à destination, au grand dam de Sala'jin qui tenta de dissimuler une angoisse croissante. L'orque effectuait de temps en temps des voyages jusqu'au continent pandarien, ce qui leur permettrait en outre de pouvoir compter sur elle pour un éventuel retour... si la guerre cessait.

Néanmoins, tout le monde ne serait pas du voyage. Ils durent accepter le fait qu’Acrae ne pourrait pas les accompagner car étant Sombrelance, son attachement à sa tribu, son village et son grand-père lui interdisait de les abandonner en arrière alors que la guerre menaçait de les consumer dans les flammes. Jum’sha choisit de rester avec elle.

Sala’jin quant à lui dut faire le choix inverse : ne pouvant laisser Wa’ai, Igazi, Jilanthy, Vanhem et Hina’lys partir seuls. Son rôle de protecteur lui dictait de prendre part au voyage afin que tous soient à l’abri. La savance accumulée de Wa’ai sur le loa oublié ainsi que sur les différentes tribus au cours de leur périple ne devait pas être perdue.

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La Pandarie. Rien que de penser y remettre un orteil, il est nerveux, et sait que ce ne sera que le début.
Pourtant une partie de lui sait que c’est une destination sûre pour eux. Suffisamment éloignée des zones dangereuses, la présence de quelques portails maintenus en place dans certains lieux leur permettant aussi d‘avoir des nouvelles si besoin rapidement.

S’avançant vers le ponton, il jette un dernier regard vers Jum qui est venu leur dire au revoir. Acrae quant à elle est absente, il s’en doutait un peu. L’équipage hétéroclite, dont le capitaine est une gnome gueularde et le timonier un troll, finit de hisser les derniers bagages et de les descendre en cale.

Ce n’est pas comme la dernière fois que tu y es allé…

Les voiles finissent enfin par se gonfler, Jum’sha resté seul sur le quai leur adresse un dernier signe, devenant de plus en plus petit à mesure que le deux-mâts prend le large.

Tous regardent Kalimdor s’éloigner. Vanhem sous son étrange forme de félin soutient Wa'ai. Igazi, Jilanthy et Hina’lys semblent un peu plus à l’aise. Wa’ai est accrochée au bastingage, elle semble aussi ravie que lui de prendre la mer, et de ce qu’il sait d’elle, il se doute que le voyage ne sera pas de tout repos non plus.

Ce n'est qu'un éloignement temporaire, nous reviendrons !

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Hina'Lys

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MessageSujet: re: Loin du feu et du sang   Jeu 9 Aoû 2018 - 17:48

Ce jour-là, Hina'lys se réveilla à cause de l'odeur de la fumée. Elle sortit de la petite hutte sur la côté Ouest des Serres-rocheuses qu'elle habitait depuis peu et monta sur le dos du coursier du vent qu'elle avait loué à Orgrimmar. Elle suivit la fumée et découvrit une chose qui la traumatisa : au loin sur l'horizon de la mer, l'immense arbre des elfes était en feu. En contemplant médusée ce spectacle effarant, elle progressa jusqu'à survoler les sombrivages elfes. On en entendait crier, paniqués, d'autres pleuraient, puis un silence de mort s’abattit devant l'arbre crépitant. Elle se posa sur la plage nimbée de cendres et entendit deux troll parler :

" T'as vu, la cheffe de guerre elle a fait brûler leur arbre, à ces dégénérés.
- On devait pas juste l'occuper ?
- Oui mais là au moins, y a aucune chance qu'ils nous le reprennent, Sylvanas a bien fait.
- Puis ça fait des elfes en moins sur le monde. "


Elle murmura à sa monture et s'enfuit de l’épais nuage de fumée, elle vola droit vers le sud. La morte était devenue folle il fallait prévenir la prêtresse immédiatement, elle ne pouvait pas rester si près de la guerre. Pourquoi tout le monde n’était pas aussi pacifique que les hommes-ours ? Peut-être le pays de ces hommes-ours pouvait être la nouvelle destination de la prêtresse.

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"Pays-des-brumes-levées" l'avait appelé la prêtresse.

Fouillant dans les multiples poches de sa jupe, la jeune trollesse se fustigeait intérieurement. Premièrement elle n’était pas assez bien préparée, elle n'avait pas de bâton de réglisse pour le mal de mer de la prêtresse, sa mage royale était toute mouillée comme les autres de ses plantes, et aurait moisi d'ici leur arrivée au pays des homme-ours. Mais surtout elle s'en voulait...

Tout le trajet elle essaya de parler seule à seule avec le Gurubashi, encore et encore, mais le bateau était petit, elle ne voulait pas lui parler dans la cale de peur que on écoute à travers les cloisons de bois ou dissimuler derrière des caisses. Et sur le pont il y avait presque constamment Van et la prêtresse, tandis que ceux qui contrôlaient et faisaient avancer l'embarcation en occupaient chaque autre recoin. Bref un bateau n'a aucun endroit "intime", elle passa donc le voyage à se blâmer d'avoir donner cette idée du pays des hommes-ours... car c'était bien elle qui l'avait suggéré.

Là où se trouvaient les traumatismes du troll qu'elle avait appris à apprécier peut-être un peu plus que de raison.


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Lorsqu'ils débarquèrent il était relativement tard, il fallait trouver un endroit pour dormir, se reposer du mal du voyage et du manque de sommeil qu'il avait engendré. Instinctivement la trollesse serait allée dans la forêt proche, mais le guerrier et la prêtresse prirent la direction d'une maison de bambou qui sentait affreusement bon, elle suivit donc le groupe. Dès leur entrée tous les hommes-ours arrêtèrent ce qu'ils faisaient pour les observer fixement, elle en vit même un poser sa main sur son couteau de table... Elle se mit entre lui et la prêtresse mais plus ça allait plus elle était mal a l'aise, effrayée par ces inconnus, aux coutumes inconnues, à la langue incompréhensible.

Pendant que le Gurubashi essayait de les faire passer pour une famille sombrelance en vacances (alors que la seule sombrelance de leur groupe était restée sur Kalimdor), elle demanda la permission de sortir rejoindre Vanhem et le loup de la prêtresse restés dehors. Elle rejoignit l'Oublieux, changé en ours de bât, et comme elle le faisait petite avec son père enfouit son visage dans les poils rêches de son cou.

Quand le groupe ressortit, un petit debriefing et déballage des affaires s'imposa, ils étaient présentés comme une famille. Faudra peut-être se mettre d'accord sur les liens de parenté avant qu'on ne leur pose des questions. Puis tout le monde alla se reposer. Van partit à la chasse au rongeur pour se remplir la panse et s’endormit sur un tronc, Wa'ai rentra dormir sur les hamacs en filet que leur avait préparé la Pandaren avec qui Sala'jin avait marchandé, pendant qu'Igazi allait inspecter les environs.

Sala'jin voulait veiller, et c'était le moment idéal pour la jeune soeur des éléments de s'excuser, de lui demander comment il allait, et surtout de se détendre, car bizarrement elle ne se sentait réellement en sécurité qu'en sachant le guerrier protecteur aux aguets près d'elle. Elle s'endormit donc dehors sur le rebord de l'auberge en pleine discussion.
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Wa'ai
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Localisation : Hutte des Tarides
Rôle : Grande prêtresse du makoa loa

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Ven 10 Aoû 2018 - 11:17

La vieille trollesse se cramponnait au bastingage, les phalanges blanchies d'être crispée ainsi pendant des heures entières sur le bois humide. La traversée était une torture de chaque instant. Elle tentait de penser à autre chose, mais il lui était impossible de réfléchir. Un flot de souvenirs douloureux et un mal terrible niché au creux de son coeur l'empêchaient de se concentrer sur quoi que ce soit d'autre. Ballottée par le tangage, pourtant relativement doux accordé par une météo clémente, du deux-mâts de Zagethia, Wa'ai s'efforçait de paraître stoïque.

Déjà dans les jours qui avaient précédé le départ, l'angoisse montait, peu à peu, mais sa fébrile occupation à trier, ranger, empaqueter et harnacher les affaires contenues dans la hutte sur Etash, avait réussi à canaliser ses pensées sur le présent, sur l'immédiat qui requérait son attention pour ne rien oublier et correctement emballer les objets les plus fragiles.

Deux lourdes tablettes en pierre gravées d'inscriptions en proto-zandali, des parchemins, des poteries, des paniers tressés contenant de multiples pots et flacons contenant eux-mêmes des ingrédients variés, des encensoirs et des bougies, un tambourin, une longue pic surmontée d'un joyau bleuté de grande taille, un petit coffret solidement scellé, les fragments détachés de son autel sacré, deux fourrures, un tapis, une couverture cousue en patchwork... Ne furent laissés sur place que les affaires les plus lourdes, difficilement transportables comme les grands tambours et le gong. En quelques heures, ce refuge, qu'elle avait passé des années à aménager, avait été vidé de tous les biens qu'elle avait constitué au fil de sa vie d'apatride dans le nouveau-monde.

En quittant la hutte, elle eut l'impression de la revoir telle qu'elle lui avait été présentée à son arrivée : vide de vie, isolée, silencieuse. Longtemps elle y avait vécu seule et recluse, mais à présent si elle fermait les yeux, elle imaginait le feu crépitant de l'autre côté des peaux tendues, et quelques trolls s'y rassemblant au gré de la fraicheur du soir pour discuter de tout et rien. Si bien qu'il lui était très pénible à l'instant de partir, de condamner ce petit repaire au calme morne de l'abandon.

Ainsi, toute l'organisation du départ, les sentiments mêlés d'inquiétude de la guerre, de mélancolie et de peur pour l'avenir avaient réussi à tenir ses pensées écartées du voyage qu'elle redoutait. Mais désormais, tout autre émoi l'avait quitté et seul tambourinaient violemment dans sa tête les images d'un autre voyage en mer, dans d'autres conditions. Le pire, c'était cette odeur iodée qui lui donnait le vertige. Cette suffocante odeur de sel, imbibée partout, sur la peau, les cheveux, sur les lèvres, et que la langue goûtait à chaque fois qu'elle passait dessus. La prêtresse se devait de le reconnaître : elle préférait mille fois mieux voyager à bord des zeppelins gobelins. L'odeur d'huile et des bruits des turbines et des hélices étaient bien enviables à l'humidité et l'iode écœurante des embarcations maritimes. Les autres la pensaient atteinte du mal des eaux, et elle ne chercha pas à les contredire.

Zagethia avait eu la gentillesse de lui proposer une cabine sous le pont, mais c'était encore pire, elle préférait rester à respirer l'air extérieur. La pénombre et l'enfermement lui rappelaient trop vivement le lancinant souvenir de sa captivité, cloîtrée dans un renfoncement de la cale, dans l'obscurité totale qui n'était percée que par une chandelle annonciatrice de plus grands maux encore.

Manquant de s'effondrer sur le pont, les genoux flageolants, la main de Wa'ai se referma sur la fourrure rêche et poisseuse de sel de Vanhem transformé en fauve. L'Oublieux restait constamment non loin de la vénérable trollesse, même quand les autres dormaient. Une fois encore, ayant vu son malaise, il s'était approché pour la soutenir silencieusement. Elle lui en fut gré d'un regard : elle ne devait pas flancher. Restant dignement sur ses deux jambes, la prêtresse reprit une inspiration en observant le soleil levant à l'horizon, sur lequel ils faisaient cap. Elle devait tenir encore, leur destination n'était plus très loin.
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Jilanthy

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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Sam 11 Aoû 2018 - 13:26

La druidesse avait été discrète tout le long du voyage. Elle avait été contente que l'orque accepte de les aider. Elle passa tout le voyage dans la cale là où ça secouait le plus, près des biens et reliques trolles, bien harnachées. Elle ne craignait pas le vol non, mais un accident peut vite arriver. Tout du long, elle était restée silencieuse, dans sa tête se mélangeait le sentiment d'excitation de la découverte d'un nouveau continent, et l'appréhension qui allait avec. Quels dangers allaient rencontrer les trolls ? Est-ce qu'ils trouveraient un endroit où s'installer provisoirement, en attendant que les choses se calment ? Ces questions lui trottaient dans la tête. C'est donc en forme de félin que Jilanthy fit tout le voyage.


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Sur le pont, au niveau du gouvernail, le troll observait avec attention la mer, Zol'Ghai, c'était son nom prenait les vagues de telle sorte que le bateau ne tanguait pas trop fort. Il avait remarqué que les trolls n'étaient pas très à l'aise. Il avait demandé à ce que les voiles ne soient pas au maximum. Même si le navire filait à bonne allure, le timonier savait pertinemment qu'il en avait encore dans le ventre, en cas de mauvaise rencontre.

De temps à autres, il jetait un regard sur la capitaine gnome, guettant la direction de son regard. Dès qu'il voyait qu'elle fronçait les sourcils, il se mettait à regarder dans la même direction, analysait et agissait en conséquence. Soolie repérait surtout les plus grosses vagues pouvant arriver de travers.

Après quelques jours, le navire arriva dans des eaux plus clémentes, la Pandarie n'était plus très loin. A côté du troll, la Capitaine Soolie et Zagethia :

"- Pas une voile à l'horizon, on a pas croisé un seul navire, dit la gnome en fronçant les sourcils.
- Pas le moindre vaisseau de l'Alliance faisant barrage, répondit l'orque. On en a pas croisé un seul. Où ils sont tous ?
- De l'autre côté ? demanda le troll. L'arbre il a brûlé de l'autre côté, pas là où le navire il est parti.
- Mais les représailles, repartit Zagethia ? On a même pas vu même très loin de nous la moindre voile d'un quelconque renfort.
- Tant mieux pour nous, sourit Soolie, au moins, le voyage est calme. A moins..."

