Héritiers du makoa loa

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 Des toiles d'étoiles

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Gomgo

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Rôle : Danseur (Moine)

MessageSujet: Des toiles d'étoiles   Sam 30 Sep 2017 - 23:04


Voila quelques mois que Zakkari avait quitté sa Strangleronce natale pour poursuivre son propre destin, loin de ses derniers frères cannibales, en quête d'alliés dans le nord du continent. Du fait de son très long isolement dans les bosquets sauvages de sa jungle, on ne pouvait pas dire que Zakkari était très adapté à la vie en société, même auprès d'autres trolls. Malgré cela, il avait réussi à se montrer suffisamment serviable avec cette nouvelle tribu pour rester auprès d'eux dans la savane marécageuse des abords de Durotar sans les encombrer.

Depuis son arrivée, une certaine routine s'était installée entre ses chasses et ses prières, il ne s'éloignait jamais trop et empruntait souvent les mêmes chemins, de peur de se perdre, même au bout de tant de temps passé dans la région. Il n'était pas vraiment à l'aise dans ce nouvel environnement aussi sec qu'aride, mais comme on pourrait le faire dans le désert, Zakkari avait contourné cet inconvénient climatique en ne vivant que la nuit, l'ombre des rares palmiers étant toujours trop maigres pour le soulager de la chaleur en journée.

Au crépuscule, lorsqu'il se levait, il avait pris l'habitude d'allumer un feu et de prier son Dieu avant que le soleil ne disparaisse totalement. Mais à chaque fois Zakkari vit l'horizon s'éteindre dans le silence des étoiles, il pouvait passer des heures à regarder ce ciel tapissé d'infini dans l'attente d'une réponse céleste qu'il ne recevait jamais. Le soleil manquait beaucoup au prêtre de Shirvallah qui ne pouvait plus profiter des ombres de la végétation, mais il avait trouvé du réconfort auprès des astres qu'il ne se lassait jamais de contempler pendant des nuits entières. Étrangement, même la présence d'Argus avait réussi à l'obséder plus qu'à véritablement l'inquiéter.

L'un de ces soirs, le troll priait devant le feu de camp en regardant le ciel, les genoux ancrés dans la poussière rouge. On pouvait entendre le feu crépiter faiblement, ses braises roulant aussi lentement que les murmures du troll dévoué. Mais, encore une fois, le ciel s'était fendu de son rideau stellaire sans aucun signe. Zakkari était perdu depuis son arrivée, il avait réussi à trouver l'un des derniers dévot de Nalorakk aux frontières amanis, à rencontrer la Prêtresse du Loa Oublié ainsi que Sala'Jin le guerrier de Shirvallah... mais depuis, il ne savait plus que faire. Il n'avait plus rien vu. C'est alors que pour la première fois de sa nouvelle vie, qu'il se mit à douter. Cette nuit encore, il allait la passer à réfléchir. Il eu l'impression que la nuit fût interminable et quelques longues heures plus tard, il céda à la fatigue pour s'endormir assis devant le foyer éteint. Alors qu'il venait à peine de fermer les yeux, son esprit semblait déjà projeté au plus profond de ses songes.

Comme cela lui arrivait souvent, il se rêvait en train de nager dans un océan d'étoile, mais cette fois, il pu distinguer autour de lui une constellation qui lui semblait nouvelle...et pourtant, si terriblement familière.
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Le regard de l'immense forme constellaire se posa sur lui. La pureté de ses pupilles respirait la sagesse des Anciens et son corps tissé de brume onirique ne rendait pas moins légendaire cette apparition au sein même de ses propres rêves. Écrasé sous la proéminence de son incarnation sans matière, Zakkari courba immédiatement l'échine, complétement soumis à cette nouvelle entité. Le regard du troll était dévoré par le doute d'avoir trépassé sans s'en être rendu compte, une mort qui aurait été provoquée par l'affront de ses pensées à l'égard de son Maitre. La créature n'avait comme voix qu'un lointain écho de souffrance raisonnant encore faiblement entre les voûtes célestes. Le troll ne pouvait appréhender ce langage sans mot, et pourtant, il avait pu sentir au plus profond de ses os toute la détresse de cet appel.

