Héritiers du makoa loa

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 Loin du feu et du sang

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Salajin

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Rôle : Guerrier

MessageSujet: Loin du feu et du sang   Jeu 9 Aoû 2018 - 14:14

Sala’jin regarde le ponton d’embarquement sans rien dire, les expressions de son visage sont cachées par son masque. Les autres sont déjà montés à bord, il ne reste donc plus que lui à embarquer.

Il est temps…

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Avec l’annonce de la victoire de la Horde sur les terres kaldorei et l’incendie de Teldrassil qui en découla, les trolls se regroupèrent en urgence afin de savoir quoi faire. Déjà rendus nerveux suite aux événements avec les Coeurs-Sauvages, la tension à la hutte de Wa'ai monta un peu plus encore.

Que faire ? Comment ? Et où ?


Une chose était sûre, les peaux-roses n’allaient pas laisser passer ça sans réagir. Et leurs représailles seraient à la hauteur du premier sang versé par la Horde. La vindicte serait à la hauteur de leur colère. Mais où allait-elle frapper ? L'Alliance avait l'avantage de connaître Orgrimmar pour avoir participé à son siège, elle en connaissait donc l'agencement, les défenses et les points faibles. C'était un atout considérable. Si l'Alliance débarquait sur les côtes de Durotar, les Tarides ne tarderaient pas à devenir un champ de bataille et les Héritiers se retrouveraient au milieu des hostilités contre leur gré.

Une fois au milieu des tirs croisés et des combats, il serait difficile d'évacuer la vieille prêtresse et sa précieuse savance. Il valait mieux prendre des dispositions avant que la guerre n'atteigne la hutte. Mais pour aller où ?

Plusieurs propositions furent envisagées, mais toutes avaient pour but de s’éloigner du conflit au plus vite. Strangleronce (songeant que l'Alliance n'aurait pas pour priorité de combattre la Horde dans cette jungle), Un'goro (auprès de la tribu d'Hina'lys, mais jugé trop proche de Silithus convoité par les deux factions) et la Pandarie furent évoqués. Cette dernière destination avait le mérité d'être sur un continent qui n'appartenait ni à l'Alliance ni à la Horde. Les deux factions en avaient déjà pillé toutes les ressources antérieurement, et les Pandarens veillaient à présent à préserver leur tranquillité.

Néanmoins, en prenant en compte le nombre de personnes, les affaires de la hutte de Wa'ai et montures à transporter, le prix du trajet requérait une somme largement plus importante que leurs maigres moyens, eux qui étaient plus habitués au troc qu'à l'utilisation de la monnaie. Les gobelins de Cabestan demandaient tout simplement trop cher. Un portail à Orgrimmar pouvait être utilisé, mais en se départissant de tous les objets encombrants contenus dans la hutte.

Jilanthy proposa de demander l’aide de Zagethia Hache-Vive, l’orque qui les avait aidés plusieurs fois en Tanaris et chez qui Jilanthy avait séjourné pour sa convalescence récente, car propriétaire d’un bateau... à l’équipage hétéroclite comme elle s’empressa d’ajouter. Il était en effet composé d’elfes, d’humains, trolls, gnomes et même d’un mort-vivant comme chef cuistot (ce qui arracha pas mal de grognements septiques). Avec cette solution, le prix de la traversée serait bien moindre mais encore fallait il que l’orque accepte de transporter tout leur petit groupe en Pandarie.

Celle-ci fut rapidement contactée par Jilanthy et accepta de les emmener à destination, au grand dam de Sala'jin qui tenta de dissimuler une angoisse croissante. L'orque effectuait de temps en temps des voyages jusqu'au continent pandarien, ce qui leur permettrait en outre de pouvoir compter sur elle pour un éventuel retour... si la guerre cessait.

Néanmoins, tout le monde ne serait pas du voyage. Ils durent accepter le fait qu’Acrae ne pourrait pas les accompagner car étant Sombrelance, son attachement à sa tribu, son village et son grand-père lui interdisait de les abandonner en arrière alors que la guerre menaçait de les consumer dans les flammes. Jum’sha choisit de rester avec elle.

Sala’jin quant à lui dut faire le choix inverse : ne pouvant laisser Wa’ai, Igazi, Jilanthy, Vanhem et Hina’lys partir seuls. Son rôle de protecteur lui dictait de prendre part au voyage afin que tous soient à l’abri. La savance accumulée de Wa’ai sur le loa oublié ainsi que sur les différentes tribus au cours de leur périple ne devait pas être perdue.

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La Pandarie. Rien que de penser y remettre un orteil, il est nerveux, et sait que ce ne sera que le début.
Pourtant une partie de lui sait que c’est une destination sûre pour eux. Suffisamment éloignée des zones dangereuses, la présence de quelques portails maintenus en place dans certains lieux leur permettant aussi d‘avoir des nouvelles si besoin rapidement.

S’avançant vers le ponton, il jette un dernier regard vers Jum qui est venu leur dire au revoir. Acrae quant à elle est absente, il s’en doutait un peu. L’équipage hétéroclite, dont le capitaine est une gnome gueularde et le timonier un troll, finit de hisser les derniers bagages et de les descendre en cale.

Ce n’est pas comme la dernière fois que tu y es allé…

Les voiles finissent enfin par se gonfler, Jum’sha resté seul sur le quai leur adresse un dernier signe, devenant de plus en plus petit à mesure que le deux-mâts prend le large.

Tous regardent Kalimdor s’éloigner. Vanhem sous son étrange forme de félin soutient Wa'ai. Igazi, Jilanthy et Hina’lys semblent un peu plus à l’aise. Wa’ai est accrochée au bastingage, elle semble aussi ravie que lui de prendre la mer, et de ce qu’il sait d’elle, il se doute que le voyage ne sera pas de tout repos non plus.

Ce n'est qu'un éloignement temporaire, nous reviendrons !