La gnome garda le silence, fixant un point au loin, dans ses pensées.

"- A moins que l'Alliance n'attaque pas Orgrimmar.
- C'est la capitale de la Horde, dit l'orque.
- Mais pas la ville de la vile banshee.
- La Capitaine elle pense à Fossoyeuse ?
- Peut-être, je sais pas, je suis pas dans la tête du blondinet."

Puis les trois gardèrent le silence. Tous savaient que le monde ouvrait une nouvelle page, un nouveau chapitre, un chapitre sanglant de son histoire. L'orque soupira un grand coup. Ils allaient profiter d'être en Pandarie pour faire le plein d'épices, de fruits secs et légumes secs avant de rentrer. Il fallait attendre que le gros de l'orage passe.
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Wa'ai
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Localisation : Hutte des Tarides
Rôle : Grande prêtresse du makoa loa

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Lun 13 Aoû 2018 - 16:06

Une trollesse à crête blonde était installée dans le sable humide, plongée dans la contemplation aveugle de l'archipel face à elle, les orteils immergés toutes les quinze secondes par le remous des vagues venant s'écraser long de la plage de Sen'jin.

Son corps immobilisé dans une léthargie apathique et son regard absent posé sur la surface de l'eau dissimulaient complètement le bouillonnement tempétueux qui se déchainait dans son esprit.

Sylvanas n'a pas tenu la promesse qu'elle avait formulé lors de son accession au titre de Chef de guerre. Elle n'a pas combattu la Légion, au lieu de ça, elle a mené ses petites affaires dans les îles sans prendre part à l'assaut sur la tombe de Sargeras aux côtés des armées du Déclin. Elle n'a pas non plus mené les troupes de la Horde sur le monde des démons pour venger Vol'jin, ni pour venger les Réprouvés et les Orcs, et tous les peuples de la Horde que la Légion Ardente avait manipulé ou décimé. Elle s'était visiblement vite départie de son faux-enthousiasme à annihiler des démons quand elle avait pris conscience du risque de mort imminente auquel cela pouvait l'exposer.

Et puis...

Acrae s'en voulait d'avoir cru, dans un instant d'égarement, que Sylvanas pouvait se soucier de Kalimdor et de la survie des peuples y vivant, menacés par le Totem Rouge Géant de Silithus dont l'ombre angoissante planait sur le continent. Elle avait d'abord cru pendant des mois, que si la Horde cachait ses actions dans le désert du sud, c'était pour y comploter de sombres desseins. Mais au début de l'été, la brusque interruption de magie écarlate suintant de cette construction avait réussi à lui faire croire, finalement, que la volonté de la Reine-banshee avait toujours été de percer son mystère pour en contrer le maléfice et que les efforts de longue haleine de la bannière rouge sur place avaient fini par payer.

Quelle illusion ! Sylvanas n'avait cure du bien-être des habitants de Kalimdor ! Elle avait méticuleusement préparé un assaut pour remettre le continent à feu et à sang. Le rêve de Vol'jin, fermement inscrit dans l'âme de la jeune Sombrelance, était d'établir un foyer, où la tribu pourrait vivre paisiblement, et qu'il faudrait entretenir et protéger au fil des générations pour construire peu à peu une félicité quotidienne, loin de la haine des autres tribus de Strangleronce, loin des humains.

Mais la Dame Noire ne savait pas bâtir, seulement détruire. Aussi avait-elle décidé de déclencher la guerre. Parce que sans ennemi populaire (la menace démon étant écartée), la cheffe de guerre ignorait comment souder les peuples de la Horde. Dans sa froide carcasse dépourvue de toute empathie, elle était convaincue que seuls l'instinct de survie et la crainte d'être annihilés pouvait conduire les peuples de la Horde à se "serrer les coudes". Elle avait également besoin d'occuper leurs esprits aisément manipulables sur une cible, un objectif, afin qu'ils n'aient pas l'occasion de remettre en question son autorité et sa place sur le trône d'Orgrimmar. Une guerre contre l'Alliance était donc indispensable.

Et à cause de cette grognasse, et face à la menace de représailles de l'Alliance sur Kalimdor, Celle-qui-voit avait dû partir précipitamment. Acrae, quant à elle, n'avait eu d'autre choix que de rester. Combien de temps seraient-ils ainsi séparés ? Quelques semaines ? Quelques mois ? La chasseresse priait les loas pour que la guerre trouve rapidement un terme, qu'une rébellion éclate contre la folie de la Décérébrée-Décharnée. Mais elle savait que ce ne serait plus aussi simple. Même si la Horde se désolidarisait maintenant des actions de Sylvanas, l'ancien roi humain avait été clair : il n'y aurait pas de seconde chance. L'Alliance avait toléré une fois que les actes bellicistes du chef de guerre de sinistre mémoire ne représentaient pas la volonté de l'ensemble de la Horde, mais elle avait été ferme : si la Horde échouait à nouveau et tombait dans l’opprobre et le déshonneur, il n'y aurait plus jamais de clémence, juste l'extermination.

Sylvanas savait cela. Elle se savait donc à l'abri : mis devant le fait accompli de l'anéantissement de la capitale elfique, les peuples de la Horde n'auraient pas d'autre choix que de combattre contre la bannière bleue pour se sauver de l'anéantissement. La Horde avait failli à sa parole et allait en payer le prix. La Horde avait prouvé qu'elle n'était pas capable de vivre en paix avec les autres peuples partageant Azeroth, car elle voudrait toujours étendre ses frontières à leurs dépens. Même se rebeller et détrôner la Reine-zombi maintenant ne suffirait pas convaincre l'Alliance de cesser les hostilités, car elle avait déjà eu une chance de faire ses preuves et n'en aurait pas une deuxième.

C'était à la Horde à se réguler à temps ; de suivre un chef digne et honorable ; d'être convenablement représentée. Or elle ne l'avait pas fait. Tout avait découlé de ce choix fatidique, apparemment stipulé par Vol'jin dans ces derniers instants. Il aurait fallu immédiatement le remettre en question, changer la façon dont était géré la Horde, créer un "conseil des chefs des différents peuples de la Horde" au lieu d'un unique chef prenant toutes les décisions sans consulter les autres. Acrae n'avait eu de cesse de controverser la présence de la Reine-zombi à la tête de la Horde auprès des siens, mais elle n'était pas parle-loa, son avis n'avait aucun poids. Personne n'écoutait, et les Sombrelances étaient sans chef pour parler en leur nom. Quant aux autres chefs des peuples de la Horde, ils avaient simplement fermé les yeux et fait le trotteur en enfouissant la tête dans le sable.

Quelques paroles éparses prononcées par Vol'jin, du temps où il dispensait sa sagesse dans les îles de l’Écho à l'attention de sa tribu, lui revinrent en mémoire. Il n'était possible de prendre les bonnes décisions pour l'avenir, qu'en ayant connaissance et en acceptant la réalité présente telle qu'elle était, et pas telle qu'on la désirait ou l'imaginait. Baine Sabot-de-sang et les autres n'avaient pas pu éviter la déclaration de guerre manigancée par Sylvanas dans leur dos, parce qu'ils s'étaient voilés la face depuis son accession au pouvoir, refusant d'admettre la réalité du danger qu'elle représentait, convaincus dans leur orgueil de pouvoir contrôler la Reine-zombi ou de pouvoir la destituer avant un drame... et en conséquence ils n'avaient pas pu prendre la bonne décision à temps, condamnant par cette indolence l'avenir de leur peuple.

Fossoyeuse était tombée, détruite. La bannière bleue avait apparemment envoyée une armada sur place. Quelle serait la prochaine étape ? Lune-d'Argent était la plus proche, et également exposée à un débarquement maritime. Et ensuite ? Orgrimmar où Sylvanas avait réussi à se retrancher après avoir échappé aux griffes du Fils-Loup ? La ville orque avait soudain connu un regain de population de cadavres ambulants. Certains s'étaient même installés juste derrière la Queue de la Wyverne ! Beaucoup de soldats de la Horde n'étaient pas revenus du front de Lordaeron, notamment le vétéran Varok Saurcroc, mais les survivants, tels des fantômes errants livides, semblaient frappés d'un mutisme sinistre et renfrogné. Il faut dire qu'Acrae ne s'était pas attardée dans la ville qui lui foutait à présent des frissons dans le dos, malgré la chaleur ambiante, et avait terminé ses quelques emplettes rapidement. Une attaque destructrice pouvait frapper à tout moment et la jeune trollesse craignait d'entendre les cors d'alerte consignant les habitants dans le dédale de la Faille de l'ombre.

Quand la guerre arriverait sur ces rivages, Acrae voulait être prête pour une évacuation avec les autres civils. Ne pas être prise en otage ni exposer son papé aux canons des navires de l'Alliance. Les Sombrelances avaient d'abord fuit Strangleronce, puis leur île des mers du sud... ils pourraient recommencer et reconstruire ailleurs. Une tribu existe tant que l'un de nous vit, qu'importe l'endroit.

La rivière a beau être à sec, elle garde son nom. Qu'importe où nous nous établirons, qu'importe où nous conduira l'avenir, notre désœuvrement, notre débâcle, tant que nous conservons notre forme intrinsèque - nos traditions et nos principes - nous serons toujours nous-mêmes.

La présence d'un troll à l'imposante crinière rouge qui s'assit lentement à côté d'elle dans le sable tira la Sombrelance de ses pensées. Il ne l'interrompit pas, ne lui parla pas, mais glissa simplement un regard vers elle et le poids sur son coeur sembla soudain moins lourd à porter.
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Jum'Sha

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Rôle : Prêtre de Pogeyan / Partisan

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Lun 13 Aoû 2018 - 17:03

Avec un petit bout de bois, Jum'sha grattait la cheminée de sa pipe. Le départ de ses amis pour la Pandarie l'avait laissé dans une léthargie lui aussi. Il rasait les murs, parlait peu. Son masque n'avait plus trôné sur son visage, comme s'il ne s'en sentait plus digne. Il regarde la trollesse blonde à coté de lui, lui offrant un sourire assuré. Il était préférable de paraître sûr de soi, ne pas ajouter plus de stress qu'il n'y en a déjà dans Sen'jin. Il avait prit note que sa présence savait calmer les angoisses de sa compagne et lui même était plus apaisé près d'elle mais les mêmes tourments fourmillaient dans sa tête encore et encore.

***

La veille du départ, près de la hutte, en compagnie de Sala'jin et Wa'ai, Jum'sha avait soulevé ce qui dans sa tête sonnait comme le problème d'absence d'enseignements pratiques par Wa'ai en remettant en doute l'existence même du Makoa loa. Si Wa'ai disparaît et personne ne sait plus parler au loa oublié, quelles preuves nous resteraient-elles? Il savait que sa position, aucun troll n'y parvenait sans faire preuve d'une réelle foi, mais comment apprendre, convaincre, si ses paroles ne passent que pour les élucubrations d'un troll que l'exil a rendu fou? Wa'ai semblait excédée d'entendre ce genre de propos et elle se retirait sans en dire plus. Sans même le salut habituel d'avant dormir. Pour plusieurs raisons l'oracle a parfois grondé le Scalp-rouge, mais ce qu'il craignait le plus étaient ses silences. Lorsqu'elle ne disait rien c'est qu'elle était vraiment déçue, tout ce qu'elle pouvait dire ne serait jamais aussi violent que ce qu'elle pensait.

Lorsqu'il était venu assister au départ des Trolls sur le bateau de Zagethia, chacun l'avaient salué différement. Igazi et Sala'jin avaient étreint le Troll et vu dans les fentes de son masque ses yeux humides. Jum'sha était pudique dans ses émotions donc il souriait simplement et leur rendait leur étreinte, leur souhaitant bon voyage. Vanhem et Hina'lys ne s'étaient pas épanchés dans de longs adieux, c'est à peine si la soeur des éléments lui avait adressé un signe. Il avait conscience d'être quelqu'un de peu engageant voire antipathique donc il n'en prenait pas ombrage. Quand Wa'ai, montée sur son loup approchait du Troll, elle observait une certaine distance, souhaitant simplement bonne chance à Jum'sha. L'échange s'était arrêté là, elle monta sur la rampe et il ne la vit plus.

Depuis il s'était emmuré dans un mutisme qui lui ressemblait déjà beaucoup mais son masque restait pendu à sa ceinture et il passait moins de temps à ses autels. Il les entretenait et accueillait parfois les Sombrelances curieux mais sitôt qu'il quittait cette enceinte il enlevait son masque.

***

Le voilà assis sur la plage de Sen'jin en compagnie d'Acrae et même si elle lui apportait la paix dont il avait besoin, le contexte mondial apportait un stress grandissant chez les Sombrelances qui voyaient parfois mal la présence d'un troll Scalp-rouge parmis eux. Il a conscience d'être ménagé probablement parce qu'il est entré dans les bonnes grâces d'Acrae et d'Oghun qui ont conscience qu'il a laissé les Héritiers pour veiller sur eux et les Sombrelances. Si la bannière bleue attaque, il ferait tout pour que sa deuxième famille survive.
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Salajin

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Rôle : Guerrier

MessageSujet: Sala   Lun 13 Aoû 2018 - 18:03

Installé sur le ponton de la petite cabane trouvée par Vanhem, il ne parvient pas à trouver le sommeil. Distraitement il tente de se calmer en taillant un morceau de bois, depuis qu’il est arrivé il a du mal à se reposer correctement. Les souvenirs qu’ils pensaient bien enfouis grâces aux années passées loin d’eux n’ont finalement pas servi à grand chose. Il est en train d’en subir un bon retour de bâton.

Si Hina a effectivement une potion pour m’aider à dormir, va falloir que je lui en demande rapidement… Mais au moins on va bouger.