Il eu à peine le temps de distinguer un visage félidé dans les ombres reliant les astres blancs qu'un flash de lumière vint l'aveugler pour le confronter à une toute autre image.
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Au travers de cette nouvelle vision, il pu distinguer le Marteau de Mégale, qui permettrait à celui qui le retrouve, d'invoquer le sombre loa aracnide maintenu prisonnier à l'intérieur de l'arme depuis la Guerre des Anciens. Zakkari n'avait jamais vu ce marteau, ni même cette taurene au visage maquillé de sang et aux yeux gorgés de haine, mais illuminé par la sagesse du Gardien Sauvage qui l’appelait, il su tout :

Mégale, le loa araignée et maitresse de la trahison avait déjà été vaincue jadis par Ama'Tem, l'une des filles et championne de Shirvallah. Mais à cause des récentes influences de Xavius sur le Rêve, la prison spirituelle de Mégale avait été fragilisée, au point qu'elle pu soumettre l'une des taurenes du Cercle Cénarien à sa volonté dans le but de la délivrer. L'élue de l'Araignée est parvenue à échapper à la vigilance des druides malgré la défaite de Xavius et ses sbires. Accourant à travers Féralas, elle espère retrouver l'arme maudite et s'en servir pour tuer la championne de la jungle dont l'esprit sauvegardé au sein du Rêve d’Émeraude pourrait servir à la réincarnation de Mégale. Zakkari devra retrouver l'arme avant la druidesse corrompue et s'en servir pour détruire l'écho de Mégale qui maintient Ama'Tem prisonnière dans le Cauchemar.

En temps normal, Zakkari serait profondément éprouvé par tant de révélations si brutales, cependant son esprit semblait absorber ces vérités avec un calme olympien, tout ce qu'il appris lui semblait si limpide.
Une dernière image apparue, celle-ci, contrairement aux deux autres semblait à l’écart du temps, aussi confortable que galvanisante. Enfin, il pu comprendre des mots sans vraiment pouvoir savoir s'il s'agissait d'une intervention divine ou d'une invention de son esprit..ou un peu des deux.
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"-Trouve la clé des geôles avant la prisonnière, Zakkari. Hâte-toi. Le sacrifice d'une partie de ton âme m'a permis de résister à la corruption en subsistant à travers toi. Mais si je succombe, tu succombera toi aussi. Utilise l'étreinte de Hir'eek pour rejoindre Féralas au plus vite, l'arme est gardée par un ogre qui ignore tout de son pouvoir. Il vit dans l'une des anciennes caves elfiques.
Je le sais, tu n'aura aucun mal à subtiliser l'arme à une créature si grossière, mais évite de croiser la route de cette sorcière, son pouvoir est bien trop redoutable pour nous, qui ne sommes pas entiers. Fais usage de la Ruse comme je te l'ai appris pour rester hors de portée de ses mille yeux et pattes. La taurene a utilisé un ancien portail du Crépuscule pour fuir dans l'un des tunnels sous le Mont Hyjal, une fois la masse en ta possession, sers toi de ce passage pour me rejoindre dans le Rêve sans te perdre et me libérer de mes entraves avec le maillet. Fais vite, Mégale ne doit pas renaitre, je ne veux pas être l'une de ses marionnettes, jamais rawh !

Une fois libérée, je te céderai le reste du pouvoir que je t'ai promis -et que tu méritera- pour ne faire qu'un avec toi. Nous pourrons la chasser hors d'ici et pour toujours. Pour Shirvallah !"

Aussitôt le nom de son Dieu prononcé dans un dernier soupir d'espoir, le troll s'était réveillé, le regard dans le vague, la bouche pâteuse, il avait beau avoir rêvé, il se souvenait de chaque image et de chaque détail, il peinait simplement à tout remettre en ordre si vite. Mais le troll ne prit pas le temps de réfléchir et utilisa son amulette pour se changer en chauve-souris et parti à la recherche du fameux maillet réclamé par son esprit gardien. Ama'Tem avait été claire : il n'avait pas le droit de perdre du temps. Nul ne pu le revoir en Durotar depuis ce soir.