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Hina'Lys

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MessageSujet: re: Loin du feu et du sang   Jeu 9 Aoû 2018 - 17:48

Ce jour-là, Hina'lys se réveilla à cause de l'odeur de la fumée. Elle sortit de la petite hutte sur la côté Ouest des Serres-rocheuses qu'elle habitait depuis peu et monta sur le dos du coursier du vent qu'elle avait loué à Orgrimmar. Elle suivit la fumée et découvrit une chose qui la traumatisa : au loin sur l'horizon de la mer, l'immense arbre des elfes était en feu. En contemplant médusée ce spectacle effarant, elle progressa jusqu'à survoler les sombrivages elfes. On en entendait crier, paniqués, d'autres pleuraient, puis un silence de mort s’abattit devant l'arbre crépitant. Elle se posa sur la plage nimbée de cendres et entendit deux troll parler :

" T'as vu, la cheffe de guerre elle a fait brûler leur arbre, à ces dégénérés.
- On devait pas juste l'occuper ?
- Oui mais là au moins, y a aucune chance qu'ils nous le reprennent, Sylvanas a bien fait.
- Puis ça fait des elfes en moins sur le monde. "


Elle murmura à sa monture et s'enfuit de l’épais nuage de fumée, elle vola droit vers le sud. La morte était devenue folle il fallait prévenir la prêtresse immédiatement, elle ne pouvait pas rester si près de la guerre. Pourquoi tout le monde n’était pas aussi pacifique que les hommes-ours ? Peut-être le pays de ces hommes-ours pouvait être la nouvelle destination de la prêtresse.

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"Pays-des-brumes-levées" l'avait appelé la prêtresse.

Fouillant dans les multiples poches de sa jupe, la jeune trollesse se fustigeait intérieurement. Premièrement elle n’était pas assez bien préparée, elle n'avait pas de bâton de réglisse pour le mal de mer de la prêtresse, sa mage royale était toute mouillée comme les autres de ses plantes, et aurait moisi d'ici leur arrivée au pays des homme-ours. Mais surtout elle s'en voulait...

Tout le trajet elle essaya de parler seule à seule avec le Gurubashi, encore et encore, mais le bateau était petit, elle ne voulait pas lui parler dans la cale de peur que on écoute à travers les cloisons de bois ou dissimuler derrière des caisses. Et sur le pont il y avait presque constamment Van et la prêtresse, tandis que ceux qui contrôlaient et faisaient avancer l'embarcation en occupaient chaque autre recoin. Bref un bateau n'a aucun endroit "intime", elle passa donc le voyage à se blâmer d'avoir donner cette idée du pays des hommes-ours... car c'était bien elle qui l'avait suggéré.

Là où se trouvaient les traumatismes du troll qu'elle avait appris à apprécier peut-être un peu plus que de raison.


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Lorsqu'ils débarquèrent il était relativement tard, il fallait trouver un endroit pour dormir, se reposer du mal du voyage et du manque de sommeil qu'il avait engendré. Instinctivement la trollesse serait allée dans la forêt proche, mais le guerrier et la prêtresse prirent la direction d'une maison de bambou qui sentait affreusement bon, elle suivit donc le groupe. Dès leur entrée tous les hommes-ours arrêtèrent ce qu'ils faisaient pour les observer fixement, elle en vit même un poser sa main sur son couteau de table... Elle se mit entre lui et la prêtresse mais plus ça allait plus elle était mal a l'aise, effrayée par ces inconnus, aux coutumes inconnues, à la langue incompréhensible.

Pendant que le Gurubashi essayait de les faire passer pour une famille sombrelance en vacances (alors que la seule sombrelance de leur groupe était restée sur Kalimdor), elle demanda la permission de sortir rejoindre Vanhem et le loup de la prêtresse restés dehors. Elle rejoignit l'Oublieux, changé en ours de bât, et comme elle le faisait petite avec son père enfouit son visage dans les poils rêches de son cou.

Quand le groupe ressortit, un petit debriefing et déballage des affaires s'imposa, ils étaient présentés comme une famille. Faudra peut-être se mettre d'accord sur les liens de parenté avant qu'on ne leur pose des questions. Puis tout le monde alla se reposer. Van partit à la chasse au rongeur pour se remplir la panse et s’endormit sur un tronc, Wa'ai rentra dormir sur les hamacs en filet que leur avait préparé la Pandaren avec qui Sala'jin avait marchandé, pendant qu'Igazi allait inspecter les environs.

Sala'jin voulait veiller, et c'était le moment idéal pour la jeune soeur des éléments de s'excuser, de lui demander comment il allait, et surtout de se détendre, car bizarrement elle ne se sentait réellement en sécurité qu'en sachant le guerrier protecteur aux aguets près d'elle. Elle s'endormit donc dehors sur le rebord de l'auberge en pleine discussion.
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Wa'ai
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Localisation : Hutte des Tarides
Rôle : Grande prêtresse du makoa loa

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Ven 10 Aoû 2018 - 11:17

La vieille trollesse se cramponnait au bastingage, les phalanges blanchies d'être crispée ainsi pendant des heures entières sur le bois humide. La traversée était une torture de chaque instant. Elle tentait de penser à autre chose, mais il lui était impossible de réfléchir. Un flot de souvenirs douloureux et un mal terrible niché au creux de son coeur l'empêchaient de se concentrer sur quoi que ce soit d'autre. Ballottée par le tangage, pourtant relativement doux accordé par une météo clémente, du deux-mâts de Zagethia, Wa'ai s'efforçait de paraître stoïque.

Déjà dans les jours qui avaient précédé le départ, l'angoisse montait, peu à peu, mais sa fébrile occupation à trier, ranger, empaqueter et harnacher les affaires contenues dans la hutte sur Etash, avait réussi à canaliser ses pensées sur le présent, sur l'immédiat qui requérait son attention pour ne rien oublier et correctement emballer les objets les plus fragiles.

Deux lourdes tablettes en pierre gravées d'inscriptions en proto-zandali, des parchemins, des poteries, des paniers tressés contenant de multiples pots et flacons contenant eux-mêmes des ingrédients variés, des encensoirs et des bougies, un tambourin, une longue pic surmontée d'un joyau bleuté de grande taille, un petit coffret solidement scellé, les fragments détachés de son autel sacré, deux fourrures, un tapis, une couverture cousue en patchwork... Ne furent laissés sur place que les affaires les plus lourdes, difficilement transportables comme les grands tambours et le gong. En quelques heures, ce refuge, qu'elle avait passé des années à aménager, avait été vidé de tous les biens qu'elle avait constitué au fil de sa vie d'apatride dans le nouveau-monde.