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Plus tôt dans la soirée, Igazi, Vanhem, Hina’lys, Wa’ai et lui-même se sont posés sur le ponton de la cabane afin de pouvoir enfin parler avec plus d’intimité que dans une auberge pandarène.
L’Animashi et l’Oublieux avaient enfin pu en apprendre plus sur cette fameuse quête de savance qui l’animait depuis quelques temps déjà, retrouver les autres morceaux de la tablette récupérée par lui et Acrae dans Zul’Gurub. C'est d’ailleurs à ce moment qu'il avait rencontré Wa'ai dans les Tarides.


Les précédentes expéditions à Zul’Aman, Zul’Farrak et Zul’Drak n’ont rien donné, tout simplement parce qu’ils ne savaient pas où chercher exactement. Cette savance étant ancienne et oubliée de beaucoup, il n'était donc guère étonnant qu’ils n’arrivent pas à trouver immédiatement.
Mais si Zul’Drak n’avait pas permis de trouver un fragment de tablette sur le loa Oublié, il avait pu ramener un bouclier qui appartenait à un protecteur au service d’Herja, l’un des premiers prêtres du loa Oublié ! Et grâce à cela, Wa’ai avait pu récupérer les dernières traces de mojo émanant du bouclier.

La vieille trollesse précieusement conserver ce reste de mojo afin de pouvoir invoquer et interroger Herja, mais pour cela il n’aurait qu’un seul essai et surtout il leur faudrait un lieu chargé en magie ancienne, ou bien un lieu où le sang des Drakkari ait imprégné la terre, pour remonter au sang de leur ancêtre, ce vieux prêtre de leur tribu.
C’est précisément à ce moment qu’il sentit ses entrailles se nouer, comme un jeune troll incapable d’affronter ses peurs, il se maudit à nouveau cette faiblesse qu’il ne parvenait à surpasser.

Je sais où l’on peut trouver ça...
Je ne veux pas y aller…


Une bourrasque le frappe plus fortement que les précédentes, il n’a pas fait attention, le vent s'est levé, les nuages plus nombreux. A ses pied il se rend compte qu’il a complètement épluché le bois sans en tirer une forme quelconque.

Va falloir te secouer mon vieux. T’es plus un trollion !
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Hina'Lys

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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Ven 17 Aoû 2018 - 10:15

Plus la jeune trollesse passe du temps dans le pays des homme-ours, plus elle se détend, les cours de maniement de hache avec Sala'jin et les remontage de bretelles de celui-ci lui permettent de s'en vouloir un peu moins, surtout une phrase de la prêtresse :

"Alors que nous avons extrait l'infime trace de mojo du bouclier ramené du Norfendre par Sala'jin, nous devons venir ici, ce n'est pas une coïncidence et ça pourrait nous rapprocher du makoa loa. "

La jeune fille aux cheveux roses se dit que son envie subite d’être au calme chez les hommes-ours lui vient peut-être d'une inspiration de ce loa que tous cherchent. Une fois de plus c'est au guerrier qu'il faudra s'en remettre car il connait le lieu qui pourrait convenir au rituel.

Alors qu'elle priait les Quatre et plus particulièrement le Vent dans un petit autel pandaren en haut d'une colline, accessible uniquement en volant ou en escaladant, Sala'jin vint la trouver, lui demander si elle avait toujours de quoi faire sa potion pour dormir. Hélas elle venait de trier ses poches à herbes et celles qui entraient dans la composition des deux potions, celle qui détend et celle qui fait dormir, avaient moisi à cause d'un bain forcé dans la baie de Sen'jin la veille du départ. Elle étair donc partie en recherche d'une personne pouvant lui apprendre le nom et l'usage des plante de Pandarie.

Son voyage imprévu lui prit plusieurs jours. Elle ne trouva personne jusqu’à arriver au monastère d'un village nommé Fleur-de-l'aurore. Elle passa de nombreux plusieurs jours à apprendre les recettes et les noms des plantes. Heureusement sur ce point-là la sœur des éléments avait tendance à avoir une mémoire instantanée. Quand elle revint au village, il s'était passé  deux semaine qu'elle avait consacré à cet apprentissage et s’attendait à retrouver un Gurubashi bien énervé qui l’accueillerait surement en ronchonnant. Dire qu'avant de partir elle pensait que leur amitié évoluait un peu... partir seule quand on sait pas vraiment se battre n'était pas forcement l'idée la plus intelligente qu'elle ait eu.
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Jilanthy

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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Ven 17 Aoû 2018 - 16:12

Alors c’est comme ça que le monde il va s’écrouler ? A cause d’une elfe morte qui brûle la maison d’autres elfes ? Le troll eut un petit rire moqueur. Les elfes ils étaient la cause de l’éclatement des continents et c’est par eux que la guerre reprenait, encore une fois. Qu’ils soient Morts-qui-marchent ou vivants, les elfes ils restaient des elfes.

Accroupis en haut d’une colline surplombant la hutte, Jibsu observait le paysage, s’attendant à tout moment à des bruits de guerre au loin. Mais rien. Il n’avait pas accompagné les trolls en Pandarie, même s’il avait eu envie de découvrir l’endroit où nombre de ses sœurs et frères avaient péri en croyant à une chimère. D’un autre côté, il ne pouvait pas non plus rester à Sen’Jin avec Acrae et Jum’sha, il était pas bleu lui, il était vert. Alors, il était resté près de la hutte, la surveillant à l’aide de ses animaux. La hutte elle était pas abandonnée, son ours ou son lynx y patrouillait et lui-même allait faire le ménage, comme ça, quand la grande prêtresse elle reviendra, elle pourra à nouveau y vivre.

De temps à autre, il regardait vers le ciel. Les volatiles ne semblaient pas inquiets, ils ne sentaient rien de grave venir. Le troll soupira. Regardant vers le sol, il attrapa un morceau de bois mort et à l’aide d’une fine dague, entreprit de graver méthodiquement une tête d’ours. Quand il pensait à l’histoire du monde, telle qu’il la connaissait, plus ça allait, pire c’était. Entre le gros truc que la Wa’ai elle appelait totem géant et la guerre qui venait d’éclater, il n’y avait pas de quoi être optimiste. Et c’était les morts eux-mêmes qui commençaient. Il manquerait plus que l’elfe maudite elle utilise la peste comme celui qui l’avait tué, le blondinet devenu zinzin, il y a plusieurs années.

Le troll soupira à nouveau en secouant la tête. Qu’est-ce que les loas ils voulaient que les trolls fassent ? Dans ses pensée, il ne vit ni n’entendit le lynx s’approcher, s’arrêter, s’asseoir pas loin et le fixer de son regard émeraude. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’il se rendit compte de la présence de l’animal, levant la tête, il lui dit :

« La Hizzlaa elle veut aller chasser ? »

Le lynx continua de le fixer mais ouvrit la gueule et poussa un léger grognement. Le troll sourit et se leva. Il ramassa son arc, et suivit par le félin, il se dirigea vers la plaine et entreprit de rechercher des traces. Ils allaient chasser le trotteur, il savait qu’Hizzlaa aimait beaucoup cette viande.
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Jum'Sha

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Rôle : Prêtre de Pogeyan / Partisan

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Dim 19 Aoû 2018 - 4:09

Depuis quelques jours Jum'sha faisait des aller-retour entre son autel et la hutte de Wa'ai. Ce soir là il avait embarqué sur sa nâvrecorne plusieurs fournitures en bois taillés et peints. Il guidait Voyembi à la bride, elle se contentait de le suivre docilement. Arrivé à la hutte, il enleva le mors de sa monture et la débarassa du bois embarqué. Il ramena le tout à l'intérieur et constate que la poussière ne s'accumule pas. Jibsu s'occupait probablement de l'entretien, Voyembi semblait reconnaître l'odeur du troll amani auquel il l'a confié pendant son absence. Il n'avait pas pensé que d'autres trolls avaient été laissés derrière au départ de Wa'ai. Peut-être fallait-il faire quelque chose... Ca tombe bien, il espérait apporter sa pierre à l'édifice. Il remarqua facilement l'emplacement de l'autel de la hutte, son absence laisse une terre nue. Il déposa la base d'un nouvel autel au même endroit.

Dehors, à la lueur du feu durant la nuit, il avait calé une plaque de bois entre ses jambes et s'est mis à la tailler, la graver. Le Troll faisait fonctionner sa mémoire. L'effigie du Makoa loa était particulière, il fallait y reconnaître une figure bienveillante et puissante. Dans un style tiki, il fallait aussi reconnaître le géniteur des Trolls, il fallait ajouter des défenses... Cette nuit était rythmée par le souffle lourd et lent de la nâvrecorne endormie non loin et, à plusieurs reprises, Jum'sha s'était adossé à l'imposante bête pour dormir une dizaine de minutes, reprenant toujours son travail ensuite. Il avait déjà dressé un autel similaire, mais bien plus petit au sommet de sa colline. Il souhaitait recréer un lieu saint qui avait été dépouillé de ses symboles le jour du départ. Ou était-ce réellement son but...? Jum'sha secoua la tête, quelque fût son intention de base, il semblait fonctionner automatiquement, comme en transe. La transe il l'atteignit en ingérant une pâte de féticherie des Scalp-rouges, elle tapissait toujours sa langue et son palais, lui donnant une conscience nouvelle, il se sentait toujours plus ouvert aux messages passant, un vecteur.

Le petit matin approchait lorsqu'il eut fini l'effigie du Makoa loa. Il ressemblait bien au souvenir qu'il avait de celle de Wa'ai, mais il arborait un style légèrement différent, un style qui trouvait un écho dans la sensibilité de Jum'sha. Il y ajouta les plumes et les crocs du ravasaure qu'il avait tué pour protéger ses amis. Lorsqu'enfin il avait assemblé l'autel dans la hutte de Wa'ai, il dégagea les tambours sur le coté et ouvrit les tapis devant, offrant à cet endroit une apparence de lieu saint. A genoux devant l'autel, ses pensées se bousculèrent. Mahamba, Tsul'kalu et Pogeyan, les loas de sa tribu qui lui offraient leur force, ils étaient réels, incarnés, n'avaient plus à faire leur preuves. Jum'sha prit son tiki béni par les loas et le déposa sur le coté, leur offrant une rapide prière.

Venait alors ce pour quoi il avait fait tout ça, il fallait qu'il essaie. Posant les mains au sol et son masque au sol, imitant la révérence de Wa'ai au loa oublié, il se mit à le prier.

"Créateur des Trolls, Père, Mère, Loa oublié, ici se prosterne un de tes enfants en proie au doute. Sans personne pour nous guider ici, sans tes bienfaits, tes manifestations, il devient difficile de croire aveuglément en ton existence. Les Ombre-vives ne t'ont jamais oublié mais nos autres tribus oui. Je ne souhaite de toi qu'une nouvelle manifestation de ta part, un signe. Lors de mon rêve, lorsque j'ai vécu la vie de mes ancêtres, j'ai ressenti ta présence à l'aube des temps. Prouve moi que ce n'est pas une hallucination, je t'en supplie."