Le troll avait disparu depuis, il n'avait prévenu personne, comme il avait l'habitude de le faire lorsqu'il partait à la chasse, mais, elles ne duraient jamais si longtemps. En survolant les frontières rocheuses des Tarides, il s'imaginait déjà à son retour à graver lui-même les tablettes qui raconteraient son voyage légendaire. Mais l'aventure ne faisait que commencer...
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Gomgo

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Rôle : Danseur (Moine)

MessageSujet: Re: Des toiles d'étoiles   Lun 19 Fév 2018 - 16:02

[Reflet de culpabilité]

C'était une fin d'après-midi comme toutes les autres dans la savane des Tarides. Les derniers rayons de soleil de la journée caressaient les hautes herbes, pour quelques minutes encore. Zakkari avait fini de prier son Dieu comme il avait pour habitude de le faire près d'un feu, qu'il avait éteint pour aller pêcher sur les abords du fleuve avoisinant la hutte de Wa'ai, devenu un refuge pour beaucoup de ses frères trolls, et pour lui-même.

Arrivé sur le ponton, il se saisit de l'une des branches sèches mais encore solide qui était déjà attachée à une ficelle et un vieux crochet rouillé, c'était sa "canne à pêche".  Il ne lui fallut que quelques instants pour trouver un asticot assez dodu qui lui servirait d’appât. Il élança alors son hameçon de fortune au milieu du fleuve et attendit qu’un poisson y morde.

Et il attendit longtemps, à tel point qu’il s’endormit la canne entre les mains, assis sur le rebord en bois et les pieds dans l’eau. C’est après s’être assoupi que sa branche se mit enfin à bouger, frénétiquement. Cela l’avait réveillé aussitôt, et il tira de toute ses forces pour ramener le poisson qu’il venait de piéger, sur la terre ferme. Il ne s’agissait pas de petite friture, et le troll l’avait deviné tant il devait déployer d’effort pour ne pas tomber dans la rivière lui-même. Mais le prêtre ne parvint pas à résister et fût attiré dans le fleuve gris. Tel était pris qui croyait prendre.

La peur lui serra immédiatement la gorge. D’abord, l’eau n’était pas du tout son environnement favori, mais en plus, il commençait à s’imaginer que la créature qui l’avait malmené n’était pas un poisson, mais peut-être l’un des crocilisques qui rôdaient habituellement dans les environs. Heureusement, quand il ouvrit les yeux, il n’en était rien. Il leva le regard instinctivement vers la surface et agita les bras dans tous les sens pour tenter de la rejoindre, mais il n'avançait pas. Alors même qu’il se vit mourir noyé, les vagues de la surface devinrent tout à coup étincelantes, comme si le soleil était encore à son zénith. A cet instant, un visage qu’il connaissait bien apparu, celui de son alias. Ama’tem venait de nouveau réclamer une audience avec son dévot, à sa manière. Sa voix raisonnait au doux rythme des ondulations des vaguelettes.


 

-Que fais-tu, Zakkari…

Le troll était de nouveau subjugué par cette visitation mais tenta tout de même de lui répondre, cette fois, et il y parvint : aucune bulle d’air ne sortit de sa bouche et son message était clair. Il comprit alors que son esprit était ailleurs, à l'écart du temps, comme la première fois qu’ils s’étaient rencontrés dans les étoiles. Il était déjà inquiet de ce qu'elle allait lui révéler.

-…j-j’avais faim. Alors, je pêche. Répondit Zakkari, le plus simplement du monde.

-Les jours et les nuits se succèdent et nous ne quittons jamais cet endroit. Les seules créatures que nous avons chassées jusqu’ici sont des brochetripes vieillissants et des gazelles à peine adultes. Ce n’est pas ce que j’attendais de toi. Le prêtre pu deviner un écho de déception dans sa voix.


-Mais, je suis tranquille, ici… Pourquoi j’irai ailleurs ? Zakkari il a fait son devoir pour Ama’tem… ? Sa phrase s’éteignit dans le doute, formulée comme une question timide.