En quittant la hutte, elle eut l'impression de la revoir telle qu'elle lui avait été présentée à son arrivée : vide de vie, isolée, silencieuse. Longtemps elle y avait vécu seule et recluse, mais à présent si elle fermait les yeux, elle imaginait le feu crépitant de l'autre côté des peaux tendues, et quelques trolls s'y rassemblant au gré de la fraicheur du soir pour discuter de tout et rien. Si bien qu'il lui était très pénible à l'instant de partir, de condamner ce petit repaire au calme morne de l'abandon.

Ainsi, toute l'organisation du départ, les sentiments mêlés d'inquiétude de la guerre, de mélancolie et de peur pour l'avenir avaient réussi à tenir ses pensées écartées du voyage qu'elle redoutait. Mais désormais, tout autre émoi l'avait quitté et seul tambourinaient violemment dans sa tête les images d'un autre voyage en mer, dans d'autres conditions. Le pire, c'était cette odeur iodée qui lui donnait le vertige. Cette suffocante odeur de sel, imbibée partout, sur la peau, les cheveux, sur les lèvres, et que la langue goûtait à chaque fois qu'elle passait dessus. La prêtresse se devait de le reconnaître : elle préférait mille fois mieux voyager à bord des zeppelins gobelins. L'odeur d'huile et des bruits des turbines et des hélices étaient bien enviables à l'humidité et l'iode écœurante des embarcations maritimes. Les autres la pensaient atteinte du mal des eaux, et elle ne chercha pas à les contredire.

Zagethia avait eu la gentillesse de lui proposer une cabine sous le pont, mais c'était encore pire, elle préférait rester à respirer l'air extérieur. La pénombre et l'enfermement lui rappelaient trop vivement le lancinant souvenir de sa captivité, cloîtrée dans un renfoncement de la cale, dans l'obscurité totale qui n'était percée que par une chandelle annonciatrice de plus grands maux encore.

Manquant de s'effondrer sur le pont, les genoux flageolants, la main de Wa'ai se referma sur la fourrure rêche et poisseuse de sel de Vanhem transformé en fauve. L'Oublieux restait constamment non loin de la vénérable trollesse, même quand les autres dormaient. Une fois encore, ayant vu son malaise, il s'était approché pour la soutenir silencieusement. Elle lui en fut gré d'un regard : elle ne devait pas flancher. Restant dignement sur ses deux jambes, la prêtresse reprit une inspiration en observant le soleil levant à l'horizon, sur lequel ils faisaient cap. Elle devait tenir encore, leur destination n'était plus très loin.
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Jilanthy

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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Sam 11 Aoû 2018 - 13:26

La druidesse avait été discrète tout le long du voyage. Elle avait été contente que l'orque accepte de les aider. Elle passa tout le voyage dans la cale là où ça secouait le plus, près des biens et reliques trolles, bien harnachées. Elle ne craignait pas le vol non, mais un accident peut vite arriver. Tout du long, elle était restée silencieuse, dans sa tête se mélangeait le sentiment d'excitation de la découverte d'un nouveau continent, et l'appréhension qui allait avec. Quels dangers allaient rencontrer les trolls ? Est-ce qu'ils trouveraient un endroit où s'installer provisoirement, en attendant que les choses se calment ? Ces questions lui trottaient dans la tête. C'est donc en forme de félin que Jilanthy fit tout le voyage.


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Sur le pont, au niveau du gouvernail, le troll observait avec attention la mer, Zol'Ghai, c'était son nom prenait les vagues de telle sorte que le bateau ne tanguait pas trop fort. Il avait remarqué que les trolls n'étaient pas très à l'aise. Il avait demandé à ce que les voiles ne soient pas au maximum. Même si le navire filait à bonne allure, le timonier savait pertinemment qu'il en avait encore dans le ventre, en cas de mauvaise rencontre.

De temps à autres, il jetait un regard sur la capitaine gnome, guettant la direction de son regard. Dès qu'il voyait qu'elle fronçait les sourcils, il se mettait à regarder dans la même direction, analysait et agissait en conséquence. Soolie repérait surtout les plus grosses vagues pouvant arriver de travers.

Après quelques jours, le navire arriva dans des eaux plus clémentes, la Pandarie n'était plus très loin. A côté du troll, la Capitaine Soolie et Zagethia :

"- Pas une voile à l'horizon, on a pas croisé un seul navire, dit la gnome en fronçant les sourcils.
- Pas le moindre vaisseau de l'Alliance faisant barrage, répondit l'orque. On en a pas croisé un seul. Où ils sont tous ?
- De l'autre côté ? demanda le troll. L'arbre il a brûlé de l'autre côté, pas là où le navire il est parti.
- Mais les représailles, repartit Zagethia ? On a même pas vu même très loin de nous la moindre voile d'un quelconque renfort.
- Tant mieux pour nous, sourit Soolie, au moins, le voyage est calme. A moins..."

La gnome garda le silence, fixant un point au loin, dans ses pensées.

"- A moins que l'Alliance n'attaque pas Orgrimmar.
- C'est la capitale de la Horde, dit l'orque.
- Mais pas la ville de la vile banshee.
- La Capitaine elle pense à Fossoyeuse ?
- Peut-être, je sais pas, je suis pas dans la tête du blondinet."

Puis les trois gardèrent le silence. Tous savaient que le monde ouvrait une nouvelle page, un nouveau chapitre, un chapitre sanglant de son histoire. L'orque soupira un grand coup. Ils allaient profiter d'être en Pandarie pour faire le plein d'épices, de fruits secs et légumes secs avant de rentrer. Il fallait attendre que le gros de l'orage passe.
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Wa'ai
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Localisation : Hutte des Tarides
Rôle : Grande prêtresse du makoa loa

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Lun 13 Aoû 2018 - 16:06

Une trollesse à crête blonde était installée dans le sable humide, plongée dans la contemplation aveugle de l'archipel face à elle, les orteils immergés toutes les quinze secondes par le remous des vagues venant s'écraser long de la plage de Sen'jin.

Son corps immobilisé dans une léthargie apathique et son regard absent posé sur la surface de l'eau dissimulaient complètement le bouillonnement tempétueux qui se déchainait dans son esprit.