Il attendit ainsi longtemps, prostré dans cette position une heure durant. Le temps semblait s'allonger tant il attendait une réponse, son coeur tambourinait dans sa poitrine, par peur d'offenser ses loas en priant une farce. Mais si le loa oublié existait et que son lieu de pouvoir se trouvait limité à ses autels, peut-être alors atteindrait-il le Féticheur?

~~~~~~

Il sorti de la hutte avec sa parure et son tiki, déposa une caisse de fruits à destination de Jibsu. Il ne resta pas plus longtemps repartant simplement à dos de Voyembi. Si Jum'sha avait entendu ou non le loa oublié, il n'en dit rien. Il fallait réfléchir à ce qu'il avait vécu. Décider de la suite.
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Salajin

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Rôle : Guerrier

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Lun 20 Aoû 2018 - 11:36

Où s'installer ?
Que faire ?


L’arrivée des trolls fut loin de passer inaperçue dans le petit village de pêcheurs qu’est Sri-La. Un ou deux trolls isolés n’auraient pas été autant remarqués, mais qu’ils soient arrivés à six avec de lourds bagages suscita immédiatement une curiosité et une méfiance accrues. Qu’ils appartiennent ou non à la Horde, les étrangers d'au-delà des brumes ont laissé un souvenir vivace dans la mémoire des Pandarens, dans un cas par l’invasion, le massacre et la résurrection du Roi-Tonnerre, Lei-Shen, aux cotés des mogus, et dans l’autre cas la corruption du Val de l’éternel printemps par Garrosh. Si les années passées depuis lors ont permis aux peuples pandariens de mieux comprendre et connaître ces lointains voyageurs, il n’en reste pas moins que voir débarquer autant de monde dans ce village fut un événement marquant.
Bien que Sala’jin parvient à rassurer un temps les villageois en disant qu’ils venaient simplement visiter, cela faisait déjà presque deux semaines et ils n’avaient toujours pas l’air de partir.

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Sala’jin se dirige vers l’auberge, se préparant mentalement pour la suite. La cabane isolée servant apparemment de débarras trouvée par l’Oublieux a effectivement l’air inhabité, mais qu’en est-il vraiment ? Si le propriétaire revient et découvre que des trolls ont réquisitionné le lieu, même avec toute la bonne volonté du monde pour se justifier, ils auront de lourd ennuis et il ne faudra pas compter sur d’hypothétique émissaire de la Horde pour s’en sortir. Non, définitivement, mieux vaut éviter les risques inutiles. S’ils sont amené à rester, il faut faire les choses dans les règles.

Son masque à la ceinture, il entre finalement dans l’auberge. Une nouvelle fois il peut constater que les conversations ont un petit flottement, court mais néanmoins suffisamment long pour qu’il le constate. Faisant comme si de rien n’était, il rejoint l’aubergiste afin de la saluer :

- Yo !

L’aubergiste, Lana la Brise-Marine le salut aimablement, pas de grand sourire chaleureux comme elle peut offrir à d’autres, mais au moins poli.

- Que puis-je faire pour lui ?
- Il aurait besoin d’une petite information et il pense qu’elle peut l’aider. Il aimerait savoir si la cabane qui est construite en bord de l’eau sur une petite île non loin, ils peuvent l’utiliser un temps ? Bien sur ils dédommageront le propriétaire !


Les conversations baissèrent d’un ton à peine eut-il posé la question. Il s’y attendait et garda au mieux une tête sereine. Lana le regarde :

- Il me semble qu’il avait dit être simplement de passage lui et sa famille, pourquoi à présent aurait-il besoin d’une cabane ? Mon auberge ne convient pas au séjour ?
- Ils sont venus avec quelques affaires lourdes-massives ! Et comme ils sont nombreux, il pensait que ce serait plus simple pour eux de se poser un temps là-bas. Ils ne veulent pas déranger les Pandarens à chaque fois qu’ils se déplacent.


Sala’jin rigole à demi, tentant de détendre l’atmosphère, à présent les personnes présentes dans l’auberge ne font plus mine de discuter et écoutent ce qui est dit. Lana quant à elle, lui offre à nouveau un sourire un peu trop poli, voire même forcé.

- La cabane, comme vous dites, appartient à Sao Eau-Claire, il s’en sert durant le printemps quand les saumons viennent remonter les cours d’eau. Et bien qu’entre temps il ne l’utilise pas beaucoup, ça ne l’empêche pas de venir jeter un œil de temps en temps entretenir la charpente et ranger du matériel. J’imagine que vous n’avez pas pris la liberté de vous installez là-bas de toute façon ?

La dernière phrase est particulièrement douloureuse à ses oreilles. Effectivement ils ont passé une ou deux nuits dans la cabane, profitant d'être à l'écart des Pandarens sans être surveillés ou épiés, mais lui remontent surtout le souvenir de trolls dont il a fait partie, venus en Pandarie pour occuper des lieux, pris de force des villages, massacrant les habitants.

A présent, les clients attablés plus loin dans l'auberge discutent à voix basses, certains affirment avoir vu les trolls disparaître les voyageurs trolls quelques temps, d’autres maugréent qu’ils comprennent mieux pourquoi ils font souvent des allers-retours entre le village et cette direction qui correspond à la cabane de Sao. Enfin se murmure par les plus méfiants ou cancaniers qu’ils ont vu des chaudrons bouillir contenant sûrement des magies suspectes et rituels sanglants !

- Ils n’ont pas à s’inquiéter, ils sont réellement venus ici afin de se reposer et visiter les environs ! L’ancienne qui les accompagnent à cependant de calme et d'un espace à elle. Et effectivement, ils ont vu cette petite île sereine-tranquille où il y avait juste une petite cabane, qui avait l'air parfaite pour le repos et la paix-méditation de l'âme ! C’est pour ça qu’il est là afin de savoir si c’est possible d'y séjourner.

Sala’jin s’adresse surtout à Lana, mais finit par regarder les différentes personnes présentes quand il parle de Wa’ai, il sait qu’elle a parcouru la plage et les environs de son pas lent, elle n’a pas pu passer inaperçue. L’aubergiste finit par hocher la tête.

- Ils ne peuvent pas rester là-bas sans permission. Sao ne reviendra pas avant plusieurs semaines et n’importe qui apprécierait peu de découvrir des t-... étrangers installés chez soi à son retour.

Il est sûr qu’elle allait dire troll, néanmoins il ne dit rien, hochant la tête. Lana reprend :

- Même pour des voyageurs cherchant la quiétude, vous avez tout de même fait un long voyage jusqu'à notre continent. Or vous n'avez pas ou peu bougé, alors que notre village n’a pas beaucoup d’intérêt aux yeux des visiteurs. Vous ne comptez pas visiter le reste des régions alentour ? Il y a beaucoup de sites remarquables à voir. Que cherchez-vous vraiment ?
- Il parle clair-vrai en disant qu’ils veulent simplement du repos, du calme et qu’il y a la curiosité pour ce continent.


Sala’jin regarde Lana , ouvrant ses mains afin de montrer qu’il n’a rien à cacher. Celle-ci semble indécise.

- Dans ce cas vous êtes toujours les bienvenus à l'auberge, mais vous devez laisser la cabane de Sao à son propriétaire. Si vous allez vers l'ouest, il y a des monastères qui pourraient accueillir quelques visiteurs en quête de sérénité.
- Sala la remercie, il ira prévenir les siens dans ce cas.


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Lana la Brise Marine finit de rédiger la petite missive. Elle sait qu’une pandashan est venue à la rencontre des Trolls peu de temps après leur arrivée. Il faut la prévenir de l'évolution de la situation. Il y a là il y a quelques chose de pas nette derrière les paroles de ce troll. Mieux vaut remonter l’information en plus haute autorité.
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Wa'ai
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Localisation : Hutte des Tarides
Rôle : Grande prêtresse du makoa loa

MessageSujet: Pandarie   Lun 27 Aoû 2018 - 7:43



Sala'jin exposa aux Héritiers qui étaient les anciens "maîtres" des Pandarens, les géants Mogu,
dont les Trolls ayant suivi Zul le prophète avaient ressuscité le terrifiant et puissant chef :
Lei-Shen, le Roi-Tonnerre.
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Salajin

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Rôle : Guerrier

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Lun 27 Aoû 2018 - 14:34

Épreuves administratives

Alors que le Gurubashi discutait avec la grande prêtresse, une chroniqueuse pandaren se présenta à eux. Elle avait pour mission de lister précisément les différents voyageurs récemment débarqués sur les côtes de la région, dont faisaient partie les membres de la "famille" trolle récemment arrivée dans le village de Sri-La. Cela permit à Sala’jin et Wa’ai d’apprendre qu’ils n’étaient pas les seuls à avoir choisi la Pandarie pour fuir la guerre entre la Horde et l’Alliance, ce qui n'était guère surprenant. Depuis leur arrivée, ils avaient pu croiser un groupe d’humains, qu'ils avaient évités consciencieusement, mais des familles disparates de kaldorei sans foyer avaient également choisi de s'expatrier en Pandarie.


-Veuillez m'excuser, je suis membre de l'ordre des Chroniqueurs et accessoirement secrétaire-archiviste dans l'administration de la Forêt de jade. Je suis dépêchée à Sri-La pour y établir le recensement des réfugiés de guerre et autres migrants arrivants sur nos rivages. Vous êtes... vous faites bien partie de la famille trolle que l'on nous a signalé récemment arrivée ici ?
-  Ouai, il peut l’aider ?
- Tout-à-fait, je me présente Rael Kang. Pourrais-je avoir les noms de tous les trolls de votre famille ?


Sala’jin regarde Wa’ai du coin de l'oeil qui, après avoir entendu la traduction, confirme d’un simple hochement de tête de se plier aux demandes de la scribe.

- Vanhem, Jilanthy, Igazi, Hina’lys, Wa’ai et Sala’jin.
- Pas de nom de famille ?
- Hahah, ça non on n'en a pas ! Vous devrez faire sans !


Juste des noms de tribu différentes, mais ça il se garda bien de le dire. La Pandarène agite une main et trace sur un imposant ouvrage relié les prénoms des Trolls.

- Dans le cadre d'une demande d'asile, nous allons devoir établir quelques évaluations. Vous comprendrez que notre continent a déjà longuement souffert après l'arrivée d'étrangers d'au-delà des brumes, et cette fois nous ferons en sorte que les vôtres n'essaiment plus les graines de la guerre qu'ils transportent avec eux. Si vous êtes incapables de vous acclimater, ou de ne pas faire de remous, nous ne pourrons pas vous accueillir plus longtemps.
- Il comprend.
- Excellent. D'après le rapport qui m'est parvenu, vous n'avez pas commis de dégradations matérielles, ni cherché conflit avec les villageois ni les autres étrangers ayant débarqué ici.
- Non.


Les informations s’égrainent lentement, la chroniqueuse relisant scrupuleusement les lignes du compte-rendu qui lui a été transmis et qui figure sur son registre.

- Occupation illégale d'un bâtiment privatif ?
- Euh … Alors pour ça, pour expliquer, y a eu un léger-mini-soucis de compréhension, mais réglé vite-bien ‘vec les villageois ! Elle pourra demander à la Lana dans l’auberge plus haut !


La chroniqueuse le regarde un instant le Troll, puis poursuit ses questions jusqu'à ce qu'enfin elle semble satisfaite de la situation.

- Il semble que vous ne cherchiez pas querelle, mais ce village est bien trop petit pour vous accueillir tous les arrivants d'autres continents. Aussi vous allez être redirigé vers un autre site d'hébergement. Dans quel camp souhaiteriez vous aller ?
- Camp ?


Sala’jin regarde la Pandarène, bloquant sur le terme. Un CAMP ? Pour eux ?!

- Un village volontaire capable de vous accueillir. Vous n’êtes pas les seuls réfugiés, nous préférons donc prendre les devants et répartir les arrivants de différentes races sur plusieurs sites d'hébergement pour éviter ainsi des conflits entre groupes.

Il n’y a aucune animosité ou jugement dans le ton de la Pandarène, un simple fait avéré.

- Ouai, Sala’jin il comprend, du coup quel village pourrait les accueillir ?

La chroniqueuse évoqua plusieurs propositions, mais son choix se porta immédiatement sur l’une d’entre elles, celle de Kun-Lai. Une destination éloignée de la Foret de Jade et sûrement peu choisie au vue de la réaction plutôt ravie de la chroniqueuse. Mais qui leur donnerait un motif excellent pour se rapprocher de leur destination : L’Ile du Jugement.

- Parfait ! Il ne vous reste plus qu’à rejoindre le temple de Yu’lon afin de finaliser tout cela. Sur place on vous informera sur quelques modalités pour faciliter votre voyage et vous mettre en garde contre les dangers locaux si vous vous aventurez hors des villages. Il vous faudra également passer une petite épreuve afin de nous assurer que vous puissiez vivre et cohabiter ici sans qu’il y ait de heurt. Contrairement à la dernière fois. Vous recevrez à ce moment-là un laisser-passer afin de pouvoir circuler plus librement et être acceulli en Kun-Lai sans que ce la ne pose le moindre soucis. Vous y serez bien reçus et une place pour chacun vous sera réservée dans l'enceinte du village ou un périphérie.

Une fois la chroniqueuse partie, Sala’jin se tourne vers Wa’ai.

- J’sais pas ce qu’ils comptent nous faire comme épreuve, mais faudra bien garder l’oeil ouvert !

Afin de ne pas faire attendre trop longtemps les moines examinateurs du temple où ils devaient se rendre, le protecteur et la prêtresse retournèrent prévenir les autres et préparer leurs affaires.
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Hina'Lys

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MessageSujet: La premiere epreuve   Mer 5 Sep 2018 - 11:39

- Je vous remercie maître, j'ai beaucoup appris durant ces quelques jours auprès de vous, et ces simples seront d'une grande utilité à mon ami qui a le mal du pays. Merci aussi pour la tortue, le chemin de retour jusqu'à Sri-la sera plus confortable qu'à l'arrière du chariot à légumes.