-Tu penses ton destin accomplit parce que tu m'as libérée de mes tourments, et tu crois en plus qu’il t’appartient encore. Nos cœurs, nos esprits et nos avenirs ne font plus qu’un Zakkari. Et tu vas devoir te soumettre à cette réalité : tu ne sera plus jamais seul. De mes forces, j’en ai fais les tiennes et de ton corps, tu en as fait le miens…mais ça ne suffit pas à me satisfaire.

-Qu’est-ce que je peux faire de plus ? La lune malade elle est partie, on est sauvés !

-Quand tu te réveillera, regarde vers le sud, au delà des collines, et tu verra qu'il n'en est rien. Notre monde est à l'agonie, je peux encore le sentir. Mais pour l'heure, nous ne pouvons rien accomplir qui pourrait l'en soulager. Nous aurons besoin de bien plus que l'aide d'un seul Dieu pour en venir à bout. En attendant, je ne t'ai pas choisi pour vivre à l'ombre des arbres flétris en patientant que la chaleur du soleil s'estompe.

J'ai accepté d'abandonner mon éternité pour fouler de nouveau cette terre, pour sentir de nouveau le vent caresser mon pelage, la faim me chatouiller le ventre, les frissons de la chasse hérisser mes poils. Le risque n'existe pas à l'intérieur du Rêve quand le Cauchemar en est absent, tout est éphémère et infini à la fois. Si j'ai voulu m'extirper de ce paradis, c'est bel et bien pour me sentir vivante comme je l'étais autrefois et je n'ai pas retrouvé ce sentiment depuis que j'en suis sortie.

-Qu'est-ce que je dois faire...alors ? Je peux demander à Wa'ai, elle a toujours les solutions quand les trolls ils ont des problèmes !

-Non. Ce que je veux c'est une proie de choix à me mettre sous la dent, digne de ce que suis. Tu dois comprendre que nous partageons tout, maintenant, y compris mes désirs et mes objectifs. Et celui-ci en est un auquel je te sens largement capable d'accéder. N'y vois pas de caprice, c'est un avertissement : je l'ai déjà dit, je ne suis plus éternelle et d'autres trolls que toi, ici, pourraient faire un bien meilleur usage des pouvoirs que je t'ai confié... Ses derniers mots trainaient, laissant entendre un ultimatum.

-Mais si tu pars, je vais... Elle l'interrompit.

-Non, tu ne mourra pas. Mais, la partie de ton esprit que tu m'as offerte, elle, ne sera plus comblée par ma présence et... tu sera perdu, la mort étant la seule chose qui pourra te libérer de cette démence. Ama'tem plongea son regard dans le sien, formulant sa menace plus explicitement pour le troll qui venait à peine de saisir la gravité des choix qu'il avait fait il y a de ça quelques mois.


Trouve-moi un défi à ma hauteur, et nous serons quittes... pour cette fois seulement. Mais n'oublie pas que je serai encore là quand tu décidera de te laisser vivre comme un simple pêcheur. Nous sommes des prédateurs ! Elle rugit, marquant le point final de cette conversation onirique. 


Zakkari tenta de lui répondre une dernière fois mais ce ne sont pas des mots qui sortirent de sa bouche, mais de l'eau qu'il se sentait vomir en même temps que l'image à laquelle il faisait face s'estompait. Il s'était réveillé sur l'une des berges du fleuve, presque noyé. Il avait dérivé pendant de longs kilomètres, emporté par le courant avant de se bloquer dans un bouchon de bois et de pierre. Il se remit lentement de ses émotions et prit le temps de réfléchir à tout ce qu'il avait entendu ces derniers instants.

Avant de reprendre la route vers la hutte de Wa'ai, il grimpa sur l'une petite colline rouge non loin et dirigea son regard vers le sud comme elle lui avait conseillé de le faire. Il vit enfin le manche de l'épée gigantesque et diabolique qui faisait tant souffrir le monde qu'Ama'tem s'était efforcer à protéger jadis, comme tant d'autre. Accablé par la réalité, il pris pleinement conscience que le monde n'était pas aussi "tranquille" qu'il l'avait cru, même après la disparition d'Argus.
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