Sylvanas n'a pas tenu la promesse qu'elle avait formulé lors de son accession au titre de Chef de guerre. Elle n'a pas combattu la Légion, au lieu de ça, elle a mené ses petites affaires dans les îles sans prendre part à l'assaut sur la tombe de Sargeras aux côtés des armées du Déclin. Elle n'a pas non plus mené les troupes de la Horde sur le monde des démons pour venger Vol'jin, ni pour venger les Réprouvés et les Orcs, et tous les peuples de la Horde que la Légion Ardente avait manipulé ou décimé. Elle s'était visiblement vite départie de son faux-enthousiasme à annihiler des démons quand elle avait pris conscience du risque de mort imminente auquel cela pouvait l'exposer.

Et puis...

Acrae s'en voulait d'avoir cru, dans un instant d'égarement, que Sylvanas pouvait se soucier de Kalimdor et de la survie des peuples y vivant, menacés par le Totem Rouge Géant de Silithus dont l'ombre angoissante planait sur le continent. Elle avait d'abord cru pendant des mois, que si la Horde cachait ses actions dans le désert du sud, c'était pour y comploter de sombres desseins. Mais au début de l'été, la brusque interruption de magie écarlate suintant de cette construction avait réussi à lui faire croire, finalement, que la volonté de la Reine-banshee avait toujours été de percer son mystère pour en contrer le maléfice et que les efforts de longue haleine de la bannière rouge sur place avaient fini par payer.

Quelle illusion ! Sylvanas n'avait cure du bien-être des habitants de Kalimdor ! Elle avait méticuleusement préparé un assaut pour remettre le continent à feu et à sang. Le rêve de Vol'jin, fermement inscrit dans l'âme de la jeune Sombrelance, était d'établir un foyer, où la tribu pourrait vivre paisiblement, et qu'il faudrait entretenir et protéger au fil des générations pour construire peu à peu une félicité quotidienne, loin de la haine des autres tribus de Strangleronce, loin des humains.

Mais la Dame Noire ne savait pas bâtir, seulement détruire. Aussi avait-elle décidé de déclencher la guerre. Parce que sans ennemi populaire (la menace démon étant écartée), la cheffe de guerre ignorait comment souder les peuples de la Horde. Dans sa froide carcasse dépourvue de toute empathie, elle était convaincue que seuls l'instinct de survie et la crainte d'être annihilés pouvait conduire les peuples de la Horde à se "serrer les coudes". Elle avait également besoin d'occuper leurs esprits aisément manipulables sur une cible, un objectif, afin qu'ils n'aient pas l'occasion de remettre en question son autorité et sa place sur le trône d'Orgrimmar. Une guerre contre l'Alliance était donc indispensable.

Et à cause de cette grognasse, et face à la menace de représailles de l'Alliance sur Kalimdor, Celle-qui-voit avait dû partir précipitamment. Acrae, quant à elle, n'avait eu d'autre choix que de rester. Combien de temps seraient-ils ainsi séparés ? Quelques semaines ? Quelques mois ? La chasseresse priait les loas pour que la guerre trouve rapidement un terme, qu'une rébellion éclate contre la folie de la Décérébrée-Décharnée. Mais elle savait que ce ne serait plus aussi simple. Même si la Horde se désolidarisait maintenant des actions de Sylvanas, l'ancien roi humain avait été clair : il n'y aurait pas de seconde chance. L'Alliance avait toléré une fois que les actes bellicistes du chef de guerre de sinistre mémoire ne représentaient pas la volonté de l'ensemble de la Horde, mais elle avait été ferme : si la Horde échouait à nouveau et tombait dans l’opprobre et le déshonneur, il n'y aurait plus jamais de clémence, juste l'extermination.

Sylvanas savait cela. Elle se savait donc à l'abri : mis devant le fait accompli de l'anéantissement de la capitale elfique, les peuples de la Horde n'auraient pas d'autre choix que de combattre contre la bannière bleue pour se sauver de l'anéantissement. La Horde avait failli à sa parole et allait en payer le prix. La Horde avait prouvé qu'elle n'était pas capable de vivre en paix avec les autres peuples partageant Azeroth, car elle voudrait toujours étendre ses frontières à leurs dépens. Même se rebeller et détrôner la Reine-zombi maintenant ne suffirait pas convaincre l'Alliance de cesser les hostilités, car elle avait déjà eu une chance de faire ses preuves et n'en aurait pas une deuxième.

C'était à la Horde à se réguler à temps ; de suivre un chef digne et honorable ; d'être convenablement représentée. Or elle ne l'avait pas fait. Tout avait découlé de ce choix fatidique, apparemment stipulé par Vol'jin dans ces derniers instants. Il aurait fallu immédiatement le remettre en question, changer la façon dont était géré la Horde, créer un "conseil des chefs des différents peuples de la Horde" au lieu d'un unique chef prenant toutes les décisions sans consulter les autres. Acrae n'avait eu de cesse de controverser la présence de la Reine-zombi à la tête de la Horde auprès des siens, mais elle n'était pas parle-loa, son avis n'avait aucun poids. Personne n'écoutait, et les Sombrelances étaient sans chef pour parler en leur nom. Quant aux autres chefs des peuples de la Horde, ils avaient simplement fermé les yeux et fait le trotteur en enfouissant la tête dans le sable.

Quelques paroles éparses prononcées par Vol'jin, du temps où il dispensait sa sagesse dans les îles de l’Écho à l'attention de sa tribu, lui revinrent en mémoire. Il n'était possible de prendre les bonnes décisions pour l'avenir, qu'en ayant connaissance et en acceptant la réalité présente telle qu'elle était, et pas telle qu'on la désirait ou l'imaginait. Baine Sabot-de-sang et les autres n'avaient pas pu éviter la déclaration de guerre manigancée par Sylvanas dans leur dos, parce qu'ils s'étaient voilés la face depuis son accession au pouvoir, refusant d'admettre la réalité du danger qu'elle représentait, convaincus dans leur orgueil de pouvoir contrôler la Reine-zombi ou de pouvoir la destituer avant un drame... et en conséquence ils n'avaient pas pu prendre la bonne décision à temps, condamnant par cette indolence l'avenir de leur peuple.