- Oui et puis tu peux lui faire confiance, elle connait le chemin. Une fois arrivée donner lui de la salade et elle rentrera seule jusqu'ici.

Pendant qu'Hina'lys remercie le moine qui lui a appris à avoir plus confiance en elle ainsi que la connaissance des herbes basiques du continent, un serpent-nuage monté par un jeune Pandaren arriva et se posa près de la trollesse.

- Excusez-moi, vous êtes Hina'lys? De la famille trolle débarquée a Sri-la il y a trois semaines ?
- Oui ? J'ai fait une bêtise? Il leur est arrivé quelque chose ?
- Non non, j'ai une lettre de votre frère !
- Mon frère ?

La jeune Animashi prit l’enveloppe, bien contente d'avoir appris à lire grâce à l'aubergiste troll d'Orgrimmar. Son frère était donc en vie ? Il avait réussi à traverser les grandes eaux ? La dernière fois qu'elle avait vu Fel'lys celui-ci était parti pour Gadtzezan avec son cousin pour se rendre en Strangleronce. Mais quand elle-même s'était rendue dans la jungle le rejoindre, elle ne l'avait pas trouvé et il n'avait pas non plus été vu par les Gobelins de Baie du butin... quand même deux trolls avec un ravasaure et un dimeurtrodon ça ne disparait pas comme ça !

Un peu fébrile, la trollesse ouvrit la lettre et, à sa vitesse de lecture digne d'une limace, elle parcourut les quelques mots écrits en zandali.... qui ne venaient pas du tout de son frère biologique mais de Sala'jin. Elle devait se rendre au temple du Serpent de Jade pour retrouver le reste du groupe. Elle en fit part aux deux Pandarens et le messager lui fit prendre place sur son serpent-nuage pour l'amener au temple.

Elle retrouva Sala'jin et lui confia les simples qu'elle avait préparé pour l'aider à dormir, plus ou moins violents, l'un étant carrément un anesthésique utilisé dans les amputations. L'autre, un baume apaisant qui, couplé à un bâton d'encens, permettait de partir dans un sommeil naturel. Très peu après, la prêtresse les rejoignit pour passer à l’épreuve que leur avait confié les Pandarens.

" Nous devons allés au jardin de jade et faire résonner les gongs. "

Une tâche si simple que la jeune fille ne voyait pas quelle était l’épreuve là-dedans... Elle s’avança donc vers le premier gong sans peur et donna un coup sec avec la partie contondante de sa hache.

Une forte vibration emplit la vallée, mais rien de bien traumatisant, elle résonnait un peu dans sa cage thoracique, mais tout allez bien.

" Il ne se passe rien." A l'instant où elle prononçait ces mots quatre ombres trolles aux contours indistincts se matérialisèrent et commencèrent à murmurer.

" Tu nous as abandonné, tout est ta faute. "

Comment les fantômes des trolls morts en Pandarie pouvaient considérer que c'était sa faute ? Elle n'avait jamais mis les pieds sur ce continent avant. Elle regarda Sala'jin et Wa'ai qui ne bougeaient pas, ils n'avaient rien entendu.

- Mais je suis jamais venue ici ! Qui êtes-vous ?  Je n'ai rien fait.

" Tu avais une mission, tu nous as tous condamné. "

L'ombre qui parlait s’avança vers la trollesse qui reconnut la voix et la silhouette de sa mère se détachait des autres ombres informes de sa tribu natale.

- Maman ? Mais non, je fais ce que je peux, ma mission j'essaye de l’accomplir mais il me faut du temps.

" Tu nous as abandonné. Tu essayes et tu échoues. Notre survie dépend de toi et tu ne t'impliques pas entièrement dans ta mission. Tu n'aurais jamais du survivre. Pourquoi Na'avi est-il mort alors que tu vis ? C'est ta faute ! Lui aurait réussi à ta place. "

Le nom de son cousin, ex-fiancé, meilleur ami, eut pour la trollesse l'effet d'un coup de poignard et elle tomba à genoux en larmes devant les regards médusés du Gurubashi et de la prêtresse.

- Je ne voulais pas qu'il meurt, il m'a sauvé... je fais ce que je peux, j'ai juste besoin de temps.

Pendant que la soeur des éléments se disputait avec les ombres de ses propres démons intérieurs, Sala'jin s’approcha d'elle, et prononça des mots de réconfort que dans son aveuglement et sa tristesse elle n'entendit pas. Mais l'ombre, elle, l'entendit et le pointa.

" C'est à cause de lui ! Il t'a rejeté, et par cet acte, il a condamné ton peuple à dépérir, comme il a condamné le sien. S'il y a quelqu'un à blâmer pour ton malheur et le nôtre, c'est lui. "

Toucher aux gens que la jeune Hina'lys apprécie beaucoup n’était pas une bonne idée. La peur, les doutes et la tristesse firent place à une colère qui reflua instantanément pour de la détermination.

- NON ! CE N'EST PAS SA FAUTE ! Lui aussi a vécu des épreuves, bien plus graves que les nôtres ! Tu n'as pas le droit mère de me dire quoi faire ! Je n'ai même pas atteint mon premier bâton ! Tu me demandes déjà d’être mariée, alors que je dois trouver un époux d'une autre tribu ? Tu as connu papa toute ta vie et ça ne t'a pas empêché d'attendre d'avoir entamer ton deuxième bâton pour l’épouser. Tu n'as PAS LE DROIT de me demander une chose que tu n'as pas été capable de faire toi-même !

Les cris de la trollesse firent fuir les ombres qui se dispersèrent dans l'obscurité d'où elles étaient venues. Hina'lys retira son masque pour essuyer ses yeux pleins de larmes, et fit face a la prêtresse et au Gurubashi, craignant que les paroles de l'ombre lui aient attiré les reproches de ceux qui formaient sa nouvelle famille d'adoption. Mais par chance elle seule avait entendu les paroles dures de sa mère.
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Zen'Khan

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Rôle : Maléficieur

MessageSujet: Le Troll Perdu   Dim 9 Sep 2018 - 20:09

Le Tigre de Pandarie se cachait dans les hautes herbes, surveillant de près une grue qui se désaltérait dans un petit lac alimenté par une cascade plus haut. D'habitude il ne s'aventurait pas aussi proche d'une ville pandarène mais la faim l'avait poussé, trop des siens sévissaient dans les environs et les territoires étaient réduits. En bon solitaire il connaissait la loi, ne pas tuer des Pandarens. Car tuer un seul de ces bipèdes entraînerait des battues contre sa race pour retrouver le dangereux spécimen.

Bien que ces natifs de la Pandarie soient d'un général apaisé et enclin à l'équilibre, ils ne laisseront pas une menace s'installer aussi près de leurs villages sans réagir. Le chasseur s'avançait dans la nuit, silencieusement, avec une grande dextérité, ses pattes avant frôlaient à peine le sol tant il mettait tout son poids sur son arrière train. Petit à petit, il se rapprochait de cette proie distraite par sa boisson. Le chasseur nocturne s'arrête soudain. Quelque chose avait bouger non loin, c'était rapide et agile, autant si ce n'est plus que le tigre lui-même. C'est alors qu'il reporta son attention sur sa proie. La grue avait levé la tête vers l'endroit où se trouvait son prédateur. Plus le temps de réfléchir, il sauta. Pile à la bonne hauteur, il frappa les pattes de l'échassier pour le faire tomber, ce qui fonctionna à merveille puis, avant même que sa proie ne puisse crier, il mordit avec une force contenue le long cou du grand oiseau qui mourut sur le coup. Il emporta  sa proie inerte à travers les roseaux pour aller la manger à l'écart. Une fois son repas finit, il entendit quelque chose à nouveau. Ça se déplaçait encore... Le ventre plein et sur la défensive il regardait les hautes herbes baignées d'ombre nocturne, plus loin, étant persuadé que Ça se trouvait plus loin dans cette direction.

C'est alors qu'un craquement de branche se fit entendre. Le tigre leva la tête, juste à temps, il fit un bond en arrière pour éviter une longue silhouette armurée de bois peint en rouge et armée d'une longue lance, tombant de l'arbre et dont l'arme se planta dans le sol humide. Ça n'était pas un Pandaren. Trop fin, trop agile, trop vicieux. Ça sortit sa lance de la terre et se mit en garde devant le prédateur. Prêt à foncer vers lui. Un flash surprit alors le tigre, Ça l'avait raté volontairement. Pour jouer avec lui ? Pour lui laisser une chance de se défendre ? Il n'en savait rien mais il était sûr d'une chose, il ne se laisserait pas tuer sans combattre. Le Prédateur nocturne plongea vers sa nouvelle proie. C'est alors que celle-ci fendit l'air avec sa lance, à une telle vitesse que le tigre ne vit qu'un reflet dû à l'éclat de la lune sur la lame. Il sentit une douleur lancinante dans la gorge et sentit son sang s'écouler par une ouverture pratiquée dans sa chaire. Il tomba sur le sol dans un bruit sourd. Il avait perdu. Ne cherchant plus à se défendre, il se détendit sachant que même s'il était devenue une proie, son prédateur ne le laisserait pas agoniser longtemps. Et il avait raison. Le chasseur en rouge s'approcha de sa victime et d'un geste vif, il trancha net la tête du tigre défait.

 "Shirvallah, accepte ton enfant qui a lutté pour sa survie. Et pardonne moi son meurtre pour la subsistance des miens." Telle fut la prière d'Igazi au Loa Tigre avant d'entamer le dépècement de la bête. La jeune trollesse entama alors son ouvrage en éventrant le corps inerte du prédateur nocturne afin d'en retirer les abats. Même si son travail était précis et méticuleux, elle n'avait pas la tête à ça. Elle pensait à la rencontre qu'elle, Wa'ai, Sala'Jin et Hina'Lys avaient fait plus tôt dans la soirée.

Alors que le soleil se couchait sur les montagnes de la forêt de jade, Igazi avait emmené son confrère et ses consœurs dans la recherche de quelque chose qui l'avait inquiétée. En effet, quelque chose suivait le groupe depuis un moment et lorsqu'elle l'avait repérée, elle sentait quelque chose d'étrange provenant de cet individu. Il était massif et recouvert de plaque à la manière des Gurubashi, il ressemblait à un troll mais aucune vie ne semblait provenir de lui, étant perpétuellement masqué et parvenant à disparaître malgré les talents de chasseresse de la jeune trollesse. Cela l'intriguait autant que ça l'inquiétait. Au début réticente, sa nouvelle famille pensait qu'il s'agissait d'un simple voyageur réfugié, comme eux. Mais finissant par accepter les angoisses d'Igazi, ils finirent par la suivre.

Gravissant une petite colline, le petit groupe arriva bien vite au sommet. Mais quelque chose avait attiré l'attention de Sala'Jin. Trouvant le campement de l'inconnu, ils se firent surprendre par celui qu'ils cherchaient. Surgissant d'un arbre, le troll étrange se tenait devant le groupe, armé, et parlant d'une voix menaçante, il portait des propos confus concernant de son identité. Il semblait vouloir savoir si les Héritiers le connaissaient. Tout d'abord courtois mais sur la défensive, Sala'Jin répondait aux trolls inconnu qui finit par ranger son arme.

Dans des gestes tremblants, le troll en face d'eux retira son masque, dévoilant un visage ravagé par les combats, un oeil en moins laissant un orbite vide mais surtout une marque semblable en tout point à celle que Zen'Khan possédait sur son propre visage. Il semblait en manquer un morceau. Cherchant à être apaisant face à la détresse du troll perdu dont le mojo avait été souillé par cette marque, lui refusant la mort et l'obligeant à exécuter une obéissance totale à des voix résonnant dans son crâne, Sala'Jin s'approcha lentement vers lui. La Prêtresse du Makoa Loa quant à elle détournait le regard de cette torture infligée par des trolls malveillants à d'autres trolls.

Le laissant approcher, le troll inconnu semblait perdu aussi bien dans ses pensée que dans son voyage. Il expliqua que des voix lui avaient dicté de retrouver les héritiers en Pandarie. Qu'il errait depuis longtemps en ces lieux et qu'il voulait comprendre qui il était, et surtout, quel était cette marque sur son visage. Son esprit semblait avoir été bien plus endommagé que le Zen'Khan, sûrement asservi depuis plus longtemps, sa mémoire n'avait pas réchappé à ce contrôle total et avait réduit en miette les lambeaux de son passé. Sala'Jin posa une main sur l'épaule du troll perdu en expliquant les effets de la marque sur son mojo. Il le décapita ensuite afin que son âme puisse retrouver le repos. Séparant le lien entre esprit et corps. Wa'ai, attristée prononça une prière pour le pauvre troll asservi dans la mort. "Puisse son âme retrouver le chemin qui le mènera auprès de ses ancêtres et du Créateur."

Wa'ai rentra ensuite au village pour se reposer de cette rencontre qui réveillait de douloureux souvenirs. Sala'Jin et Hina'Lys partirent trouver Kagayaki, la représentante des Pandashans qui les accompagnait de loin pour leur offrir son aide. Ils expliquèrent toute la vérité à celle-ci, de la marque jusqu'au pourquoi de l'exécution de pauvre troll perdu. Igazi quant à elle partit chasser afin de se détendre. Jurant à Hina'Lys de ne pas faire un massacre inutile et d'utiliser la chasse pour refaire les provisions des Héritiers pour la suite du voyage.
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Salajin

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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Lun 10 Sep 2018 - 17:06

Sala’jin regarde le gong imposant. Derrière lui Wa’ai et Hina’lys se tiennent non loin. De ce qu’il a pu voir lors de l’épreuve d’Hina, ça n’allait pas être une partie de plaisir. Si effectivement les gongs avaient la faculté de remonter les choses lourdes du passé…

Allez, ne commence pas à imaginer le pire.

Il prend une bonne inspiration puis, levant son poing ganté, il donne un coup sur la surface. Le son et les vibrations qui en résultent sont tout aussi puissantes que lors du coup donné par Hina’lys avec le manche de sa hache. Une nouvelle fois les vibrations désagréables lui passent au travers. Se retournant pour observer le jardin, il se tient sur ses gardes, près à affronter... il ne sait pas quoi, mais il l'affrontera !

- Ba alors, on fait le trollion ? On a peur ?