Fossoyeuse était tombée, détruite. La bannière bleue avait apparemment envoyée une armada sur place. Quelle serait la prochaine étape ? Lune-d'Argent était la plus proche, et également exposée à un débarquement maritime. Et ensuite ? Orgrimmar où Sylvanas avait réussi à se retrancher après avoir échappé aux griffes du Fils-Loup ? La ville orque avait soudain connu un regain de population de cadavres ambulants. Certains s'étaient même installés juste derrière la Queue de la Wyverne ! Beaucoup de soldats de la Horde n'étaient pas revenus du front de Lordaeron, notamment le vétéran Varok Saurcroc, mais les survivants, tels des fantômes errants livides, semblaient frappés d'un mutisme sinistre et renfrogné. Il faut dire qu'Acrae ne s'était pas attardée dans la ville qui lui foutait à présent des frissons dans le dos, malgré la chaleur ambiante, et avait terminé ses quelques emplettes rapidement. Une attaque destructrice pouvait frapper à tout moment et la jeune trollesse craignait d'entendre les cors d'alerte consignant les habitants dans le dédale de la Faille de l'ombre.

Quand la guerre arriverait sur ces rivages, Acrae voulait être prête pour une évacuation avec les autres civils. Ne pas être prise en otage ni exposer son papé aux canons des navires de l'Alliance. Les Sombrelances avaient d'abord fuit Strangleronce, puis leur île des mers du sud... ils pourraient recommencer et reconstruire ailleurs. Une tribu existe tant que l'un de nous vit, qu'importe l'endroit.

La rivière a beau être à sec, elle garde son nom. Qu'importe où nous nous établirons, qu'importe où nous conduira l'avenir, notre désœuvrement, notre débâcle, tant que nous conservons notre forme intrinsèque - nos traditions et nos principes - nous serons toujours nous-mêmes.

La présence d'un troll à l'imposante crinière rouge qui s'assit lentement à côté d'elle dans le sable tira la Sombrelance de ses pensées. Il ne l'interrompit pas, ne lui parla pas, mais glissa simplement un regard vers elle et le poids sur son coeur sembla soudain moins lourd à porter.
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Jum'Sha

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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Lun 13 Aoû 2018 - 17:03

Avec un petit bout de bois, Jum'sha grattait la cheminée de sa pipe. Le départ de ses amis pour la Pandarie l'avait laissé dans une léthargie lui aussi. Il rasait les murs, parlait peu. Son masque n'avait plus trôné sur son visage, comme s'il ne s'en sentait plus digne. Il regarde la trollesse blonde à coté de lui, lui offrant un sourire assuré. Il était préférable de paraître sûr de soi, ne pas ajouter plus de stress qu'il n'y en a déjà dans Sen'jin. Il avait prit note que sa présence savait calmer les angoisses de sa compagne et lui même était plus apaisé près d'elle mais les mêmes tourments fourmillaient dans sa tête encore et encore.

***

La veille du départ, près de la hutte, en compagnie de Sala'jin et Wa'ai, Jum'sha avait soulevé ce qui dans sa tête sonnait comme le problème d'absence d'enseignements pratiques par Wa'ai en remettant en doute l'existence même du Makoa loa. Si Wa'ai disparaît et personne ne sait plus parler au loa oublié, quelles preuves nous resteraient-elles? Il savait que sa position, aucun troll n'y parvenait sans faire preuve d'une réelle foi, mais comment apprendre, convaincre, si ses paroles ne passent que pour les élucubrations d'un troll que l'exil a rendu fou? Wa'ai semblait excédée d'entendre ce genre de propos et elle se retirait sans en dire plus. Sans même le salut habituel d'avant dormir. Pour plusieurs raisons l'oracle a parfois grondé le Scalp-rouge, mais ce qu'il craignait le plus étaient ses silences. Lorsqu'elle ne disait rien c'est qu'elle était vraiment déçue, tout ce qu'elle pouvait dire ne serait jamais aussi violent que ce qu'elle pensait.

Lorsqu'il était venu assister au départ des Trolls sur le bateau de Zagethia, chacun l'avaient salué différement. Igazi et Sala'jin avaient étreint le Troll et vu dans les fentes de son masque ses yeux humides. Jum'sha était pudique dans ses émotions donc il souriait simplement et leur rendait leur étreinte, leur souhaitant bon voyage. Vanhem et Hina'lys ne s'étaient pas épanchés dans de longs adieux, c'est à peine si la soeur des éléments lui avait adressé un signe. Il avait conscience d'être quelqu'un de peu engageant voire antipathique donc il n'en prenait pas ombrage. Quand Wa'ai, montée sur son loup approchait du Troll, elle observait une certaine distance, souhaitant simplement bonne chance à Jum'sha. L'échange s'était arrêté là, elle monta sur la rampe et il ne la vit plus.

Depuis il s'était emmuré dans un mutisme qui lui ressemblait déjà beaucoup mais son masque restait pendu à sa ceinture et il passait moins de temps à ses autels. Il les entretenait et accueillait parfois les Sombrelances curieux mais sitôt qu'il quittait cette enceinte il enlevait son masque.

***

Le voilà assis sur la plage de Sen'jin en compagnie d'Acrae et même si elle lui apportait la paix dont il avait besoin, le contexte mondial apportait un stress grandissant chez les Sombrelances qui voyaient parfois mal la présence d'un troll Scalp-rouge parmis eux. Il a conscience d'être ménagé probablement parce qu'il est entré dans les bonnes grâces d'Acrae et d'Oghun qui ont conscience qu'il a laissé les Héritiers pour veiller sur eux et les Sombrelances. Si la bannière bleue attaque, il ferait tout pour que sa deuxième famille survive.
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Salajin

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Rôle : Guerrier

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Lun 13 Aoû 2018 - 18:03

Installé sur le ponton de la petite cabane trouvée par Vanhem, il ne parvient pas à trouver le sommeil. Distraitement il tente de se calmer en taillant un morceau de bois, depuis qu’il est arrivé il a du mal à se reposer correctement. Les souvenirs qu’ils pensaient bien enfouis grâces aux années passées loin d’eux n’ont finalement pas servi à grand chose. Il est en train d’en subir un bon retour de bâton.

Si Hina a effectivement une potion pour m’aider à dormir, va falloir que je lui en demande rapidement… Mais au moins on va bouger.

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Plus tôt dans la soirée, Igazi, Vanhem, Hina’lys, Wa’ai et lui-même se sont posés sur le ponton de la cabane afin de pouvoir enfin parler avec plus d’intimité que dans une auberge pandarène.
L’Animashi et l’Oublieux avaient enfin pu en apprendre plus sur cette fameuse quête de savance qui l’animait depuis quelques temps déjà, retrouver les autres morceaux de la tablette récupérée par lui et Acrae dans Zul’Gurub. C'est d’ailleurs à ce moment qu'il avait rencontré Wa'ai dans les Tarides.

Les précédentes expéditions à Zul’Aman, Zul’Farrak et Zul’Drak n’ont rien donné, tout simplement parce qu’ils ne savaient pas où chercher exactement. Cette savance étant ancienne et oubliée de beaucoup, il n'était donc guère étonnant qu’ils n’arrivent pas à trouver immédiatement.
Mais si Zul’Drak n’avait pas permis de trouver un fragment de tablette sur le loa Oublié, il avait pu ramener un bouclier qui appartenait à un protecteur au service d’Herja, l’un des premiers prêtres du loa Oublié ! Et grâce à cela, Wa’ai avait pu récupérer les dernières traces de mojo émanant du bouclier.

La vieille trollesse précieusement conserver ce reste de mojo afin de pouvoir invoquer et interroger Herja, mais pour cela il n’aurait qu’un seul essai et surtout il leur faudrait un lieu chargé en magie ancienne, ou bien un lieu où le sang des Drakkari ait imprégné la terre, pour remonter au sang de leur ancêtre, ce vieux prêtre de leur tribu.
C’est précisément à ce moment qu’il sentit ses entrailles se nouer, comme un jeune troll incapable d’affronter ses peurs, il se maudit à nouveau cette faiblesse qu’il ne parvenait à surpasser.

Je sais où l’on peut trouver ça...
Je ne veux pas y aller…


Une bourrasque le frappe plus fortement que les précédentes, il n’a pas fait attention, le vent s'est levé, les nuages plus nombreux. A ses pied il se rend compte qu’il a complètement épluché le bois sans en tirer une forme quelconque.

Va falloir te secouer mon vieux. T’es plus un trollion !
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Hina'Lys

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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Ven 17 Aoû 2018 - 10:15

Plus la jeune trollesse passe du temps dans le pays des homme-ours, plus elle se détend, les cours de maniement de hache avec Sala'jin et les remontage de bretelles de celui-ci lui permettent de s'en vouloir un peu moins, surtout une phrase de la prêtresse :

"Alors que nous avons extrait l'infime trace de mojo du bouclier ramené du Norfendre par Sala'jin, nous devons venir ici, ce n'est pas une coïncidence et ça pourrait nous rapprocher du makoa loa. "

La jeune fille aux cheveux roses se dit que son envie subite d’être au calme chez les hommes-ours lui vient peut-être d'une inspiration de ce loa que tous cherchent. Une fois de plus c'est au guerrier qu'il faudra s'en remettre car il connait le lieu qui pourrait convenir au rituel.

Alors qu'elle priait les Quatre et plus particulièrement le Vent dans un petit autel pandaren en haut d'une colline, accessible uniquement en volant ou en escaladant, Sala'jin vint la trouver, lui demander si elle avait toujours de quoi faire sa potion pour dormir. Hélas elle venait de trier ses poches à herbes et celles qui entraient dans la composition des deux potions, celle qui détend et celle qui fait dormir, avaient moisi à cause d'un bain forcé dans la baie de Sen'jin la veille du départ. Elle étair donc partie en recherche d'une personne pouvant lui apprendre le nom et l'usage des plante de Pandarie.

Son voyage imprévu lui prit plusieurs jours. Elle ne trouva personne jusqu’à arriver au monastère d'un village nommé Fleur-de-l'aurore. Elle passa de nombreux plusieurs jours à apprendre les recettes et les noms des plantes. Heureusement sur ce point-là la sœur des éléments avait tendance à avoir une mémoire instantanée. Quand elle revint au village, il s'était passé  deux semaine qu'elle avait consacré à cet apprentissage et s’attendait à retrouver un Gurubashi bien énervé qui l’accueillerait surement en ronchonnant. Dire qu'avant de partir elle pensait que leur amitié évoluait un peu... partir seule quand on sait pas vraiment se battre n'était pas forcement l'idée la plus intelligente qu'elle ait eu.
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Jilanthy

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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Ven 17 Aoû 2018 - 16:12

Alors c’est comme ça que le monde il va s’écrouler ? A cause d’une elfe morte qui brûle la maison d’autres elfes ? Le troll eut un petit rire moqueur. Les elfes ils étaient la cause de l’éclatement des continents et c’est par eux que la guerre reprenait, encore une fois. Qu’ils soient Morts-qui-marchent ou vivants, les elfes ils restaient des elfes.

Accroupis en haut d’une colline surplombant la hutte, Jibsu observait le paysage, s’attendant à tout moment à des bruits de guerre au loin. Mais rien. Il n’avait pas accompagné les trolls en Pandarie, même s’il avait eu envie de découvrir l’endroit où nombre de ses sœurs et frères avaient péri en croyant à une chimère. D’un autre côté, il ne pouvait pas non plus rester à Sen’Jin avec Acrae et Jum’sha, il était pas bleu lui, il était vert. Alors, il était resté près de la hutte, la surveillant à l’aide de ses animaux. La hutte elle était pas abandonnée, son ours ou son lynx y patrouillait et lui-même allait faire le ménage, comme ça, quand la grande prêtresse elle reviendra, elle pourra à nouveau y vivre.

De temps à autre, il regardait vers le ciel. Les volatiles ne semblaient pas inquiets, ils ne sentaient rien de grave venir. Le troll soupira. Regardant vers le sol, il attrapa un morceau de bois mort et à l’aide d’une fine dague, entreprit de graver méthodiquement une tête d’ours. Quand il pensait à l’histoire du monde, telle qu’il la connaissait, plus ça allait, pire c’était. Entre le gros truc que la Wa’ai elle appelait totem géant et la guerre qui venait d’éclater, il n’y avait pas de quoi être optimiste. Et c’était les morts eux-mêmes qui commençaient. Il manquerait plus que l’elfe maudite elle utilise la peste comme celui qui l’avait tué, le blondinet devenu zinzin, il y a plusieurs années.