La voix sort de nul part, mais pourtant il la reconnaît entre mille. Une ombre finit par se matérialiser non loin de Wa’ai et Hina’lys, prenant un aspect qui lui est familier.

- Salut Jum…

Du coin de l’œil il voit bien la réaction étonnée des deux trollesses, lui-même est surpris de voir qu’une ombre prenne cette forme, l’énervant quelque peu. Pourquoi lui ?

- Et bien, on n'a plus rien à dire ? Tu ne fais plus le fier ?
- Que veux-tu que je te dise ?
- Je ne sais pas, d’habitude t’as toujours quelques chose à re-dire, à faire respecter, à imposer ton point de vue avec un ton paternaliste assommant.


Le guerrier grogne, difficile d’imaginer une simple ombre venue de son esprit alors qu’en face tout, de l’intonation, à l’apparence, et même la façon de parler correspond à Jum’sha. Difficile d’ignorer le Jum’ombre en face de lui, le guerrier répond à chacune des piques par une autre. Hina'lys et Wa'ai tentent bien de le prévenir, de faire attention, d'ignorer ce que dit l'ombre mais il les entend à peine. Sans qu’il n’y fasse vraiment attention, chaque réplique, chaque échange plus énervé donne plus de corps, de contenance à l’ombre à tel point que même Wa’ai et Hina’lys commencent elles aussi à percevoir l'ombre qui s'adresse à Sala'jin.

- Avoue tu voudrais LA retrouver ! Pour ça que tu cherches à mourir ? T'es suicidaire, comme devant le Zandalari ! T'essaies de nous emporter avec toi ?
- Non ! Je n'ai jamais cherché à me tuer ou même à mourir, juste à vous protéger ! C'est pas dur à comprendre...
- Tu veux dire, autant que t'as réussi à protéger ta tribu ?  Gurubashi, t’as laissé les tiens mourir ! T'as jamais cherché à les retrouver !
- Et toi ? Les Scalp-rouges qui t’ont laissé tomber, banni !


Sa main posée sur sur le pommeau de son arme, Sala’jin a descendu les quelques marches qui l'avaient mené au gong, et se trouve nez-à-nez avec l’ombre, presque tangible à présent, le moment où lui traverse l’esprit qu’il pourrait la frapper s’il le désirait, se défouler, il découvre le visage de l’ombre... qui est le sien.
Se retrouvant face à un Jum qui possède son visage, il se fige.

- Ba alors ? Viens ! Qu'on règle nos comptes ! Je t’attends ! Tu ne voulais pas me frapper à l’instant ?!

Sur ses gardes, le Gurubashi, regarde l’ombre, sa colère refroidit d’un coup, la méfiance lui permettant enfin de prendre un peu de recul sur la situation.

J’allais faire quoi ? Frapper une ombre ?
Me frapper moi-même ? Non y a autre chose… Reprends ton calme.


Tandis qu'il fait un léger pas sur le coté, l’ombre imite son mouvement tel un reflet bizarre dans un miroir. L’ombre perd au substance alors qu’il ne répond plus aux provocations, le moment où il lève la main lentement, l’ombre fait de même et disparaît comme un dernier salut qui lui est adressé.

J’ai réussi ?

Il n’y a plus d’ombre autour de lui, il se rend enfin compte que son autre main est tellement crispée sur la poigne de son arme que la dé-serrer est douloureux. Wa'ai et Hina'lys, inquiètes, le rejoignent. Il n'est pas très sûr d'avoir passé l'épreuve. Pourtant un Pandaren non loin, qui a assisté à son épreuve, lui confirme :

- Vous avez compris qu'il ne fallait pas renchérir à la colère par la colère. Ne pas répondre à la violence par la violence. Laisser la colère parler a failli vous faire échouer. Lorsqu'il a cessé de répondre, ce fut la clé de sa réussite. Parfois, la meilleure chose à faire est de ne rien faire.

Sala'jin acquiesce, même si une partie de lui ne peut s’empêcher de dire : tu as succombé trop facilement aux provocations...
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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang    Lun 10 Sep 2018 - 18:06

La vieille prêtresse aux crins argentés avait passé ses journées dans la prière et la contemplation silencieuse du majestueux temple du Serpent de Jade, un des loas locaux vénérés par les Pandarens. C'est ici que le groupe de trolls en fuite de Kalimdor avait été redirigé après quelques temps d'errance dans le village côtier de Sri-La. Afin d'obtenir un laisser-passer leur permettant de circuler sur ce nouveau continent, il leur fallait se soumettre à une épreuve permettant à leurs hôtes bedonnants de s'assurer qu'ils ne venaient pas répandre la guerre et la haine qui avaient à nouveau vivement embrasé Azeroth et qu'ils étaient capables de vivre sur ces terres en contrôlant leurs émotions pour ne pas briser le subtil équilibre de paix s'ils venaient à croiser par hasard des réfugiés ou visiteurs d'autres races ennemies.

C'est ainsi que le rassemblement de trolls s'était retrouvé face à différents gongs en jade massif et ornés de sculptures d'étranges serpents-raptors ondulants dotés de pattes, qui parsemaient les verdoyants jardins du temple de Yu-Lon. Hina'lys et Sala'jin s'étaient prêtés malgré eux en premiers à l'épreuve qu'ils devaient subir. Peu enthousiastes, ils en étaient néanmoins sortis avec succès. Hina'lys avait su affronter ses peurs et doutes avec courage. Sala'jin était parvenu à canaliser et détourner sa colère et sa haine avec sagesse. Chacun en était ressorti chamboulé. Aussi, lorsque vint le tour de Wa'ai, qui malgré son âge avancé ne pouvait y échapper, l’inquiétude était palpable. Qu'allait révéler le son cristallin mais pénétrant du gong lorsqu'elle le frapperait et qu'il vibrerait jusqu'à l'intérieur d'elle-même ?

La trollesse était habituée aux visions sybillines, aux rêves trop réels, aux illusions abscons de l'esprit - et des esprits - tantôt emplis d'espérance, tantôt terrifiants à lui en glacer le sang. Mais dans la large majorité des cas, ses songeries ne la concernaient pas. Or Hina'lys et Sala'jin avaient dû affronter des troubles personnels liés à leur vie et leurs choix.


Celle-qui-voit redoutait ce que ses yeux lui montreraient cette fois.
Aussi, lorsqu'à la force de son bras fébrile, elle cogna son bâton-totem contre le gong, ce qu'elle aperçut en se retournant la figea sur place.

Ils étaient tous là. Ses ouailles, ses acolytes, les membres de sa tribu qu'elle avait connu, guidé, parfois simplement croisé au détour d'une cérémonie, d'une festivité, d'une naissance ou d'un décès. Cherchant sa guidance, suppliant son aide, louant la parole qu'elle prononcerait à la gloire du Créateur, la pressant d'apporter solution à leur mal et de les sauver de l'extermination. Lorsque les malheurs s'étaient abattus sur les Ombres-vives, elle avait orgueilleusement cru pouvoir les surmonter, comme l'avaient fait tous les précédents grands prêtres et grandes prêtresse du makoa loa en leur temps. La tribu, bénie et guidée par le Père des trolls, avait survécu à la Chute, aux famines, aux vagues géantes... elle ne ploierait pas. Il fallait endurer ce nouveau malheur qui n'arrivait que pour éprouver leur foi. Voilà ce qu'elle leur avait dit, voilà quel était son crime. Sûre d'elle, présomptueuse, elle les avait mené au bord du gouffre et de l'extinction en faisant passer cela pour de la sagesse. Et les avait condamné.

Un poids terrible sembla soudain peser sur ses frêles épaules, dans ces jardins calmes de Pandarie. La prêtresse sentit à peine son bâton-totem glisser entre ses doigts devenus hésitants et tomber au sol. Se détachant de la foule d'ombres trolles informes continuant de la presser de questions et d'implorer son conseil, Sala'jin et Hina'lys, bien réels, émergèrent pour arriver jusqu'à la vieille prêtresse et la soutenir avant que ses jambes ne flanchent.

Je ne mérite plus le titre que je porte. J'ai échoué quand mon peuple avait besoin de moi.  Je ne suis plus rien. Je ne suis personne.

La foule de silhouettes indistinctes de fumée se dissipa pour se concentrer en une seule immense ombre aux contours fluctuants.

" Qui es-tu pour prétendre guider ces trolls ? Tu échoueras de nouveau. Aucun autre troll n'a pu rassembler la Pierre de Vérité au cours des derniers millénaires, et tu présumes y parvenir ? Lâche prise. Abandonne. Ton loa n'est que pure imagination. Il n'a pas sauvé ta tribu, parce qu'il n'existe pas. Tu peux te reposer à présent, tout laisser tomber. Plus rien n'a d'importance, tu as déjà tout perdu. "

La tentation était grande en effet de se laisser aller, d'écouter cette voix, de ne plus se battre contre ses peines intérieures, contre ce monde entier absurde, contre les autres peuples, contre les méfiants, contre la fatalité et le jeu des loas. D'enfin ne plus porter ce poids pesant sur sa conscience et son coeur chaque jour, de ne plus être la guide, de ne plus avoir de charge ni de responsabilité. De laisser le sommeil venir et ne plus se sentir un devoir de s'en extirper chaque matin, d'arrêter de s'accrocher à un objectif irréaliste, inatteignable.

" Tu t'es raccrochée à cette chimère pour survivre, et eux font de même. Mais vous savez, tu sais, n'est-ce pas, que c'est un mensonge que vous vous racontez. Tu es accablée, fatiguée. Arrête de lutter pour eux à leur place, je t'accueille dans la paix. Tu n'auras plus à penser à rien. "

- Prêtresse, appuyez-vous sur moi.

Tandis que Hina'lys, venue se placer à son côté, lui prêtait son bras pour se stabiliser, Sala'jin ramassa le précieux bâton-totem et le lui présenta.

- Que la Wa'ai elle garde confiance. Elle n'est pas seule. On l'aidera jusqu'au bout. Elle peut se reposer et compter sur nous.

La présence du Gurubashi avait quelque chose de réconfortante. Depuis leur fuite de Kalimdor, il était le seul à qui elle avait pu confier ses doutes concernant l'avenir, et sa crainte de ce nouvel environnement et de la vie qui les y attendait. Elle ne pouvait l'afficher face aux autres, de peur que ces sentiments ne soient communicatifs et s'amplifient. Elle devait rester forte, déterminée et stoïque en toute occasion, mais parfois cela l'épuisait.

Il l'avait rassurée : la décision avait été prise par tous, et chacun, elle n'avait pas à en porter la responsabilité. Ils savaient tous à quoi ils s'engageaient et, aussi difficiles soient-ils, ils avaient fait leurs propres choix. Tant qu'ils se soutenaient les uns, les autres, ils affronteraient tout ce qui se présenterait face à eux. Cela n'avait pas à voir avec Wa'ai ou le makoa loa, cela avait à voir avec leurs buts respectifs et les liens tissés. Eux, les trolls égarés, ils avaient construit une petite tribu à leur image, incertaine mais tenace.

Regardant l'ombre élevée, Wa'ai répondit à voix haute, autant à l'attention d'elle-même que des deux trolls qui l'encadraient.

- Je ne suis plus grande prêtresse. Je ne suis... qu'une grand-mère. J'ai fait des erreurs, mais il y en a une que je ne commettrai jamais : je n'abandonnerai pas. Je ne pourrais jamais trouver le repos dans la mort si je ne fais pas survivre, d'une façon ou d'une autre, l'héritage des Ombres-vives. Tant que cet objectif n'est pas accompli, qu'importe le poids des années ou de mes fautes, je les endurerai... avec leur aide.

Récupérant entre ses mains ridées la hampe du bâton que Sala'jin lui remit avec précaution, la trollesse aux cheveux gris adressa un regard respectueux et reconnaissant au Gurubashi et à l'Animashi, alors qu'à quelques mètres, la forme brumeuse opaque face à elle s’affaissait et disparaissait en cendres invisibles au sol.
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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Dim 23 Sep 2018 - 14:40

Les Héritiers se tenaient au pied de l'escalier dérobé qui était censé les mené jusqu'à Binan en Kun'Lai. La veille, Sala'Jin, Igazi et Vanhem avais tué un mushan adolescent afin de refaire le stock de viande pour le voyage qui les attendaient.

La pluie tombait légèrement, pas de quoi embrumer la vue mais assez pour rendre les marches glissantes. Le petit groupe de trolls entama alors l’ascension de cet escalier  raide. Etash, le loup de la prêtresse du Makoa Loa, avait du mal à grimper mais fidèle à sa maîtresse il continua sans la mettre en danger. Grimpant encore et encore, à rythme régulier, jusqu’à arriver au sommet de l’escalier qui laissait place à une pente raide en terre qui montait encore. Rassemblant leurs forces, les héritiers parcoururent la dernière pente qui menait au dernier palier avant une taverne-halte nommée l’Auberge dans les Brumes.

C’est alors que le petit groupe se reposait pendant que le temps s’éclaircissait un peu qu’un saurok surgit des buissons qui recouvrait le rocher qui surplombait les Héritiers. L’homme-lézard se jeta sur Etash et arracha une sacoche attachée au loup et s’enfuit aussitôt. Sala’Jin tenta d’attraper le saurok immédiatement mais les écailles glissantes de l’homme-lézard empêchait toute prise. Le sang d’Igazi ne fit qu’un tour et la jeune trollesse se jeta à la poursuite du voleur. La prêtresse dit alors d’un ton plus qu’inquiet que cette sacoche était très précieuse et devait être récupérée à tout prix.

Sala’Jin est Hina’Lys, réticents à laisser la prêtresse seule, la guidèrent jusqu'aux abords de l'auberge en bambou et une fois certains qu'elle était hors d'atteinte, poursuivirent leur consœur. Tandis que la vieille prêtresse se mettait à l’abri, elle aperçut une palefrenière pandarène près des écuries et tenta de lui faire comprendre le danger qui guettait ses protégés. Mais limitée par quelques mots mal maitrisés en orc "amis moi, aide amis moi" s'aidant de signes Wa’ai n’arrivait pas à se faire comprendre et pria avec une angoisse grandissante pour le retour du petit groupe de trolls sains et saufs.

Sala’Jin et Hina’Lys suivirent les traces de la poursuite entre Igazi et le voleur saurok. Ils débouchèrent sur un petit plateau en bord de falaise, coincé entre deux grands rochers. Ils y trouvèrent Igazi, penchée sur la sacoche laissée là. A peine eu-t-elle le temps de dire à ses amis que la sacoche avait été lâchée là et que le voleur s'était enfui qu’un cri de saurien se fit entendre.

Un grand raptor aux écailles rouges comme le sang, aux yeux exorbités et aux multiples balafres lacérant son corps, trahissant un état de profonde folie due à la douleur, apparut dans le seul chemin pour sortir du petit plateau. Coincé entre le raptor et le vide, les Héritiers n’eurent d’autre choix que de combattre cette bête. Le raptor chargea dans le dos d’Hina’lys, en réaction, Sala’jin en bon protecteur, se jeta sur la trajectoire du saurien affolé, brandissant son bouclier mais assommant malencontreusement sa protégée au passage. Le raptor aux écailles rouge se jeta donc sur le bouclier de Sala’Jin, tentant d’arracher ce bout de métal le séparant de ses proies à l’aide de ses pattes griffues. Mais le protecteur troll, tenant bon, répliqua de plusieurs coups d’épée sur le museau de la bête. Un grand saurok en armure se tenait sur le rocher surplombant le combat, gueulant des ordres incompréhensibles dans la mêlée. « Igazi ! Là-haut ! » dit Sala’Jin pour indiquer la prochaine menace.

« - J’ai vu ! répondit la chasseresse. On bute d’abord le raptor ! »

Dans un magnifique coup synchronisé, Sala’Jin trancha la gorge du saurien fou, et Igazi abattit sa lance sur le haut du cou de la bête ce qui trancha net la tête du puissant raptor. Aussitôt, Sala’Jin et Igazi lancèrent sur la petite route menant au sommet du rocher afin d’y retrouver le chef saurok qui fulminait en agitant un petit sac remuant

« - Sales trolls vous avez tué ma meilleure bête de guerre ! Vous êtes les prochains ! »

Ne voulant pas laisser le temps de leur ennemi de s'enfuir, Sala’Jin se jeta contre le chef saurok, cherchant à le plaquer au sol. Mais le grand homme-lézard empoigna le troll en pleine charge et le fit basculer dans le vide derrière lui. En pleine chute, le protecteur s’écrasa sur le plateau plus bas.

« Sala’Jin ! » hurla Igazi avant de se prendre un coup de hallebarde dans l’interstice entre son cou et ses épaulières. Le saurok se mit à ricaner en armant un nouveau coup. Igazi lâcha son arme et sortie de sa main valide la dague que Sala’Jin lui avait prêté. Elle se jeta au cou de son ennemi qui fut surpris par cette agilité. Et s’abattit sur le sol, la gorge tranchée en lâchant le petit sac remuant.

Poussé par un étrange désir, Igazi se releva et ouvrit le petit sac en toile qui contenait un bébé raptor, qui sortit immédiatement pour aller se cacher dans un buisson plus loin. Igazi descendit ensuite par le chemin pour retrouver Sala’Jin et Hina’lys qui s'occupait déjà d'aider le troll. Elle lui avait fait boire une potion anti-inflammatoire.

Igazi et Hina aidèrent le protecteur blessé à se lever afin de le guider vers l’auberge dans la brume où les attendait avec anxiété la prêtresse inquiète. Igazi ramassa au passage la sacoche volée et ne s’aperçut pas tout de suite que le bébé raptor aux écailles rouges la suivait de près. Arrivés à l’auberge, ils prirent une chambre et laissèrent Sala’Jin se reposer sur un lit afin de laisser la régénération naturelle des trolls agir et rendre sa forme au protecteur sous les yeux bienveillants d’Hina’Lys qui le veilla sans relâche durant la nuit.

Wa'ai parut extrêmement reconnaissante et soulagée qu'ils aient récupéré la précieuse sacoche qui contenait en réalité le coffret scellant la fiole d'ombres tourbillonnantes récupérée par Zen'khan en Norfendre.
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MessageSujet: Pandarie   Dim 23 Sep 2018 - 17:36

Quelques souvenirs...



Épreuve de Vanhem






Départ de la Forêt de jade


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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Lun 1 Oct 2018 - 16:05

Après avoir terminé l'ascension des pentes rocheuses et abruptes de la montagne, fait étape une nuit au refuge de la halte pour se reposer et traversé une caverne garnie de sauroks avec l'aide éclairée d'une Pandarène, les Héritiers étaient enfin arrivés au village de Binan, dans la région de Kun-Lai.


Là, ils pourraient s'établir plus durablement, avoir accès à un logis où entreposer leurs affaires, et vivre parmi les Pandarens, en attendant que la guerre cesse de ravager et menacer Kalimdor. Depuis ce nouveau point de chute, ils avaient également l'intention de mettre en place quelques excursions pour trouver un endroit pouvant servir de catalyseur à un rituel d'invocation.

Le lendemain de son arrivée à Binan, la "famille trolle" fut accueillie avec hospitalité par une délégation de Pandarens de la Dàhuì, ordre neutre représenté par Maotachi Lys-Blanc. Grâce à la présence de l'interprète Zhu Wen  Lotus-crépitant, parlant couramment le zandali, le haut-dignitaire pandaren et son bras-droit purent donner aux Héritiers quelques conseils et mises en garde concernant la vie dans la région et comment s'intégrer au mieux à leurs hôtes ursidés.

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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Mar 9 Oct 2018 - 11:15

Les affaires les plus lourdes enfin entreposées dans une petite habitation, ils purent se reposer quelques jours à Binan afin de se mêler autant que possible aux activités quotidiennes des villageois. En effet, selon les conseils de Zhu Wen et de Kikuoka Pas-Léger, afin de briser la suspicion collective à leur encontre et gagner la confiance des villageois, le mieux était de faire le premier pas et témoigner de l'envie de les aider, de quelle que façon que ce soit. Ces derniers n'étaient pas hostiles, mais méfiants, comme l'aurait été n'importe quel village troll accueillant des étrangers réfugiés.

Igazi prêta ainsi main forte pour chasser des vautours et autres charognards dans les alentours du village et de la route commerciale. Hina’lys aida sur la récoltes d’herbes et la confections de simples pour l'infirmerie locale. Wa’ai participa en aidant à la confection de paniers tressés aux côtés d'un groupe de Pandarènes, malgré la barrière de la langue. Quand à Sala’jin ce fut sur le travail du bois, au niveau de la construction de barques nécessaires à la pêche, et sur la manutention un peu plus lourde qu’il put apporter son aide.


C’est durant cette période de repos et d'« acclimatation » qu’ils firent la rencontre d’un troll nommé Gomgo. Surpris de rencontrer un autre troll aussi loin dans la Pandarie, ils discutèrent un moment, le troll leur dit être un Sombrelance arrivé 6-7 ans plus tôt, au moment de la levée des brumes et de la découverte du continent, en même temps que les armées de la Horde. S'il n’a jamais voulu repartir, par crainte au conflit interne entre Garrosh et Vol’jin, il parvint à avoir des nouvelles au fur et à mesure des années grâce aux marchands rapportant les rumeurs de Kalimdor. Malgré l'accession de son chef à la tête de la Horde, il s'était si bien acclimaté à la vie en Pandarie et aux Pandarens, qu'il n'était jamais rentré chez lui... et à présent que la Reine-Banshee régnait à son tour, il avait peut-être bien fait. Lui aussi ravi de rencontrer des semblables, il décida de rester un peu plus longtemps dans le village pour profiter de leur présence.

Le commerçant pandaren Kikuoka Pas-Léger, qui transportait régulièrement des marchandises à dos de tortue géante entre les différents villages de Kun-Lai, proposa de les emmener voir le Temple du Tigre blanc, pour lequel le groupe de trolls avait manifesté de l'intérêt. Ils eurent la parfaite excuse pour continuer en direction de leur véritable objectif, accompagné d'un Gomgo curieux et enthousiaste. Le trajet qui s’annonçait sûr, changea quelque peu quand ils croisèrent des émanations noir-blanc venant du sol.


Kikuoka les mit immédiatement en garde, annonçant que ces émanations provenaient de résidus de sha. Si la plupart du groupe parvint à bien contenir les émotions négatives remontées par la zone, Igazi faillit voir rouge et devenir agressive, prise dans une illusion enragée, mais finit par être raisonnée par Sala’jin et Kikuoka. De son coté Wa’ai ressentit dans les émotions violentes celle d’un confrère perdu, égaré et dévoré par la fureur et la haine. N'étaient-ils pas les seuls trolls de la région ? Les rencontres surprises avec un troll comme Zen'khan dans la Forêt de Jade, puis avec Gomgo ici, laissaient entendre que tout peut arriver et que d'autres rencontres incongrues et imprévisibles n'étaient pas à écarter.

La fin du trajet, heureusement plus calme, leur permit de rallier un refuge grumelot juste au pied de l’imposant temple du Tigre Blanc. Kikuoka devait poursuivre son chemin pour rejoindre Monofu et irait prévenir les pandashan concernant les traces et réminiscences sha qu'ils avaient croisées.
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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Jeu 11 Oct 2018 - 14:50

Situé au pied des montagnes de Kun-Lai, le refuge grumelot a l’habitude des voyageurs arrivant au dernier moment, en nombre ou pas. C’est pour cela qu’il fut facile pour Sala’jin de négocier des repas chauds et une tente afin de passer la nuit à l’abri du froid et de se reposer, bien qu’un peu serré.

C’est sous un temps ensoleillé mais frais que les trolls se réveillèrent et la question du chemin à prendre pour atteindre l’île fut rapidement abordé. Pour le Gurubashi, l’un des seuls moyens d’y arriver serait de rejoindre le village de Zouchin, l’île étant ensuite accessible facilement par barque. Malheureusement, c’est aussi un village qui a subi une attaque des trolls dirigés par les Zandalaris, leur présence serait donc peu souhaitée et encore moins sur l’île.

Zhu Wen fut une nouvelle fois le Pandaren de la situation. Les gardant probablement à l’œil mais leur permettant aussi de se déplacer bien plus facilement, il accepta sans souci de les conduire en direction de la "côte", les prévenant qu’il fallait s’attendre à un peu de méfiance et d’inquiétude de la part des villageois. Sala’jin fut à la fois étonné et soulagé qu’il ne pose pas plus de questions concernant leur volonté de visiter cet endroit "historique".


Le chemin emprunté par le guide leur fit longer le temple et pénétrer à l’intérieur de la montagne par un passage creusé dans la roche, si les ornementations et les sculptures étaient abîmées par le passage du temps, pour Sala’jin cela ne fit aucun doute sur l’origine de celles-ci : ils prenaient un chemin fait pour les mogus. Zhu Wen confirma cela en disant qu’il suffisait de traverser le passage pour atteindre ensuite Zouchin par ballon dirigeable.

Wa’ai fut la dernière à s’engager, et se méprenant sur la raison, Sala’jin lui assura qu’il n’y aurait pas de souci. La prêtresse lui répondit au contraire que ça lui faisait plutôt penser au temple des Ombres-vives bâti sur son île natale en l’honneur du loa oublié. Un souvenir à la fois heureux et triste mais, comme lui fit remarquer le Gurubashi, pas nécessairement douloureux, ce à quoi Wa’ai acquiesça.

Le passage souterrain traversé sans encombre malgré la présence d'esprits sans repos que Zhu Wen prévint de ne pas déranger, ils débouchèrent à l’air libre et non loin d’une montgolfière pandarène. Il fallut la présence et la tranquillité de Zhu pour que le propriétaire du ballon dirigeable accepte de les emmener en bas à Zouchin. Sala’jin, durant la négociation, resta pendant un  moment perdu dans la vue qui s’offrait à lui. Il observa longuement les restes encore visibles des huttes et cabanes trolles en contrebas, et surtout la vue imprenable sur les petits récifs et îles, dont la plus grande, connue sous le nom de l’île du Jugement.

- Une vue incroyable, n’est ce pas ?

C’est tout juste s’il ne sursauta pas, Zhu se tenant à coté de lui, patient, les autres trolls montés dans la nacelle du ballon. Il hocha la tête et rejoignit rapidement les autres afin de ne pas les retarder et surtout d’éviter de trop se perdre dans ses souvenirs peu agréables.


Comme annoncé, après leur descente par les airs, ce fut seulement grâce à la présence du pandaren qu’ils purent traverser le village sans que les habitants ne les accueillent avec des pieux et fourches, Zhu Wen s’étant porté garant d’eux. Et bien qu’ils furent installés dans une des huttes trolles non loin du village, Zhu leur fit porter un festin digne de ce nom. Avant que chacun n'aille se reposer, il leur rappela qu’ils ne devaient pas se rendre sur l’île du Jugement seuls, et qu'il les accompagnerait sur place s'ils tenaient vraiment à la visiter.
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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Lun 22 Oct 2018 - 15:20

Les trolls avaient été accueillis avec distance et méfiance par les habitants du village côtier de Zouchin. Heureusement, la présence Zhu Wen Lotus-crépitant permettait d'éviter d'éventuelles altercations. Wa'ai était reconnaissante au Pandaren linguiste pour son aide et aussi pour son ouverture d'esprit. C'est pourquoi, lorsqu'il devint évident que leurs intentions et la raison de leur venue à cette extrémité du continent ne pourraient rester secrètes plus longtemps, mais aussi que Zhu ne les laisserait pas s'esquiver sans lui en direction de l'île du Jugement, la prêtresse prit la décision de se confier à leur accompagnateur en toute franchise.

Les Héritiers avaient besoin d'accéder à cette île historique pour la magie qui la saturait et l'infusait, dans le but de pratiquer un rituel pour communiquer avec l'Autre monde. Les pratiques zandalari pour ressusciter Lei-Shen avaient laissé des traces et avaient également affaiblit sur place la séparation entre le monde des morts et celui des vivants.

En outre, plus les jours s'écoulaient en approchant du Jour des morts et plus le voile entre le monde des vivants et l'Au-delà s'effritait. Il était donc nécessaire de préparer le rituel à venir sans tarder, car ensuite, la barrière entre le monde tangible et le monde invisible redeviendrait plus imperméable. Celle-qui-voit n'était guère versée dans l'art subtil et difficile d'en appeler aux défunts. Le morcellement du voile entre les mondes était d'une importance capitale pour l'aider à communier avec les morts.