Le troll soupira à nouveau en secouant la tête. Qu’est-ce que les loas ils voulaient que les trolls fassent ? Dans ses pensée, il ne vit ni n’entendit le lynx s’approcher, s’arrêter, s’asseoir pas loin et le fixer de son regard émeraude. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’il se rendit compte de la présence de l’animal, levant la tête, il lui dit :

« La Hizzlaa elle veut aller chasser ? »

Le lynx continua de le fixer mais ouvrit la gueule et poussa un léger grognement. Le troll sourit et se leva. Il ramassa son arc, et suivit par le félin, il se dirigea vers la plaine et entreprit de rechercher des traces. Ils allaient chasser le trotteur, il savait qu’Hizzlaa aimait beaucoup cette viande.
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Jum'Sha

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MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Dim 19 Aoû 2018 - 4:09

Depuis quelques jours Jum'sha faisait des aller-retour entre son autel et la hutte de Wa'ai. Ce soir là il avait embarqué sur sa nâvrecorne plusieurs fournitures en bois taillés et peints. Il guidait Voyembi à la bride, elle se contentait de le suivre docilement. Arrivé à la hutte, il enleva le mors de sa monture et la débarassa du bois embarqué. Il ramena le tout à l'intérieur et constate que la poussière ne s'accumule pas. Jibsu s'occupait probablement de l'entretien, Voyembi semblait reconnaître l'odeur du troll amani auquel il l'a confié pendant son absence. Il n'avait pas pensé que d'autres trolls avaient été laissés derrière au départ de Wa'ai. Peut-être fallait-il faire quelque chose... Ca tombe bien, il espérait apporter sa pierre à l'édifice. Il remarqua facilement l'emplacement de l'autel de la hutte, son absence laisse une terre nue. Il déposa la base d'un nouvel autel au même endroit.

Dehors, à la lueur du feu durant la nuit, il avait calé une plaque de bois entre ses jambes et s'est mis à la tailler, la graver. Le Troll faisait fonctionner sa mémoire. L'effigie du Makoa loa était particulière, il fallait y reconnaître une figure bienveillante et puissante. Dans un style tiki, il fallait aussi reconnaître le géniteur des Trolls, il fallait ajouter des défenses... Cette nuit était rythmée par le souffle lourd et lent de la nâvrecorne endormie non loin et, à plusieurs reprises, Jum'sha s'était adossé à l'imposante bête pour dormir une dizaine de minutes, reprenant toujours son travail ensuite. Il avait déjà dressé un autel similaire, mais bien plus petit au sommet de sa colline. Il souhaitait recréer un lieu saint qui avait été dépouillé de ses symboles le jour du départ. Ou était-ce réellement son but...? Jum'sha secoua la tête, quelque fût son intention de base, il semblait fonctionner automatiquement, comme en transe. La transe il l'atteignit en ingérant une pâte de féticherie des Scalp-rouges, elle tapissait toujours sa langue et son palais, lui donnant une conscience nouvelle, il se sentait toujours plus ouvert aux messages passant, un vecteur.

Le petit matin approchait lorsqu'il eut fini l'effigie du Makoa loa. Il ressemblait bien au souvenir qu'il avait de celle de Wa'ai, mais il arborait un style légèrement différent, un style qui trouvait un écho dans la sensibilité de Jum'sha. Il y ajouta les plumes et les crocs du ravasaure qu'il avait tué pour protéger ses amis. Lorsqu'enfin il avait assemblé l'autel dans la hutte de Wa'ai, il dégagea les tambours sur le coté et ouvrit les tapis devant, offrant à cet endroit une apparence de lieu saint. A genoux devant l'autel, ses pensées se bousculèrent. Mahamba, Tsul'kalu et Pogeyan, les loas de sa tribu qui lui offraient leur force, ils étaient réels, incarnés, n'avaient plus à faire leur preuves. Jum'sha prit son tiki béni par les loas et le déposa sur le coté, leur offrant une rapide prière.

Venait alors ce pour quoi il avait fait tout ça, il fallait qu'il essaie. Posant les mains au sol et son masque au sol, imitant la révérence de Wa'ai au loa oublié, il se mit à le prier.

"Créateur des Trolls, Père, Mère, Loa oublié, ici se prosterne un de tes enfants en proie au doute. Sans personne pour nous guider ici, sans tes bienfaits, tes manifestations, il devient difficile de croire aveuglément en ton existence. Les Ombre-vives ne t'ont jamais oublié mais nos autres tribus oui. Je ne souhaite de toi qu'une nouvelle manifestation de ta part, un signe. Lors de mon rêve, lorsque j'ai vécu la vie de mes ancêtres, j'ai ressenti ta présence à l'aube des temps. Prouve moi que ce n'est pas une hallucination, je t'en supplie."

Il attendit ainsi longtemps, prostré dans cette position une heure durant. Le temps semblait s'allonger tant il attendait une réponse, son coeur tambourinait dans sa poitrine, par peur d'offenser ses loas en priant une farce. Mais si le loa oublié existait et que son lieu de pouvoir se trouvait limité à ses autels, peut-être alors atteindrait-il le Féticheur?

~~~~~~

Il sorti de la hutte avec sa parure et son tiki, déposa une caisse de fruits à destination de Jibsu. Il ne resta pas plus longtemps repartant simplement à dos de Voyembi. Si Jum'sha avait entendu ou non le loa oublié, il n'en dit rien. Il fallait réfléchir à ce qu'il avait vécu. Décider de la suite.
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Salajin

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Rôle : Guerrier

MessageSujet: Re: Loin du feu et du sang   Hier à 11:36

Où s'installer ?
Que faire ?


L’arrivée des trolls fut loin de passer inaperçue dans le petit village de pêcheurs qu’est Sri-La. Un ou deux trolls isolés n’auraient pas été autant remarqués, mais qu’ils soient arrivés à six avec de lourds bagages suscita immédiatement une curiosité et une méfiance accrues. Qu’ils appartiennent ou non à la Horde, les étrangers d'au-delà des brumes ont laissé un souvenir vivace dans la mémoire des Pandarens, dans un cas par l’invasion, le massacre et la résurrection du Roi-Tonnerre, Lei-Shen, aux cotés des mogus, et dans l’autre cas la corruption du Val de l’éternel printemps par Garrosh. Si les années passées depuis lors ont permis aux peuples pandariens de mieux comprendre et connaître ces lointains voyageurs, il n’en reste pas moins que voir débarquer autant de monde dans ce village fut un événement marquant.
Bien que Sala’jin parvient à rassurer un temps les villageois en disant qu’ils venaient simplement visiter, cela faisait déjà presque deux semaines et ils n’avaient toujours pas l’air de partir.

------------------------------

Sala’jin se dirige vers l’auberge, se préparant mentalement pour la suite. La cabane isolée servant apparemment de débarras trouvée par l’Oublieux a effectivement l’air inhabité, mais qu’en est-il vraiment ? Si le propriétaire revient et découvre que des trolls ont réquisitionné le lieu, même avec toute la bonne volonté du monde pour se justifier, ils auront de lourd ennuis et il ne faudra pas compter sur d’hypothétique émissaire de la Horde pour s’en sortir. Non, définitivement, mieux vaut éviter les risques inutiles. S’ils sont amené à rester, il faut faire les choses dans les règles.

Son masque à la ceinture, il entre finalement dans l’auberge. Une nouvelle fois il peut constater que les conversations ont un petit flottement, court mais néanmoins suffisamment long pour qu’il le constate. Faisant comme si de rien n’était, il rejoint l’aubergiste afin de la saluer :

- Yo !

L’aubergiste, Lana la Brise-Marine le salut aimablement, pas de grand sourire chaleureux comme elle peut offrir à d’autres, mais au moins poli.

- Que puis-je faire pour lui ?
- Il aurait besoin d’une petite information et il pense qu’elle peut l’aider. Il aimerait savoir si la cabane qui est construite en bord de l’eau sur une petite île non loin, ils peuvent l’utiliser un temps ? Bien sur ils dédommageront le propriétaire !


Les conversations baissèrent d’un ton à peine eut-il posé la question. Il s’y attendait et garda au mieux une tête sereine. Lana le regarde :

- Il me semble qu’il avait dit être simplement de passage lui et sa famille, pourquoi à présent aurait-il besoin d’une cabane ? Mon auberge ne convient pas au séjour ?
- Ils sont venus avec quelques affaires lourdes-massives ! Et comme ils sont nombreux, il pensait que ce serait plus simple pour eux de se poser un temps là-bas. Ils ne veulent pas déranger les Pandarens à chaque fois qu’ils se déplacent.


Sala’jin rigole à demi, tentant de détendre l’atmosphère, à présent les personnes présentes dans l’auberge ne font plus mine de discuter et écoutent ce qui est dit. Lana quant à elle, lui offre à nouveau un sourire un peu trop poli, voire même forcé.

- La cabane, comme vous dites, appartient à Sao Eau-Claire, il s’en sert durant le printemps quand les saumons viennent remonter les cours d’eau. Et bien qu’entre temps il ne l’utilise pas beaucoup, ça ne l’empêche pas de venir jeter un œil de temps en temps entretenir la charpente et ranger du matériel. J’imagine que vous n’avez pas pris la liberté de vous installez là-bas de toute façon ?

La dernière phrase est particulièrement douloureuse à ses oreilles. Effectivement ils ont passé une ou deux nuits dans la cabane, profitant d'être à l'écart des Pandarens sans être surveillés ou épiés, mais lui remontent surtout le souvenir de trolls dont il a fait partie, venus en Pandarie pour occuper des lieux, pris de force des villages, massacrant les habitants.

A présent, les clients attablés plus loin dans l'auberge discutent à voix basses, certains affirment avoir vu les trolls disparaître les voyageurs trolls quelques temps, d’autres maugréent qu’ils comprennent mieux pourquoi ils font souvent des allers-retours entre le village et cette direction qui correspond à la cabane de Sao. Enfin se murmure par les plus méfiants ou cancaniers qu’ils ont vu des chaudrons bouillir contenant sûrement des magies suspectes et rituels sanglants !

- Ils n’ont pas à s’inquiéter, ils sont réellement venus ici afin de se reposer et visiter les environs ! L’ancienne qui les accompagnent à cependant de calme et d'un espace à elle. Et effectivement, ils ont vu cette petite île sereine-tranquille où il y avait juste une petite cabane, qui avait l'air parfaite pour le repos et la paix-méditation de l'âme ! C’est pour ça qu’il est là afin de savoir si c’est possible d'y séjourner.

Sala’jin s’adresse surtout à Lana, mais finit par regarder les différentes personnes présentes quand il parle de Wa’ai, il sait qu’elle a parcouru la plage et les environs de son pas lent, elle n’a pas pu passer inaperçue. L’aubergiste finit par hocher la tête.

- Ils ne peuvent pas rester là-bas sans permission. Sao ne reviendra pas avant plusieurs semaines et n’importe qui apprécierait peu de découvrir des t-... étrangers installés chez soi à son retour.

Il est sûr qu’elle allait dire troll, néanmoins il ne dit rien, hochant la tête. Lana reprend :

- Même pour des voyageurs cherchant la quiétude, vous avez tout de même fait un long voyage jusqu'à notre continent. Or vous n'avez pas ou peu bougé, alors que notre village n’a pas beaucoup d’intérêt aux yeux des visiteurs. Vous ne comptez pas visiter le reste des régions alentour ? Il y a beaucoup de sites remarquables à voir. Que cherchez-vous vraiment ?
- Il parle clair-vrai en disant qu’ils veulent simplement du repos, du calme et qu’il y a la curiosité pour ce continent.


Sala’jin regarde Lana , ouvrant ses mains afin de montrer qu’il n’a rien à cacher. Celle-ci semble indécise.

- Dans ce cas vous êtes toujours les bienvenus à l'auberge, mais vous devez laisser la cabane de Sao à son propriétaire. Si vous allez vers l'ouest, il y a des monastères qui pourraient accueillir quelques visiteurs en quête de sérénité.
- Sala la remercie, il ira prévenir les siens dans ce cas.


-------------------------

Lana la Brise Marine finit de rédiger la petite missive. Elle sait qu’une pandashan est venue à la rencontre des Trolls peu de temps après leur arrivée. Il faut la prévenir de l'évolution de la situation. Il y a là il y a quelques chose de pas nette derrière les paroles de ce troll. Mieux vaut remonter l’information en plus haute autorité.
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