De plus, elle allait s'appuyer sur une fiole qu'elle avait apporté précautionneusement avec elle en Pandarie. La fiole recelait une infime trace de mojo extrait du bouclier trouvé par Sala'jin dans une salle secrète de Gundrak, lors du voyage en Norfendre. Emprisonné dans le petit flacon, la quantité presque imperceptible de substance poisseuse, froide et concentrée, était un fragment du mojo du propriétaire originel du bouclier, imprégné dans l'objet à force d'avoir été à son contact, et d'avoir partagé la vie du troll qui l'avait brandit. Herja. Tel était le nom gravé sur la face intérieure du bouclier. Si l'on en croyait les narrances ombres-vives, il s'agissait de l'un des premiers Grands Prêtres du loa oublié, issu de l'empire drakkari.

Cette portion infinitésimale de lui-même serait le catalyseur pour distinguer son âme à rejoindre Wa'ai à travers le maelström d'âmes qui seraient attirées de l'Au-delà par le rituel. Mais la quantité était si maigre, qu'elle ne pourrait servir que pour un seul essai. Les Héritiers n'avaient donc pas droit à l'erreur et devaient faire attention à optimiser au maximum tous les éléments. Ce qui expliquait donc la date et le lieu.

Pour garantir une plus grande chance d'amener l'âme de cet ancêtre drakkari à se manifester spécifiquement, la vieille prêtresse avait également demandé que les alentours de Zouchin soient fouillés, en quête d'objets ayant pu appartenir à des Drakkari ayant suivi les Zandalari jusqu'à ces lointains rivages. Les rivages qui avaient été occupés par les troupes zandalari avaient été laissés à l'abandon. Tout comme de nombreuses ruines mogu parsemant encore le continent, les huttes de facture trolles, avachies et décrépies, n'avaient pas été démantelées et rasées. Peut-être était-ce comme une sorte de rappel, pour se souvenir de ce qui s'était passé, ne pas oublier ?

C'est ainsi que Hina'lys rapporta un arc - qu'il fut difficile d'estimer avec certitude d'origine drakkari - et une liasse de parchemins émiettés, rédigés en zandali sur lesquels figuraient quelques lignes encore visibles, dont le mot "Gundrak", tandis que Sala'jin découvrit une poupée de chiffon bleu, aux yeux de charbon effacés et en piteux état, cousue sur le dos de ce qui ressemblait à un mammouth-peluche miteux, en vrai cuir et poils de mammouth de Norfendre. Des enfants trolls avaient-ils étaient amenés par leurs parents sur cette "terre promise" qu'ils devaient conquérir et habiter ? Ou bien n'était-ce qu'un souvenir d'un lointain passé glacé emporté par un troll mélancolique d'une vie perdue à jamais ? Nul ne pouvait l'affirmer.

Les trolls avaient ainsi amassé tout ce qui pourrait aider à amplifier l'appel de Wa'ai à travers les limbes pour communier avec l'esprit de feu le grand prêtre du makoa loa, Herja des Drakkari. Escortée par Zhu Wen, probablement autant pour les surveiller que pour les alerter et les protéger de ce que recelait l'île qui avait été témoin de la réincarnation du Roi-Tonnerre, la troupe de trolls se mit en marche... sur l'eau. Hina'lys appelant les pouvoirs des loas aquatiques, ils purent franchir les centaines de mètres qui séparaient la côte de l'île maudite que les pêcheurs pandarens évitaient par-dessus tout. Au moins, ils ne seraient pas interrompus par des arrivées importunes.


Gardant les yeux rivés sur leur objectif droit devant, les trolls et le pandaren débarquèrent sur la bande de terre. Le silence lugubre des lieux ne fut brisé que par quelques craquements sinistres d'ossements trolls à moitié ensevelis, qui se disloquèrent sous les pieds de certains. Abandonnés là sans sépulture correcte ni rituel d'accompagnement, leurs semblables n'avaient pas connu la gloire et la prospérité prédite par les Zandalari. Bientôt, le groupe arriva aux abords d'escaliers courts qui les menèrent à une vaste place dallée, surmontée d'un autel où reposaient de nombreux crânes, entourés de murs de pierre effondrés, de tablettes et stèles de marbre, gongs, tambours usés par le temps et de statues mogu en partie démolies.


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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Mer 24 Oct 2018 - 11:39

Celle-qui-voit débuta les préparatifs sans attendre. Deux feux furent allumés, des poignées d'herbes et encens jetés dans les flammes, projetant des fumées âcres. Sur l'autel, la fiole de mojo, l'arc, les parchemins et la poupée drakkari furent déposés avec révérence.

La vieille prêtresse salua les esprits des ancêtres et les loas et commença par invoquer l'aide du Créateur pour lui donner la force nécessaire à trouver l'âme du grand prêtre Herja, l'un de ses enfants des millénaires passés, dans l'Autre monde. A peine la magie vaudou eut-elle emplie les lieux en fissurant la barrière entre les mondes que des ombres spectrales surgir alentour, encerclant le groupe, créant une tension générale. Attirés par les vivants comme des papillons par la flamme d'une bougie, ces esprits avides et hostiles erraient entre deux mondes, sans repos, loin de leur tribu, et de leurs propres ancêtres. Contrairement aux trolls précautionneusement embaumés et honorés par les vivants, ces âmes en peine étaient oubliées des leurs et leur simple présence répandit sur les vivants une vague de désespoir et de rancœur.



Hina'lys, parle-loa guère accoutumée à la présence de tant de murmures tourbillonnants d'un si grand nombre d'esprits réunis dans un même lieu, fut prise de malaise. Mais c'est Vanhem qui fut le plus affecté par la présence des spectres. Luttant un moment pour garder le contrôle, il ne put résister et fut bientôt submergé et agit brutalement. Tandis que Wa'ai poursuivait les incantations et prières, Sala'jin et Igazi s'interposèrent pour empêcher le fauve de se jeter sur la vieille trollesse et d'interrompre le rituel d'invocation. Lorsque le guerrier gurubashi fut repoussé et mis à terre par un Vanhem déchainé, imprégné d'une force plus vive encore que d'ordinaire, Hinal'ys eut comme un déclic et reprit ses esprits pour venir en aide à ses frères trolls contre le changeforme devenu incontrôlable et proférant des propos incompréhensibles.

Pendant ce temps Zhu Wen tentait d'éloigner et apaiser les spectres, de même que Gomgo, qui tenta de frapper le majestueux gong rouillé pour calmer les âmes avides en les focalisant sur un son tranquillisant connu dans leur vie. Puis il passa aux tambours, s'efforçant de jouer d'un rythme entrainant pour aider ses amis en détresse et attirer leur attention sur lui afin de les éloigner de Wa'ai. Malheureusement, épuisé et isolé, il fut lui submergé par des spectres et tomba soudain au sol, inconscient, ne pouvant qu'être témoin impuissant des esprits hostiles tentant de l'attirer avec eux dans l'Autre monde.


Wa'ai parvint finalement à invoquer l'âme de feu le grand prêtre du makoa loa, Herja des Drakkari, et malgré le chaos ambiant de la scène, parvint à avoir une conversation avec ce dernier. Les autres essayaient de repoussaient Vanhem, littéralement transformé en boule de feu destructrice.



Ce fut finalement l'intervention d'une Pandarène membre de la Dahui, ayant accourue sur l'île en urgence en arrivant à Zouchin et en constatant le déploiement de magie sur l'île du jugement, qui parvint à chasser les ombres spectrales tandis que Wa'ai saluait Herja et que le rituel prenait fin.

Le groupe put ramener Vanhem à la raison avec difficulté, et Sala'jin alla porter secours à Gomgo pour qu'il reprenne conscience et revienne parmi les vivants. Vivement sermonnés par la Pandarène pour leurs actes inconsidérés et leur utilisation d'une sombre magie dangereuse, les trolls jurèrent qu'ils n'avaient pas l'intention de ramener des morts parmi les vivants, ni de ressusciter qui que ce soit, mais qu'ils avaient simplement cherché la sagesse d'un lointain ancêtre paisible pour les guider, de même que l'âme de l'empereur Shaohao guidait encore aujourd'hui les habitants de Pandarie.

Bien sûr les différences culturelles ne pouvaient permettre à la Pandarène d'entièrement comprendre les raison qui les avaient poussé à conduire ce rituel, mais Zhu Wen fit preuve de grande diplomatie et parvint à leur éviter de plus graves ennuis. Le Lotus-crépitant les reconduisit tous près de Zouchin contre leur promesse de ne jamais revenir sur cette île maudite, ce à quoi l'ensemble des trolls acquiesça de bon coeur, n'ayant nulle envie d'y remettre un orteil.

Épuisés physiquement et moralement, pour certains traumatisés des actes commis contre leur volonté, les trolls s'effondrèrent de fatigue dans un coin de hutte ou près d'un maigre feu presque éteint. Malgré la difficulté de la cérémonie, ils avaient réussi. Car Celle-qui-voit avait pu apprendre des informations qui leur permettraient peut-être de les remettre sur une piste pour retrouver les fragments de la Pierre de Vérité.
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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Mer 24 Oct 2018 - 22:23

Quelques jours après être revenus de l'île du jugement, s'être reposés et avoir chassé les frissons qu'ils y avaient ressenti, les trolls se regroupèrent afin de décider de la marche à suivre. Parmi les informations obtenues de la part d’Herja, celui-ci avait révélé avoir ressenti la présence d'un de ses semblables, reclus dans les montagnes de Pandarie. Un drakkari encore en vie? Ici en Pandarie ?! Les sommets de Kun-Lai étant vastes, la décision de retourner au camp grumelot fut prise d’emblée.

Cependant, ils n’eurent pas le temps d’aller plus loin car, agité depuis quelques temps déjà, Terra Viva, l’élémentaire de terre d’Hina’lys, échappa à l'Animashi et s’enfuit seul en direction du nord. Hina'lys partit aussitôt à sa poursuite sans attendre les autres. La voyant partir au quart de tour, Sala’jin, Vanhem et Gomgo la suivirent, l’appelant à la prudence en criant dans leur course, Igazi accompagnant Wa’ai, plus lente. Le trajet suivi par Terra viva aboutit rapidement aux falaises de Zouchin. Gomgo avait sauté dans l'eau là où avait disparu Terra Viva mais ne put retrouver signe de l'élémentaire dans le courant.


Se hissant hors de l'eau en contrebas des falaises, il fut finalement rejoint par le reste du groupe, grâce à Hina'lys qui leur fit nouvelle fois profiter de ses dons pour que tous puissent marcher sur l’eau. Les trolls marchèrent sur les vagues, plein nord, et aperçurent une île plus loin, la jeune parle-loa assurant qu’elle sentait son élémentaire dans cette direction.

Ce qu'ils découvrirent là-bas les surprirent : des troupeaux de navrecornes aux écailles chatoyantes et aux tailles démesurées paissaient tranquillement sur les pentes douces herbeuses de l'îlot. Néanmoins Sala’jin et Gomgo, connaissant les dangers de Pandarie, furent immédiatement sur leurs gardes en découvrant des cadavres d’insectes humanoïdes ailés, les mantides, prévenant les autres de se préparer à s'abriter. Le groupe s'exécuta immédiatement en se cachant dans le creux d'une vieille souche, se mettant ainsi hors de vue d'éventuels insectes volants intelligents mais aussi des troupeaux de navrecorne qu'ils n'avaient guère envie de déranger.


Malgré tout, Hina'lys et Sala'jin restèrent à découvert car Terra Viva n'était pas loin, Hina’lys s’en approchant pour le récupérer. L'élémentaire était perché sur une statue de navrecorne sculptée dans de la pierre précieuse ou peut-être un minerai poli étincelant, au centre de quelques pierres dressées témoignant d'un ancien sanctuaire sacré depuis longtemps abandonné. Lorsque Hina'lys se hissa sur la statue à l'effigie navrecorne pour récupérer son élémentaire farceur, le bloc s'anima soudain faisant bouger sa tête et sa queue, puis ses pattes et finalement tout son corps. Sala'jin tenta de faire descendra la trollesse de là en vitesse mais fut repoussé par le plat d'une longue corne finement ouvragée.

Épiés et appelés par le reste du groupe resté sur le qui-vive et craignant que l'agitation de Sala'jin et Hina'lys sur cette étrange statue mouvante n'attirent des ennuis, Hina'lys parvint à glisser du dos du navrecorne de pierre bleutée en emportant Terra Viva. Préférant ne pas rester plus longtemps sur cette île, ils se précipitèrent tous en direction de la plage pour retourner à Zouchin, mais constatèrent que le navrecorne minéral les suivait de ses pas lourds. Le voyant commencer à rentrer dans l'eau, quitte à s'y retrouver totalement immergé, Hina'lys prit en pitié cette chose qui lui paraissait dotée de "conscience" et lui fit également profiter de son pouvoir pour marcher sur l'eau bien que cela lui coûta beaucoup plus d'énergie vu la masse de la créature.

Plutôt que de retourner immédiatement à leur campement, les trolls obliquèrent vers le sud-est, le plus discrètement possible, pour ne pas créer un nouvel incident avec les Pandarens qui ne verraient surement pas d'un bon oeil l'apparition de cette statue animée, semblable au concept des armées de statues de pierre de leurs anciens tyrans mogu.

Sala’jin put identifier l’assemblage comme étant une offrande faite en l’honneur de Torcali, d'après le nom du loa navrecorne prié par les Zandalari et gravé sur le flanc de la statue. Il prévient immédiatement Hina’lys de s’en méfier, car les Pandarens allaient être suspicieux, ils y reconnaîtraient immédiatement une monture que les Zandalari utilisaient lors de leur invasion. De plus, il était impossible pour l'instant de comprendre comment la statue s'était animée (avait-elle absorbée une portion du mojo d'Hina'lys pour obtenir de l'énergie et se mouvoir après un si long sommeil ?), ni pourquoi elle suivait Hina'lys avec ténacité. Et même s'ils le voulaient, comment s'en débarrasser alors que la sculpture semblait aussi résistante d'un roc ?
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